L’EDUCATION SEXUELLE DES JEUNES HOMMES : MOYEN DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Le mois de la femme est passé, nous avons festoyé, des conférences ont été organisées, des dîners gala bref une myriade d’événements qui avaient pour la plupart un même objectif : LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES.

Ce n’est pas hier que le 08 Mars a été désigné comme Journée Internationale des Droits de La Femme, sans refaire l’histoire de cette date retenons que cette année était la 41ème Journée Internationale des Droits de La Femme, mais le constat reste pratiquement le même concernant les violences faites aux femmes. Elles existent toujours, elles sont de plus en plus violentes et de plus en plus banalisées.

Le monde a été secoué par l’affaire Weinstein, faisant couler beaucoup d’encre et tomber beaucoup de tête. Weinstein est né vingt-cinq ans avant l’instauration par l’ONU de cette journée et la vulgarisation de la cause des femmes. En Afrique plus de 50% de la population est âgé de moins de 25 ans, en d’autres termes plus de 50% de la population africaine a grandi en célébrant chaque année la Journée Internationale des Droits de La Femme. Cependant, cette jeunesse est insensible aux droits des femmes et pis à la liberté sexuelle des femmes.

En effet les jeunes n’ont aucun respect pour les femmes, il n’est pas rare d’assister en milieu scolaire à des actes sexistes, au harcèlement, aux attouchements et bien d’autres pratiquent qui diminuent les femmes.  L’année dernière, une vidéo montrant le viol d’une fille par deux garçons a fait le tour de la toile en Côte d’Ivoire. Aucune sanction n’a été prononcée contre les jeunes garçons mais la fille fut renvoyée de son école. Ceci illustre bien à quel point la jeunesse est dépravée et inconsciente de la gravité des actes qu’elle pose. Cette inconscience s’explique par le manque d’éducation sexuelle.

C’est à l’adolescence, période où l’humain entre dans la puberté, que les premiers désirs sexuels se ressentent sous l’effet naturel des hormones dans le but de nous indiquer que nous sommes prêts à procréer. Tout ceci est naturel. Toutefois les adolescents sont perdus au cours de cette période de grand changement, la seule chose qu’on leur dit à propos du sexe est que c’est mal. Cette réponse est simpliste, dénuée de sens, éloignée de la réalité et complètement fausse. Un ado avec les hormones en ébullition qui pour la première fois de sa vie se réveille avec une érection tous les matins ne peut pas se contenter de la morale qui lui dit que le sexe c’est mal. Il lui faut plus.

L’éducation est l’un des piliers de la société, c’est à travers elle que la société prend forme, raison pour laquelle cette éducation doit être bonne et doit toucher des domaines divers et variés. Sous nos tropiques, le domaine sexuel est tabou donc laissé au placard.

Au cours de mon cursus scolaire, du primaire au secondaire, une seule fois j’ai été véritablement sensibilisé sur la sexualité. Cette sensibilisation concernait les dangers des rapports sexuels et les précautions à prendre pour éviter ces dangers. En gros ils sont venus nous dire que faire l’amour pouvait nous rendre malade et que si nous ne voulons pas tomber malade, soit nous faisons l’amour avec des préservatifs, soit nous nous abstenons. Simpliste et pas très instructif.

La mauvaise éducation, le manque d’éducation sexuelle est ce qui conduit certains à une dérive perverse. C’est parce qu’ils n’ont pas reçu d’éducation sexuelle que certains hommes ne pensent pas au plaisir des femmes, les femmes elles-mêmes ne savent pas qu’elles sont censées prendre du plaisir. Ce manque conduit d’autres à violenter les femmes.

La meilleure façon d’éviter qu’une femme soit à nouveau violée c’est de donner une BONNE EDUCATION SEXUELLE AUX JEUNES HOMMES.

Dans la pratique cette bonne éducation peut se faire par :

  • L’organisation d’ateliers / de conférences animés par des femmes pour sensibiliser les hommes aux comportements sexistes qu’ils affichent ;
  • La distribution de prospectus aux hommes sur les violences faites aux femmes ;
  • L’intégration au programme scolaire d’une sensibilisation plus approfondit à la sexualité.

Toutefois il ne faut pas se limiter à l’école mais aller aussi dans les familles et demander aux parents de casser le tabou et parler de sexe avec leurs enfants.

