L’EDUCATION SEXUELLE DES JEUNES HOMMES : MOYEN DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Le mois de la femme est passé, nous avons festoyé, des conférences ont été organisées, des dîners gala bref une myriade d’événements qui avaient pour la plupart un même objectif : LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES.

Ce n’est pas hier que le 08 Mars a été désigné comme Journée Internationale des Droits de La Femme, sans refaire l’histoire de cette date retenons que cette année était la 41ème Journée Internationale des Droits de La Femme, mais le constat reste pratiquement le même concernant les violences faites aux femmes. Elles existent toujours, elles sont de plus en plus violentes et de plus en plus banalisées.

Le monde a été secoué par l’affaire Weinstein, faisant couler beaucoup d’encre et tomber beaucoup de tête. Weinstein est né vingt-cinq ans avant l’instauration par l’ONU de cette journée et la vulgarisation de la cause des femmes. En Afrique plus de 50% de la population est âgé de moins de 25 ans, en d’autres termes plus de 50% de la population africaine a grandi en célébrant chaque année la Journée Internationale des Droits de La Femme. Cependant, cette jeunesse est insensible aux droits des femmes et pis à la liberté sexuelle des femmes.

En effet les jeunes n’ont aucun respect pour les femmes, il n’est pas rare d’assister en milieu scolaire à des actes sexistes, au harcèlement, aux attouchements et bien d’autres pratiquent qui diminuent les femmes.  L’année dernière, une vidéo montrant le viol d’une fille par deux garçons a fait le tour de la toile en Côte d’Ivoire. Aucune sanction n’a été prononcée contre les jeunes garçons mais la fille fut renvoyée de son école. Ceci illustre bien à quel point la jeunesse est dépravée et inconsciente de la gravité des actes qu’elle pose. Cette inconscience s’explique par le manque d’éducation sexuelle.

C’est à l’adolescence, période où l’humain entre dans la puberté, que les premiers désirs sexuels se ressentent sous l’effet naturel des hormones dans le but de nous indiquer que nous sommes prêts à procréer. Tout ceci est naturel. Toutefois les adolescents sont perdus au cours de cette période de grand changement, la seule chose qu’on leur dit à propos du sexe est que c’est mal. Cette réponse est simpliste, dénuée de sens, éloignée de la réalité et complètement fausse. Un ado avec les hormones en ébullition qui pour la première fois de sa vie se réveille avec une érection tous les matins ne peut pas se contenter de la morale qui lui dit que le sexe c’est mal. Il lui faut plus.

L’éducation est l’un des piliers de la société, c’est à travers elle que la société prend forme, raison pour laquelle cette éducation doit être bonne et doit toucher des domaines divers et variés. Sous nos tropiques, le domaine sexuel est tabou donc laissé au placard.

Au cours de mon cursus scolaire, du primaire au secondaire, une seule fois j’ai été véritablement sensibilisé sur la sexualité. Cette sensibilisation concernait les dangers des rapports sexuels et les précautions à prendre pour éviter ces dangers. En gros ils sont venus nous dire que faire l’amour pouvait nous rendre malade et que si nous ne voulons pas tomber malade, soit nous faisons l’amour avec des préservatifs, soit nous nous abstenons. Simpliste et pas très instructif.

La mauvaise éducation, le manque d’éducation sexuelle est ce qui conduit certains à une dérive perverse. C’est parce qu’ils n’ont pas reçu d’éducation sexuelle que certains hommes ne pensent pas au plaisir des femmes, les femmes elles-mêmes ne savent pas qu’elles sont censées prendre du plaisir. Ce manque conduit d’autres à violenter les femmes.

La meilleure façon d’éviter qu’une femme soit à nouveau violée c’est de donner une BONNE EDUCATION SEXUELLE AUX JEUNES HOMMES.

Dans la pratique cette bonne éducation peut se faire par :

  • L’organisation d’ateliers / de conférences animés par des femmes pour sensibiliser les hommes aux comportements sexistes qu’ils affichent ;
  • La distribution de prospectus aux hommes sur les violences faites aux femmes ;
  • L’intégration au programme scolaire d’une sensibilisation plus approfondit à la sexualité.

Toutefois il ne faut pas se limiter à l’école mais aller aussi dans les familles et demander aux parents de casser le tabou et parler de sexe avec leurs enfants.

En appliquant ces quelques mesures, le harcèlement ainsi que les violences reculeront et nous aurons fait un grand pas vers le vivre ensemble.

Ecrit par Gloire Wanief le 10/04/2018

EST-CE QU’UNE FEMME PEUT VIOLER UN HOMME ?

Oui, nous sommes mardi midi, tu es sur le blog de Gloire Wanief et tu as bien lu la question mais je vais répéter quand-même.

Est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Statistiquement, l’écrasante majorité des viols sont commis par des hommes et subis par des femmes, une infime partie des victimes sont des hommes et dans cette infime partie, l’écrasante majorité des coupables sont aussi des hommes.

Dans les médias, les institutions judiciaires, dans les séries, les films, les organisations non gouvernementales, partout où l’on peut passer, lorsque le sujet du viol est abordé ce sont toujours les femmes et les enfants que l’on présente comme victime. Les hommes adultes semblent échappés à ce fléau, ils sont invisibles pour ne pas dire inexistant.

Il paraît donc nécessaire, judicieux et même légitime de se demander s’il est possible qu’un homme soit violé par une femme.

Avant tout, cette interrogation subsiste à cause des nombreux aprioris que les gens ont sur le viol.

La plupart des gens pour ne pas dire tout le monde, pensent qu’il est impossible qu’une femme viole un homme. Ceux et celles qui pensent ainsi en sont fermement convaincu.e.s, c’est une certitude pour eux et elles.