En appliquant ces quelques mesures, le harcèlement ainsi que les violences reculeront et nous aurons fait un grand pas vers le vivre ensemble.

Ecrit par Gloire Wanief le 10/04/2018

EST-CE QU’UNE FEMME PEUT VIOLER UN HOMME ?

Oui, nous sommes mardi midi, tu es sur le blog de Gloire Wanief et tu as bien lu la question mais je vais répéter quand-même.

Est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Statistiquement, l’écrasante majorité des viols sont commis par des hommes et subis par des femmes, une infime partie des victimes sont des hommes et dans cette infime partie, l’écrasante majorité des coupables sont aussi des hommes.

Dans les médias, les institutions judiciaires, dans les séries, les films, les organisations non gouvernementales, partout où l’on peut passer, lorsque le sujet du viol est abordé ce sont toujours les femmes et les enfants que l’on présente comme victime. Les hommes adultes semblent échappés à ce fléau, ils sont invisibles pour ne pas dire inexistant.

Il paraît donc nécessaire, judicieux et même légitime de se demander s’il est possible qu’un homme soit violé par une femme.

Avant tout, cette interrogation subsiste à cause des nombreux aprioris que les gens ont sur le viol.

La plupart des gens pour ne pas dire tout le monde, pensent qu’il est impossible qu’une femme viole un homme. Ceux et celles qui pensent ainsi en sont fermement convaincu.e.s, c’est une certitude pour eux et elles.

Le premier biais, le premier préjugé, qui fait que les gens sont sûrs et certains qu’une femme ne peut pas violer un homme c’est la libido.

Pour de nombreuses personnes, le viol est lié à l’appétit sexuel, à la libido.

Dans nos sociétés, l’on considère que les femmes ont une faible libido et l’on arrive même souvent à considérer qu’elles n’ont aucune envie de sexe et que les hommes ont un énorme appétit sexuel, ils ont tout le temps envie de sexe.

Dans cette configuration, l’on considère que l’homme qui viol est dominé par ses pulsions sexuelles qui sont beaucoup trop fortes pour être gérées et canalisées.

La libido masculine est vue comme une cause du viol.

La femme ayant une libido silencieuse, elle ne peut donc pas être, selon eux, dominée par un quelconque brouhaha généré par ses pulsions. La femme ne veut pas de sexe donc la femme ne peut pas aller vers un homme et le contraindre à offrir du sexe.

D’ailleurs, toujours selon ce préjugé, même si la femme est dominée par des pulsions sexuelles, les pulsions de l’homme étant plus fortes, plus vivaces et plus emmerdantes, l’homme acceptera d’offrir du sexe à la femme sans y être contraint.

Apparemment ce préjugé serait scientifiquement prouvé, pour ma part je n’ai pas les chiffres et je n’ai pas vu les études qui démontrent que les hommes ont envie de sexe tout le temps et que les femmes n’ont presque jamais envie.

Le problème avec ce préjugé c’est que le viol n’est pas seulement lié à la libido, les pulsions sexuelles peuvent peut-être être une des causes du viol mais il n’y a pas que ça et même s’il n’y avait que ça il y a d’autres aspects à prendre en compte.

L’autre aspect à prendre en compte est celui qui donne lieu à notre second préjugé.

Par définition le viol c’est l’absence de consentement et le consentement c’est le fait de donner son accord, son autorisation.

Le deuxième préjugé que les gens ont sur le viol c’est sur le consentement ou plutôt la mauvaise compréhension du consentement.

Dans nos sociétés, l’on considère que les hommes sont toujours d’accord pour avoir du sexe puisqu’ils en ont tout le temps envie et qu’à contrario les femmes n’ont pas d’avis sur le sujet puisqu’elles n’ont pas envie.

Cette configuration fait que l’on estime que les femmes couchent parce que les hommes veulent coucher. Cela implique que c’est l’homme qui doit et va toujours demander le sexe puisque c’est seulement lui qui veut toujours le sexe.

Le préjugé sur la libido de l’homme fait que l’on considère qu’il est toujours consentant de ce fait l’on ne peut pas le contraindre, c’est la personne qui ne veut pas que l’on contraint sinon celle qui veut n’a pas besoin de contrainte pour agir.