Le premier biais, le premier préjugé, qui fait que les gens sont sûrs et certains qu’une femme ne peut pas violer un homme c’est la libido.

Pour de nombreuses personnes, le viol est lié à l’appétit sexuel, à la libido.

Dans nos sociétés, l’on considère que les femmes ont une faible libido et l’on arrive même souvent à considérer qu’elles n’ont aucune envie de sexe et que les hommes ont un énorme appétit sexuel, ils ont tout le temps envie de sexe.

Dans cette configuration, l’on considère que l’homme qui viol est dominé par ses pulsions sexuelles qui sont beaucoup trop fortes pour être gérées et canalisées.

La libido masculine est vue comme une cause du viol.

La femme ayant une libido silencieuse, elle ne peut donc pas être, selon eux, dominée par un quelconque brouhaha généré par ses pulsions. La femme ne veut pas de sexe donc la femme ne peut pas aller vers un homme et le contraindre à offrir du sexe.

D’ailleurs, toujours selon ce préjugé, même si la femme est dominée par des pulsions sexuelles, les pulsions de l’homme étant plus fortes, plus vivaces et plus emmerdantes, l’homme acceptera d’offrir du sexe à la femme sans y être contraint.

Apparemment ce préjugé serait scientifiquement prouvé, pour ma part je n’ai pas les chiffres et je n’ai pas vu les études qui démontrent que les hommes ont envie de sexe tout le temps et que les femmes n’ont presque jamais envie.

Le problème avec ce préjugé c’est que le viol n’est pas seulement lié à la libido, les pulsions sexuelles peuvent peut-être être une des causes du viol mais il n’y a pas que ça et même s’il n’y avait que ça il y a d’autres aspects à prendre en compte.

L’autre aspect à prendre en compte est celui qui donne lieu à notre second préjugé.

Par définition le viol c’est l’absence de consentement et le consentement c’est le fait de donner son accord, son autorisation.

Le deuxième préjugé que les gens ont sur le viol c’est sur le consentement ou plutôt la mauvaise compréhension du consentement.

Dans nos sociétés, l’on considère que les hommes sont toujours d’accord pour avoir du sexe puisqu’ils en ont tout le temps envie et qu’à contrario les femmes n’ont pas d’avis sur le sujet puisqu’elles n’ont pas envie.

Cette configuration fait que l’on estime que les femmes couchent parce que les hommes veulent coucher. Cela implique que c’est l’homme qui doit et va toujours demander le sexe puisque c’est seulement lui qui veut toujours le sexe.

Le préjugé sur la libido de l’homme fait que l’on considère qu’il est toujours consentant de ce fait l’on ne peut pas le contraindre, c’est la personne qui ne veut pas que l’on contraint sinon celle qui veut n’a pas besoin de contrainte pour agir.

L’homme voulant toujours, dans nos sociétés l’on estime alors que les femmes doivent se disposer à toujours offrir du sexe aux hommes, l’accord de la femme n’est pas interrogé ou demandé, il est implicite dès l’instant où elle est en contact avec un homme.

Par exemple un homme invite une femme au restaurant, si elle accepte d’y aller c’est qu’elle accepte implicitement de coucher avec lui selon eux…

Pour eux la femme ne peut pas violer un homme parce qu’elle n’a pas envie de sexe et aussi parce qu’elle n’a pas le moyen et qu’il n’est pas utile de contraindre l’homme au sexe.

Ce second aspect renvoi alors au moyen, aux outils utilisés pour contraindre l’autre et ici l’on voit bien que le viol peut sembler inexistant pour certains puisque le consentement est mal compris et même souvent botter en touche.

Alors le troisième préjugé concernant le viol que les gens ont c’est la violence.

Pour de nombreuses personnes le viol est un acte violent, une violence physique que l’on dirige contre l’autre pour la contraindre à un rapport sexuel.

La violence est l’utilisation abusive de la force, de ce fait pour être violent il faut avant tout être fort ou avoir de la force.

Dans nos sociétés toujours, l’on considère que la femme est un être faible, qu’elle n’a pas de force et même si elle en a, cette force est inférieure à celle de l’homme. La force est vue comme un élément masculin par excellence.

La force devient alors un outil du viol, un moyen pour violer.

L’homme ayant une grande libido utilise sa force pour contraindre la femme à avoir des rapports sexuels. C’est ainsi qu’ils voient les choses.

La femme n’ayant pas de libido et pas de force ne peut donc pas contraindre un homme à avoir un rapport sexuel selon ces personnes ou pour aller plus loin selon la société.

Ce préjugé aussi semble avoir un fondement scientifique, les hommes sont physiquement plus forts, c’est la science qui le dit cependant il ne faut pas voir les choses de façon tranchée et absolue. Il y a une multitude d’hommes et une multitude de femmes ce qui implique une grande disparité physique qui entraîne que des femmes peuvent être plus fortes que certains hommes et vice versa.

Mais au-delà de tout, ce que ces trois préjugés que les gens ont sur le viol nous renseigne sur notre modèle de société et sur ce qu’est le viol en réalité.

D’abord ces préjugés nous disent que nous sommes dans des sociétés patriarcales, des sociétés où en tout et pour tout l’homme est considéré comme supérieur à la femme, c’est le dominant.

Ensuite ces préjugés nous disent que le viol est un acte de prédation, de domination. Les personnes qui violent veulent par cet acte soumettre leurs victimes.

Enfin ces préjugés demeurent des vues de l’esprit, des conceptions personnelles et sociales très loin de la réalité, du quotidien, du vécu des personnes victimes de viol peu importe leurs sexes.