L’homme voulant toujours, dans nos sociétés l’on estime alors que les femmes doivent se disposer à toujours offrir du sexe aux hommes, l’accord de la femme n’est pas interrogé ou demandé, il est implicite dès l’instant où elle est en contact avec un homme.

Par exemple un homme invite une femme au restaurant, si elle accepte d’y aller c’est qu’elle accepte implicitement de coucher avec lui selon eux…

Pour eux la femme ne peut pas violer un homme parce qu’elle n’a pas envie de sexe et aussi parce qu’elle n’a pas le moyen et qu’il n’est pas utile de contraindre l’homme au sexe.

Ce second aspect renvoi alors au moyen, aux outils utilisés pour contraindre l’autre et ici l’on voit bien que le viol peut sembler inexistant pour certains puisque le consentement est mal compris et même souvent botter en touche.

Alors le troisième préjugé concernant le viol que les gens ont c’est la violence.

Pour de nombreuses personnes le viol est un acte violent, une violence physique que l’on dirige contre l’autre pour la contraindre à un rapport sexuel.

La violence est l’utilisation abusive de la force, de ce fait pour être violent il faut avant tout être fort ou avoir de la force.

Dans nos sociétés toujours, l’on considère que la femme est un être faible, qu’elle n’a pas de force et même si elle en a, cette force est inférieure à celle de l’homme. La force est vue comme un élément masculin par excellence.

La force devient alors un outil du viol, un moyen pour violer.

L’homme ayant une grande libido utilise sa force pour contraindre la femme à avoir des rapports sexuels. C’est ainsi qu’ils voient les choses.

La femme n’ayant pas de libido et pas de force ne peut donc pas contraindre un homme à avoir un rapport sexuel selon ces personnes ou pour aller plus loin selon la société.

Ce préjugé aussi semble avoir un fondement scientifique, les hommes sont physiquement plus forts, c’est la science qui le dit cependant il ne faut pas voir les choses de façon tranchée et absolue. Il y a une multitude d’hommes et une multitude de femmes ce qui implique une grande disparité physique qui entraîne que des femmes peuvent être plus fortes que certains hommes et vice versa.

Mais au-delà de tout, ce que ces trois préjugés que les gens ont sur le viol nous renseigne sur notre modèle de société et sur ce qu’est le viol en réalité.

D’abord ces préjugés nous disent que nous sommes dans des sociétés patriarcales, des sociétés où en tout et pour tout l’homme est considéré comme supérieur à la femme, c’est le dominant.

Ensuite ces préjugés nous disent que le viol est un acte de prédation, de domination. Les personnes qui violent veulent par cet acte soumettre leurs victimes.

Enfin ces préjugés demeurent des vues de l’esprit, des conceptions personnelles et sociales très loin de la réalité, du quotidien, du vécu des personnes victimes de viol peu importe leurs sexes.

Alors qu’elle est donc cette réalité ? Est-ce que dans la réalité une femme peut violer un homme ?

Plus haut j’ai donné ce que les statistiques sur le viol nous disent, les informations qu’elles nous donnent à propos des victimes et des coupables. Même si je n’ai donné aucun chiffre précis.

Je disais plus haut que statistiquement les hommes violés par des femmes représentent une infime partie des victimes.

Mais nous ne sommes pas à une élection ici pour considérer que seule la majorité compte. Non, nous sommes face à un crime et toutes les victimes ont la même importance.

Un seul homme violé par une femme c’est déjà trop, c’est déjà beaucoup trop !

Mais jusqu’à présent je n’ai pas concrètement répondu à la question. La question demeure : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Les préjugés que j’ai cité plus haut ne sont pas les seuls, ils en n’existent encore une multitude, autant de préjugés qu’il n’y a de sociétés et d’humains.

Il existe, et j’en parlerais peut-être dans un autre contexte, de nombreux préjugés qui font que les statistiques sur le viol sont biaisés, que ces statistiques ne nous disent pas toute la vérité sur les victimes de viols, la vérité quantitative et qualitative…

Alors pour savoir et comprendre s’il est possible qu’une femme adulte viole un homme adulte, il faut d’abord se tourner à cet instant vers la définition du viol selon les lois de vos pays et aussi se tourner vers les victimes de viols.

Pour ma part, les femmes peuvent malheureusement violés des hommes et il est impératif d’aborder ce sujet afin de délier les langues et aider certains à obtenir justice sans oublier de les réparer de ce préjudice psychologique.