Alors qu’elle est donc cette réalité ? Est-ce que dans la réalité une femme peut violer un homme ?

Plus haut j’ai donné ce que les statistiques sur le viol nous disent, les informations qu’elles nous donnent à propos des victimes et des coupables. Même si je n’ai donné aucun chiffre précis.

Je disais plus haut que statistiquement les hommes violés par des femmes représentent une infime partie des victimes.

Mais nous ne sommes pas à une élection ici pour considérer que seule la majorité compte. Non, nous sommes face à un crime et toutes les victimes ont la même importance.

Un seul homme violé par une femme c’est déjà trop, c’est déjà beaucoup trop !

Mais jusqu’à présent je n’ai pas concrètement répondu à la question. La question demeure : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Les préjugés que j’ai cité plus haut ne sont pas les seuls, ils en n’existent encore une multitude, autant de préjugés qu’il n’y a de sociétés et d’humains.

Il existe, et j’en parlerais peut-être dans un autre contexte, de nombreux préjugés qui font que les statistiques sur le viol sont biaisés, que ces statistiques ne nous disent pas toute la vérité sur les victimes de viols, la vérité quantitative et qualitative…

Alors pour savoir et comprendre s’il est possible qu’une femme adulte viole un homme adulte, il faut d’abord se tourner à cet instant vers la définition du viol selon les lois de vos pays et aussi se tourner vers les victimes de viols.

Pour ma part, les femmes peuvent malheureusement violés des hommes et il est impératif d’aborder ce sujet afin de délier les langues et aider certains à obtenir justice sans oublier de les réparer de ce préjudice psychologique.

C’est pourquoi, j’aimerais organiser des BOYS TALK, des séances de discussion entre hommes et garçons pour parler du consentement et bien d’autres sujets liés à la masculinité.

Ceci n’est pour l’instant qu’une idée mais si tu as pu me lire jusqu’ici j’aimerais que tu me dises en commentaire ce que tu en penses mais surtout que tu répondes à la question posée : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Sur ce je vous souhaite une excellente journée sous les faveurs de celui ou celle en qui vous avez placé votre foi.

« VOUS EXAGEREZ »

En début de mois, après seulement 48 heures, oui SEULEMENT, de tapage médiatique et d’indignation autour de ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances, une suspension et deux condamnations, certaines personnes trouvaient que celleux qui continuaient et continuent de réclamer justice sont dans l’EXAGÉRATION !

Intéressant…

Décortiquons cela pour voir où cela va nous mener.

Par définition exagérer c’est :
1- Parler de (quelque chose) en présentant comme plus grand, plus important que dans la réalité.
2- Grossir, accentuer en donnant un caractère (taille, proportion, intensité, etc.) qui dépasse la normale.

Ces personnes estiment que celleux qui continuent de réclamer justice veulent faire paraître cette affaire plus grande, plus importante que ce qu’elle est en réalité.

« C’était une erreur, ces intentions étaient bonnes mais il a juste manqué de professionnalisme. » Disent-elles.

Ces personnes estiment que nous, qui nous indignons toujours, voulons donner à cette affaire un caractère qui dépasse la normale.

« Nous voyons déjà ce genre de chose tout le temps, qu’est-ce qui vous choque ? Vous aviez juste une dent contre le monsieur. » Disent-ils.

Quelle est donc cette « normale » qu’iels estiment que nous dépassons ?

Pour rappel, le lundi 30 août lorsque cette scène macabre se déroulait et que des voix se sont élevés pour gronder tel le tonnerre contre la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI), monsieur Yves De M’Bella et son « ex »-violeur d’invité sans oublier madame Emma Lohoues ainsi que le public présent sur le plateau, les mêmes personnes disaient déjà qu’on exagérait !

Une suppression de la vidéo a été demandé, elles ont dit :

« La NCI a supprimé la vidéo, vous voulez quoi de plus ? »

Des excuses ont été demandé, elles ont dit :

« La NCI s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

D’autres sanctions plus sévères ont été demandé :

« Yves De M’Bella a été suspendu, vous voulez quoi de plus ? »

« L’émission a été arrêté définitivement, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella est en garde à vue, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella a été condamné, vous voulez quoi de plus ? »

En réalité, ces personnes estiment que nous ne méritons rien, que les femmes ne méritent rien.

Car depuis le premier cri d’indignation à propos de cette émission et son animateur, ces personnes trouvaient déjà qu’on exagérait, elles estimaient déjà que nous voulions faire paraître cette affaire « plus importante qu’elle est en réalité ».

Pour eux cette affaire n’a pas d’importance, les réactions sont disproportionnées…

Elles nous accusent même d’avoir été silencieux face à d’autres problèmes tel que l’augmentation des prix des denrées alimentaires qui selon eux touche tout le monde et par tout le monde ils entendent « pas seulement les femmes. »

Parce qu’il s’agit de ça en réalité, il s’agit des femmes, de leur dignité, de leurs droits, du respect qui leur est dû et puisque pour elleux les femmes ne méritent pas plus de considération que ce qu’elles ont déjà, nos réactions face à cette affaire sont exagérées voir même illégitime.

Et c’est là tout le fond du problème : la considération des femmes dans la société.

À une heure de grande écoute, sur une chaîne de télé suivie par des millions de personnes, un animateur connu et reconnu se permet de rigoler du viol, de parler avec légèreté du viol, de banaliser les maux de milliards de femmes, les gens trouvent que l’EXAGÉRATION vient de nos réactions et iels veulent prétendre respecter les femmes !