C’est pourquoi, j’aimerais organiser des BOYS TALK, des séances de discussion entre hommes et garçons pour parler du consentement et bien d’autres sujets liés à la masculinité.

Ceci n’est pour l’instant qu’une idée mais si tu as pu me lire jusqu’ici j’aimerais que tu me dises en commentaire ce que tu en penses mais surtout que tu répondes à la question posée : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Sur ce je vous souhaite une excellente journée sous les faveurs de celui ou celle en qui vous avez placé votre foi.

Mourir comme Tsonga. (6/31)

Mes parents travaillaient dans la pâtisserie de la famille Des Noix, nous étions leur boy. Je n’avais ni frère ni sœur. Deux autres familles y travaillaient, la famille du vieux Lossa (ses deux femmes et ses quatre enfants) et celle de Ya Mado (veuve avec trois enfants). Monsieur Des Noix était marié et avait deux enfants. Ce jour-là, Violette, la fille de monsieur Des Noix, fêtait ses dix-huit ans. Madame Des Noix organisa une très grande fête, tous les Blancs de la ville furent conviés. Les Noirs passèrent la journée à tout préparer. Ma mère fit le gâteau le plus énorme que j’ai eu la chance de voir. Tous les invités le trouvèrent délicieux mais ma mère n’a jamais su quel goût avait ce gâteau ni aucun autre repas qu’elle servait aux Blancs car nous n’avions pas le droit de goûter ce que les Blancs devaient manger. Plus d’une fois j’ai eu envie de les empoisonner mais une autre famille de Blanc nous prendrait et nous maltraiterait. La famille Des Noix était la plus sympathique de la ville – il fallait le reconnaître.

A minuit, la fête avait pris fin. Une heure plus tard la maison était propre et silencieuse, nos maîtres nous permirent d’aller nous coucher. Je finissais de tout ranger puis je me glissais sur ma natte.

  • Hé ! Tsonga, chuchota N’kélé la fille du vieux Lossa, Mademoiselle Des Noix te demande dans sa chambre tout de suite.
  • Bah, moi elle me les brise des noix, murmurais-je.
  • Que dis-tu ?
  • Rien, j’y vais.

 Violette et moi étions de bons amis. C’était grâce à elle que mes parents se retrouvaient là-bas. Avant ils étaient boys à la ferme Duval où les animaux étaient mieux traités que les Noirs. Tous les noirs qui y travaillaient rêvaient de quitter cet endroit. Agée d’environ deux ans, Violette et ses parents y passèrent les vacances car le vieux monsieur Duval était son grand-père. Elle fut mordue par un serpent, aucun médecin ne réussit à fabriquer un sérum pour elle. Pendant qu’elle agonisait ma mère se proposa de la guérir, les Blancs se moquèrent d’elle, madame Des Noix accepta de lui donner sa chance, elle lui tint exactement ce langage « Sauver ma fille et devenez ma bonne ou mourrez avec elle ». La suite est évidente.

Je frappais doucement à sa porte, j’hésitais un moment avant de frapper à nouveau, la porte s’ouvrit devant moi. La lumière de la lune éclairait la chambre, je distinguais parfaitement tous les éléments se trouvant dans cette chambre. J’y étais venu plus d’une fois mais ce soir-là je me sentais étranger dans cette pièce beaucoup plus grande que notre salon. Toute la chambre était rose – sa couleur préférée était le bleu et elle s’appelait Violette, beaucoup trop de couleur à mon goût. Son lit était grand et se trouvait au fond de la pièce, les emballages des cadeaux qu’elle avait reçus encombraient le sol – elle m’avait certainement appelé pour le nettoyage – j’entendais le grincement de la porte qui se refermait derrière moi. J’étais angoissé, que me voulait-elle ? Elle me faisait toujours faire des trucs dangereux – en réalité pas dangereux juste qu’un Noir ne devait pas les faire avec une Blanche. Je ne comptais pas le nombre de fois que son frère et son père m’ont battu à cause de ses coups tordus – j’aimais faire toutes ces bêtises peu importe les retombés. Et je me demandais quelle chose grave me demanderait-elle de faire pour elle cette fois ci, je brûlais d’impatience. 

  • Bonsoir Wilfried, disait-elle d’une voix tremblante.