S’iels avaient de la considération pour les femmes, iels ne trouveraient jamais que nos réactions sont exagérées, au contraire iels trouveraient que nous n’en faisons pas suffisamment, iels trouveraient que les femmes sont dans leur droit et qu’il faut aller encore plus loin pour que plus jamais une telle action se reproduise en Côte d’Ivoire ou ailleurs dans le monde.

Mais iels nous ont montré que nous ne sommes pas dans cette société utopique où les droits des femmes sont des droits humains…

QUAND LE BUZZ VA FINIR, NE VENEZ PLUS DEMANDER AUX FÉMINISTES CONTRE QUOI ELLES LUTTENT !!!

D’ailleurs en parlant de droits humains, même eux sont inexistants dans nos sociétés…

En effet, ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances et les réactions qui ont suivi sont une belle illustration de notre société de manière globale, c’est la norme, la fameuse « normale » à ne pas dépasser.

Nos sociétés baignent dans un chaos total où les autorités piétinent sans ménagement les droits des citoyens qui observent impuissants. Le peuple a tellement l’habitude de se faire marcher dessus qu’il est devenu normal pour lui d’être traité de façon injuste, le peuple pense qu’il mérite cette injustice.

« C’est seulement par la chicote qu’on peut éduquer les Noirs » Disent-ils

« Ce qu’il nous faut pour être développé c’est un vrai dictateur. »

« La démocratie ce n’est pas pour les africains, nous n’obéissons qu’à la violence. »

En vrai

Quelle est la différence entre :

– la femme mariée qui accepte l’infidélité, parce qu’elle estime que c’est dans la nature de l’homme d’être insatiable, à condition que ce dernier la respecte en la trompant en cachette et accompli ses devoirs d’époux.

Et

– le jeune diplômé qui accepte que le président viol la constitution, parce qu’il estime que les politiciens sont des menteurs, à condition qu’il maintienne la paix, construise quelques routes et ponts, et surtout lui permet d’avoir un emploi.

Pour ma part il n’y a aucune différence entre ces deux entités extrêmement distinctes en tout point, pour la simple raison qu’il s’agit là de deux personnes écrasées par le poids de la tyrannie socialo-politique, s’oubliant elles-mêmes et plutôt que de rechercher le meilleur, elles ont décidé de se contenter du peu, du médiocre.

Oui, l’époux infidèle est un homme médiocre et le président dictateur est un politicien médiocre.

Regardez bien notre société, observez là, et constatez par vous-mêmes à quel point nous sommes très peu exigeants.

Nous valorisons la médiocrité dans toutes les sphères de la société, nous supportons tout ce que les personnes que l’on considère comme ayant de l’autorité nous font subir, sans pouvoir mener une quelconque rébellion.

De la même façon les parents amis et connaissances demandent au jeune brillant rempli de rêve et d’espoir d’éviter de parler politique, d’éviter de critiquer les politiques, c’est comme ça on demande à la femme de se taire sur les abus qu’elle subit de la part de son époux ou des hommes en général.

Le silence, c’est notre seul droit à tous.

Nous n’avons pas droit à la rébellion, nous devons nous réjouir lorsque le président fait bien son travail et prier pour lui lorsqu’il deconne.

C’est ainsi que la femme doit se réjouir d’obtenir l’argent de décembre de son chéri et prier pour lui lorsqu’il est infidèle.

Le peuple ne peut pas et ne doit pas penser à obtenir mieux que ce qu’on lui donne déjà, la femme aussi.

Pour moi tout est lié, absolument tout est lié, sans liberté sociale, pas de liberté politique. 

Et dans cette pyramide sociale d’injustice, la femme est le carré qui réceptionne tout.

C’est pourquoi mon combat social, culturel et politique demeure tourné vers la promotion de l’égalité des sexes.

L’apprentissage de la rébellion, du refus des abus commencent au sein des familles, les enfants apprennent à tolérer les injustices en voyant leurs pères traités injustement leurs mères et lorsqu’ils vivent l’injustice à l’extérieur de la maison, ils la trouvent acceptable.

Sérieusement, qu’est-ce qu’un homme qui bat sa femme ou une femme qui viol son neveu peut apprendre à ces derniers au sujet de la rébellion, du refus des diktats !?

Qu’est-ce qu’une femme ou un homme violé.e a de multiples reprises sans obtenir justice peut espérer de la justice lorsqu’un ministre détourne les fonds publics !?

Je ne dis pas qu’en luttant pour l’égalité des sexes, nous allons éradiquer toutes les injustices sociopolitiques mais nous allons apprendre aux gens à ne pas tolérer l’injustice comme c’est le cas aujourd’hui.

Des gens qui suivent avec ardeur Kemi Seba sur internet et dans les rues de villes africaines mais à la fin du meeting, ils rentrent chez eux et frappent leurs épouses, peuvent véritablement faire quoi contre la dictature ? Ils ont le germe du totalitarisme en eux.

Il n’y aura pas de libération de l’Afrique sans la libération de toutes les personnes marginalisées, plus précisément sans la libération des femmes.

Et si l’équilibre de vos familles reposent sur l’exploitation des femmes, nous viendrons les détruire les unes après les autres.

J’invite donc les détracteurs du féminisme africain à prendre exemple sur les femmes, les féministes africaines qui chaque jour « EXAGERENT » afin que plus aucun mal ne soit fait aux femmes. Il est hors de question de se rebeller avec le sourire, il est hors de question de tendre l’autre joue, il est hors de question d’attendre que la situation s’arrange toute seule. Il est temps de penser la révolution et de panser nos blessures.

Je remercie toutes les vaillantes femmes africaines qui m’inspirent et me donner l’envie et l’opportunité de participer depuis ma modeste position à la construction d’une Afrique dont nous serons tous fier.

PAS TOUS LES HOMMES !

Le féminisme d’aujourd’hui est un féminisme qui lutte contre les hommes, c’est un féminisme qui veut détruire les hommes et son slogan est très simple « tous les hommes sont des violeurs, tous les hommes sont violents. » un féminisme qui veut faire passer les hommes pour des bourreaux, un féminisme qui fait une propagande nauséabonde du masculin.

Voilà un peu de façon brute un résumé de ce que certaines personnes reprochent au féminisme, c’est très intéressant, moi aussi j’ai eu à penser cela mais on va un peu essayer de décortiquer tout ça pour voir où ça va nous emmener.

D’abord il faut noter que toutes les personnes ou la grande partie des personnes qui disent cela sont d’accord avec un fait : l’homme est plus fort que la femme. D’ailleurs c’est sur cela que repose le patriarcat, l’idée que l’homme est plus fort que la femme, force physique, force mentale, peu importe dès que la notion de force intervient : l’homme est plus que la femme. Alors puisqu’il est supérieur à la femme, c’est lui qui a la gestion de la société. 

D’où l’on parle de rapport de force !

Il est très intéressant de voir l’accent qui est mis sur la force de l’homme et au cours de l’histoire humaine, de nombreuses propagandes ont été faites au sujet de cette force.

Je vais m’attarder sur un exemple de propagande en particulier : Zeus.

Dans la mythologie grecque, Zeus est le dieu de la foudre et du Ciel et le Roi de l’Olympe autrement dit le boss des dieux, la particularité de Zeus c’est qu’en plus d’être le dernier enfant du Titan Cronos, il va faire un coup d’état à son père, épouser sa grande sœur et surtout avoir de nombreux enfants avec des humaines. Tout cela faisait de Zeus l’incarnation de la force et de l’autorité sans faille, une figure masculine qui inspirait le respect et la peur.

Notons ça et faisons un peu de définition avant de continuer.

« Tous les hommes sont violents. » c’est ce que l’on reproche aux féministes de dire, de faire un amalgame en mettant tous les hommes dans ce panier immoral. 

Le mot violent ici est un adjectif issu du nom violence qui signifie abuser de sa force.

Abuser signifie faire mauvais usage de quelque chose.

En gros être violent c’est faire mauvais usage de sa force.

Notons ça et retournons sur Zeus.

Zeus est le père d’Héraclès, plus connu sous le nom d’Hercule, un demi-dieu presque aussi charismatique que son père. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, de façon très simpliste, Zeus va coucher avec une reine et 9 mois plus tard Héraclès va naître. L’histoire d’une rencontre fantastique entre un dieu et une humaine sauf que la mère d’Héraclès n’était pas consentante pour ce rapport sexuel comme toutes les humaines avec qui Zeus a eu des gosses et en l’absence de consentement l’on peut aisément dire sans se tromper que Zeus est un violeur en série. 

Cependant tous les abus sexuels commis par Zeus ne sont pas présentés comme de mauvaises choses, Zeus étant l’incarnation du pouvoir, le modèle masculin par excellence à suivre donc ces actions ne sont pas soumises à une quelconque morale, on ne dit pas que ce qu’il fait c’est mal ou bien, il le fait c’est tout.

Par contre Hadès, dieu des enfers, présenté comme l’antagoniste en chef, l’échec, le modèle masculin disgracieux, était amoureux d’une femme, Perséphone, et il va la kidnapper. Cet acte est sans cesse présenté comme une monstruosité simplement parce que Hadès est un monstre et non par respect et considération pour Perséphone !

Tout ceci n’est que mythe bien évidement mais ces mythes ont construit nos sociétés, bien que ce soit des mythes européens aujourd’hui notre système éducatif dans son entièreté est parsemé de cette vision européenne de la société.

Que ce soit à travers des mythes ou des histoires vraies, il y a de nombreuses figures masculines présentées comme des héros qui ont posé des actes ignobles contre des femmes en toute impunité, sans que cela ne soit qualifié d’immoral et d’inacceptable.

C’est là que le féminisme intervient pour dire que les hommes usent mal de leur force contre les femmes, qu’ils sont violents. Le féminisme vient poser un interdit, vient moraliser et culpabiliser ces actions qui autrefois étaient banalisées car l’on considérait que les hommes avaient le droit de prendre et les femmes le devoir de se donner.

C’est vrai que dire « tous les hommes sont violents. » c’est un amalgame mais dès l’instant où on est d’accord pour dire que « les hommes sont plus forts que les femmes. » donc quelque part on donne aux hommes le monopole de la force, sachons que nous donnons aux hommes en même temps le monopole de la violence. Parce que l’on ne peut pas user de quelque chose que l’on ne possède pas et ici l’on considère que les femmes ne possèdent pas la force ce qui implique qu’elles ne peuvent pas l’utiliser que ce soit en bien ou en mal, seuls les hommes peuvent utiliser la force en bien ou en mal puisqu’ils sont les détenteurs privilégiés de cela.

En réalité, l’homme a toujours eu cette image de bourreau, juste qu’avant cela ne dérangeait pas dans la mesure où l’espace publique était essentiellement masculin donc les normes étaient masculines. Maintenant que les femmes prennent de plus en plus de place dans le débat public, maintenant que les attentes des femmes, les inquiétudes des femmes sont entendues et réellement respectées, on se rend compte que ce qui était héroïque est mal comme les actions de Zeus et de beaucoup de nos héros, modèles, masculins. C’est ça qui les dérange, perdre leur héros. 

Lorsque Neymar a été accusé de viol, parmi les arguments en sa faveur il y avait le fameux « il est beau, il est riche, il ne peut pas violer. » comme si sa beauté et sa richesse excusait l’abus dont il était accusé mais en effet richesse et beauté excuse les abus ou plutôt richesse et beauté donne tous les droits et il est impossible de parler d’abus puisque abus signifie également excès.

Alors lorsqu’on considère que les femmes sont à la disposition des hommes et qu’il faut être un homme fort pour le mériter, la richesse et la beauté étant des signes de force, de puissance dans notre société, tout de suite on considère que le monsieur est dans son droit et n’a commis aucun crime. C’est pour ça que nombreux continuent de défendre R Kelly en mettant en avant sa fortune et autres acquis sociaux qui font de lui un homme méritant et des femmes dont il a abusé, des femmes vénales.

Aussi vous remarquerez que dans l’esprit des gens, un homme est automatiquement considéré comme violent et violeur lorsqu’il correspond au cliché du vaurien. Un homme qui a échoué socialement et professionnellement, un homme en manque de sexe, qui n’a pas confiance en lui, un paumé, un homme qui est déjà moins homme que les autres hommes parce qu’il n’a pas de pouvoir économique, intellectuelle etc… C’est cet homme qui, lorsqu’il va frapper son épouse, sera considéré comme violent, comme étant dans l’abus, de la même façon que Hadès en kidnappant Perséphone. Mais si demain Barack frappe Michelle, on lui trouvera des circonstances atténuantes au vu de sa position sociale.

Pour terminer je ne dirais pas qu’en effet tous les hommes sont violents ou que au contraire tous les hommes ne le sont pas, c’est une discussion qui n’a logiquement pas lieu d’être. Je vais plutôt vous inviter à comprendre qu’il est important de mener une réelle remise en question de la manière que nous-mêmes hommes nous nous voyons et nous nous considérons au sein de nos sociétés.

En ce qui me concerne, cette image d’homme bourreau me dérange fortement mais je me rend bien compte que c’est une image qui a toujours existé et que ce n’est pas le féminisme qui le véhicule.

Lorsque au Nord du Cameroun, des femmes se font piler les seins depuis des siècles parce qu’on veut les protéger du regard des hommes, l’on veut éviter que es hommes abusent d’elles, cela montre bien que l’on considère que les hommes sont des prédateurs !

Si aujourd’hui ton frère qui a plus de 18 ans et qui travaille t’appelle tardivement pour te signifier qu’il est le seul garçon à une fête de filles, dans quel état d’esprit seras-tu ? Seras-tu inquiet ou pas du tout ?

Et si c’est ta sœur qui a plus de 18 ans aussi et est indépendante t’appelle tard dans la nuit aussi pour t’informer qu’elle est la seule fille dans une fête pleine de garçons, dans quel état d’esprit seras-tu ? Seras tu inquiet ou pas du tout ?

En ce qui me concerne, je serai inquiet dans le second cas parce que j’ai conscience que les hommes peu importe leurs niveaux de maturité ou de gentillesse ou de conscience sur le viol ou les violences, peuvent se permettre d’abuser de ma sœur parce que socialement les sanctions sont quasi inexistantes et c’est triste de le dire.

Surtout ici en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire, au Congo et au Sénégal où j’ai vécu , les voleurs sont réprimés plus gravement que les violeurs, plus gravement que les hommes qui battent leurs femmes. Lorsqu’on grandit dans une telle société peut-on réellement craindre de violenter une femme ?

Et si l’on se base sur les nombreuses statistiques au sujet des violences, tous les hommes ne sont certainement pas violents mais toutes les femmes ont des raisons sérieuses de vivre dans la peur et c’est ça tout le problème.

IL est de notre devoir en tant qu’homme de militer, de lutter, à faire cesser ces atrocités si effectivement nous ne voulons pas que l’on véhicule de l’homme une image de bourreau.

Quand ton ami, rigole sur le viol, banalise les violences conjugales, que lui dis-tu ? Lorsqu’un homme en ta présence estime que les femmes ne sont que des corps à dompter, comment réagis-tu ?

Les violences faites aux femmes par les hommes sont un fléau qui doit être éradiqué, cela passe par la mise en place de lois mais surtout par l’éducation, alors réapprenons le monde pour nous et pour elles.

« Il ne faut pas aller seule chez un homme. »

C’est ce que l’on dit parfois aux femmes après que des hommes se soient rendus coupables de viol contre elles.

Cette phrase est très intéressante car elle signifie tout simplement que TOUS LES HOMMES sont (potentiellement) des VIOLEURS.

En fait généralement après un viol en entendant les réactions des gens, l’on peut déduire que la seule façon d’éviter le viol c’est d’éviter les hommes.

Car les hommes sont insatiables, les hommes sont incontrôlables, les hommes deviennent des animaux lorsqu’ils sont excités, les hommes perdent toutes leurs capacités de réflexion et de rétention devant une femme.

Alors on apprend aux femmes de se méfier, aucune femme ne peut dire qu’elle n’a pas été éduquée avec la notion de prudence vis-à-vis des hommes.

Les femmes savent être prudentes, elles savent faire attention mais les hommes sont ce qu’ils sont et le pire fini toujours par arriver !

C’est vraiment horrible cette image que l’on nous donne !

Personnellement je suis dégoûté de savoir que mes amies ont peur de se retrouver seules avec moi, je suis dégoûté car moi-même j’ai peur que mes sœurs se retrouvent seules avec mes amis !

Le pire dans tout ça c’est que de nombreux hommes ne se rendent pas compte de la toxicité de cette image de PRÉDATEUR que l’on nous assigne !

Comme quoi il faut être un homme pour être un violeur !

La notion de consentement échappe totalement aux hommes puisque l’illusion de totale disponibilité sexuelle fait que les hommes ne réfléchissent pas à s’ils veulent ou s’ils ne veulent pas coucher.

L’on nous apprend que notre soif de sexe est immense et que nous avons toujours envie de l’assouvir, l’on nous apprend que les femmes ont été créées pour nous aider et dans cette aide il y’a l’assouvissement de notre gros appétit sexuel !

Alors puisque nous sommes hommes et que nous sommes les maîtres ici, nous n’attendons pas que ces dames soient d’accord avant de coucher avec elles, NOUS LES BAISONS et nous en sommes fiers.

Comment faites-vous pour ne pas voir que c’est nocif ?

Comment faites-vous pour ne pas voir que c’est toxique ?

Comment faites-vous pour être fier d’être des bourreaux ?

Oui, je généralise car oui que tu sois violeur ou pas le simple fait d’être homme te fait entrer dans la case DANGER et tu en es fier.

La #MasculinitéToxique a encore de beau jour devant lui étant donné que dans l’esprit de tous UN HOMME QUI VIOL NE FAIT QU’USER DE SON DROIT NATUREL et même DIVIN, alors CE N’EST PAS BIEN DE VIOLER MAIS C’EST NORMAL !

J’en perds les mots…

Culture Du Viol 2

Nous vivons dans une société qui a donné aux hommes, au masculin, le pouvoir ou plutôt le droit de disposer à leur guise du corps de la femme.

Et les femmes, le féminin, ont le devoir d’être toujours disponible physiquement pour les hommes.

(Je parle évidemment de rapport sexuel, au cas où)

Cette disposition des choses implique purement et simplement qu’un homme peut assouvir ses besoins sexuels à tout moment avec toutes femmes.

Mais nous ne sommes pas des animaux donc nous avons réglementé que le rapport sexuel n’est bien qu’après le mariage (la cérémonie bien sûr).

Pour faire simple l’époux a le droit de coucher avec son épouse qu’elle soit consentante ou pas car celle-ci a le devoir d’être disponible pour lui . Son avis n’est qu’une formalité facultative.

De ce fait les hommes qui couchent avec des femmes, qui ne sont pas leurs épouses, sans leur consentement sont dans l’abus de pouvoir ou plutôt utilisent leur pouvoir dans un cadre non réglementé et c’est en cela qu’ils agissent mal.

Le viol n’est pas puni ou condamné, en réalité ce qui est socialement et moralement condamné c’est le fait de coucher hors mariage mais ce n’est pas quelque chose de sanctionner.

Aucune loi n’interdit d’avoir des rapports hors mariage et aucune sanction n’est prévue contre l’homme qui fornique tandis que le Kourou des Dieux et des hommes pèsent sur la femme qui fait idem.

Le problème avec le viol va au-delà de l’acte sexuel sans consentement, il est directement lié à la perception que la société a des rapports sexuels et plus encore de la perception que la société a des rapports homme-femme.

C’est d’ailleurs pourquoi il est impossible sinon improbable de traiter les affaires de viol impliquant victime mâle et coupable femelle.

Cela apparaît comme une grosse blague, comment la femme soumise et faible, par excellence, va abuser sexuellement d’un homme, représentant plénipotentiaire de Dieu sur Terre ?!!!

Pour résoudre efficacement le problème du viol, il faut résoudre aussi le problème de perception des rapports sexuels et de perception des rapports homme-femme.

Voter des lois pour condamner fermement et durement cet acte ne suffit malheureusement pas car il y’a d’innombrables cas de viol qui n’arrive pas devant le tribunal pour divers raisons dont celle des perceptions dont j’ai parlé plus haut.

L’éducation est la clé.

Apprendre aux uns et aux autres que nul n’est au dessus de l’autre et que nul ne peut disposer de l’autre.

Apprendre la notion du consentement aux uns et aux autres.

C’est pour cela que j’ai les yeux brûlants, pour faire cet apprentissage pour moi-même et ceux qui voudront bien me lire.

Nous ne sommes pas au bout de nos peines malheureusement.
Mais parcourir le chemin est tout aussi important qu’arriver à destination.

Alors allons-y !

Je suis un homme brisé

(Article publié par moi sur Facebook le 25 Juin 2019)

Mon premier roman, publié le 06 Novembre 2017, parle du viol et tous mes autres écrits traitent d’une certaine façon de la sexualité

Depuis un certain temps, je prends énormément position pour les droits des femmes et contre les violences faites à celles-ci

Je prends de plus en plus conscience de moi-même et de ma place dans ce monde

Cependant je souffre intérieurement d’un mal tellement profond que j’ai parfois l’habitude de croire que c’est le fruit de mon imagination

J’ai décidé de me laisser aller et d’extérioriser ma douleur, peut-être qu’elle deviendra plus réelle et moins pesante

L’année dernière, j’ai revu une amie avec qui j’ai fait la 6ème et la 5ème, nous avons discuté de plein de choses et surtout de nos souvenirs d’école

Elle m’a raconté comment un jour, j’ai soulevé sa jupe au milieu de la cours devant tous les autres gens de la classe, elle m’a dit à quel point elle s’est sentie humilié ce jour-là et je n’ai pas trouvé les mots pour lui demander de m’excuser

Voilà le genre de personnes que j’étais ou que je suis, je ne sais pas

Je me donnais le droit de toucher les filles à l’école comme bon me semblait, il n’y a pas une seule belle fille avec qui j’ai été à l’école que je n’ai pas touché même sans qu’elle s’en rende compte

Pour pousser le vice plus loin, lorsque j’étais en 5ème, une collègue de classe avait pour habitude de venir regarder la série Marina chez moi, un jour je lui ai tendu un guet-apens

Après avoir regardé la série, je l’ai invité dans ma chambre, elle a refusé, j’ai quand-même pu la convaincre de me suivre mais une fois devant la porte elle refusa d’entrée alors je l’ai embrassé et poser sur le sol du couloir et j’ai tenté de la déshabiller, elle me repoussa de toutes ses forces et réussi à quitter la maison

Le lendemain à l’école, j’avais honte et peur que les autres l’apprennent mais elle ne dit absolument rien

J’en ai moi-même parlé à des amis et ils se sont moqués de moi, ils me dirent que je n’étais pas un homme, que c’était anormal que je laisse une fille arrivée jusqu’à la porte de ma chambre sans qu’il ne se passe quelque chose

Au fond de moi, j’avais honte de mon comportement, j’avais honte de ne pas être un vrai homme et j’ai eu plusieurs fois l’occasion de prouver que j’en étais pas un

De nombreuses fois, je me suis retrouvé nez à nez entre quatre murs avec une femme et je n’ai pas couché avec elle. Ce n’est pas un exploit, mais le fait est qu’à chaque fois l’on me disait ne pas être un homme, un vrai, avant ça me faisait mal jusqu’à ce que je décide de considérer que c’était mal

J’ai eu beaucoup d’expériences sexuelles, j’ai connu très tôt ce qu’est et comment se passe un rapport sexuel

Officiellement, j’ai perdu ma virginité à 11 ans, mais officieusement ça s’est passé beaucoup plus tôt, très tôt, trop tôt

Et j’en étais fier, j’étais fier lorsqu’au collège on parlait de sexe et moi j’étais le seul à ne pas être puceau, c’était le pied

Mon premier rapport sexuel, si on peut appeler ça ainsi, je l’ai eu avant mon sixième anniversaire

Mes souvenirs sont flous concernant ce moment, tellement flou que parfois je me dis que c’est une histoire que j’ai inventé, le fruit de mon imagination débordante

J’étais à la maternelle, c’était à Pointe-Noire, je ne sais plus qui était la fille mais elle était beaucoup plus âgé que moi, certainement une adolescente déjà, et nous sommes de la même famille ou du moins c’est une amie à la famille, je pense, je ne sais plus

Je ne sais plus comment ou combien de fois mais cette fille m’avait dit que c’était un jeu, elle jouait avec mon zizi et moi avec sa zézétte

Ai-je eu mal ? Non. Étais-je consentent ? Je ne sais pas mais j’étais trop jeune pour savoir quoi que ce soit

J’en ai parlé à personne, j’ai préféré oublier et enterrer, c’est seulement en grandissant, en reparlant de sexe avec les autres que j’ai compris que j’avais déjà pratiqué la chose et cela me revenait peu à peu en mémoire

Suis-je une victime ? Suis-je un bourreau ? Devrais-je en parler ? Devrais-je me taire ?

Après lecture de ceci, vous ne me verrez certainement plus de la même façon, d’ailleurs après avoir écrit et publié ceci, je ne me vois plus de la même façon

J’écris ces choses personnelles, privées, tout en sachant que je suis ami sur Facebook avec des membres de ma famille ainsi que des ami.e.s qui n’ont jamais entendu ces histoires surtout mon père et ma mère

Néanmoins j’écris et publie ces choses parce que j’avais besoin de parler, ensuite parce que les crimes sexuels sont dévastateurs mais sont terriblement banaliser

Le tabou derrière le sexe ne rend service à personne à part aux Prédateurs et Prédatrices Sexuel.le.s

Il faut que la parole se libère, il faut que l’on sensibilise sur la sexualité et ses abus

Il faut que l’on cesse de stigmatiser les victimes, de les bâillonner, il faut que l’on cesse de protéger les coupables

Il faut que disparaisse la masculinité toxique, cette masculinité qui vise à entretenir et encourager les vices de l’homme, surtout à priver ce dernier de son humanité

L’homme ne pleure pas, l’homme est fort, l’homme est fier, l’homme est puissant, l’homme est protecteur, l’homme l’homme l’homme

Et pendant ce temps l’homme est violé mais ne peut rien dire, l’homme est battu mais ne peut rien dire, l’homme est dépressif mais ne peut rien dire, l’homme est à genou, écroué mais ne peut rien dire

En pensant faire preuve de puissances, l’homme brutalise et viole, la configuration des choses le lui permet, il est autorisé à agir ainsi

Des vies sont détruites, la mienne aurait pu l’être, ce poison qui est en moi et contre lequel je n’ai jamais vraiment lutté aurait pu faire de moi un monstrueux personnage

Je tente tant bien que mal de me sortir la tête de l’eau et participer à la création d’une société où cette ignominie ne me serait jamais arrivé, une société où je ne m’en sentirai pas à l’aise de soulever les jupes des filles ou d’essayer contre leur gré de coucher avec elles

Je vais terminer mon propos par un mea-culpa

JE M’EXCUSE PROFONDÉMENT AUPRÈS DE TOUTES LES PERSONNES QUE J’AI BLESSÉ PAR MON COMPORTEMENT, RIEN N’EXCUSE, RIEN NE JUSTIFIE, RIEN NE M’AUTORISAIT À AGIR DE LA SORTE, J’EN SUIS ENCORE UNE FOIS DÉSOLÉ

LES MOTS NE SERONT JAMAIS SUFFISANT POUR EXPRIMER TOUTE MA PEINE, JE NE PENSE PAS MÉRITER LE PARDON OU LA PITIÉ.

JE DÉDIE MA VIE À LA RÉPARATION DE MES TORTS

PLUS JAMAIS ÇA !