Wilfried est le nom que les Blancs me donnaient. Je fronçais les sourcils en guise de protestation, je lui interdisais de m’appeler par ce nom qui me faisait perdre ma personnalité. Elle reprit encore plus calmement.

  • Tsonga, je suis ravie de te voir ce soir. Tu m’as beaucoup manqué.
  • Bonsoir Violette, répondais-je d’un air suffisant. Sache que ne pas te voir m’a fait le même effet que maintenant c’est-à-dire aucun.
  • Pourquoi es-tu toujours si dur avec moi Wil… Tsonga ?

Elle prit son visage entre ses mains.

  • Parce que c’est comme ça, et surtout ne pleure pas. Tout d’abord joyeux anniversaire ensuite pourquoi suis-je là ?
  • Merci c’est très gentil, en le disant elle releva la tête et me sourit, se mit à sursauter sur place et continua sa phrase. J’ai maintenant dix-huit ans et mon fiancé, John Brown, qui en a vingt-cinq veut qu’on se marie dès la semaine prochaine.
  • Bon débarras, tu ne m’apportes que des ennuis. Stop, arrête de pleurer, tu vas m’énerver Violette. Je croyais qu’on pouvait rigoler, après tout j’y peux rien moi, tu es Blanche c’est lui ton homme pas moi.
  • Je sais que toi et moi ça n’arrivera jamais, dès demain je me mettrai dans les préparatifs de mon mariage avec cet homme. Je suis vierge Tsonga.
  • Et alors tout le monde le sait ce n’est pas une nouveauté.
  • Je dois donner ma virginité à mon époux qui est censé être l’homme que j’aime. 

Elle me regardait intensément, sortait de la pénombre dans laquelle elle était et je la voyais. Elle avait lâché ses cheveux en arrière, ils étaient longs et noirs, ils retombaient sur ces épaules minces, elle portait une petite robe de chambre en soie blanche avec de la dentelle au niveau de la poitrine, ses tout petits seins se faisaient à peine remarquer.

  • Je veux donner ma virginité à l’homme que j’aime. Tsonga, tu es l’homme que j’aime.

A ces mots, ses tétons devinrent visibles, ils pointaient vers moi comme pour me dissuader de faire autres choses que ce qu’elle désir. Que désirait-elle ?

  • Je pense que… 

Elle se courrait vers moi et plaçait ses doigts sur ma bouche pour me faire taire.

  • Ne dis rien, chaque fois que tu parles c’est pour me faire mal au cœur, ce soir je veux que tu me fasses mal un peu plus bas. 

Ses lèvres s’entrouvrirent, elle souffla sur moi comme pour m’envouter. Alors c’était donc ça la sorcellerie blanche.

  • Je ne l’ai ja… 

Elle enfonça ses doigt dans ma bouche, je reconnu la fraise que mère avait mise dans le gâteau, j’étais le seul noir à connaitre le goût de ce fichu gâteau – encore une loi qu’elle venait de me faire enfreindre. 

  • Tais-toi et baise-moi. 

  Je finis de sucer ses doigts puis je les retirais de ma bouche.

Elle commençait à se caresser, je n’ai jamais vu une personne le faire mais je savais qu’elle s’y prenait mal parce que ça ne me faisait pas l’effet voulu – ou peut-être que ça ne marchait que sur les Blancs.

Ses doigts glissèrent le long de ses côtes, elle se caressait les cuisses pour moi, elle remontait sa robe laissant paraitre sa petite culote en dentelle blanche – Ce jour le blanc devint ma couleur préférée – avec sa main gauche, elle frottait sa petite culote juste devant son minou – ce qui me faisait miauler de plaisir. Elle se frottait le minou à travers le tissu de haut en bas à un rythme régulier, lorsqu’elle remarqua que cela me faisait de l’effet, elle sortit son sein droit avec sa main libre. Il était pâle, mais au contact de ses doigts il prenait vit et durcissait, son téton devint pratiquement sanglant tellement il rougissait et pointait vers moi. Instinctivement, je me dis que je ne pouvais pas rester à ne rien faire, je me levais, prenais son sein dans ma main, il eut l’air encore plus minuscule qu’avant mais je m’en foutais.

  • Prends-le dans ta bouche Tsonga, prends-le.

Je le pris dans ma bouche, il avait un goût exquis, je ne pouvais le comparer avec aucun des aliments que j’avais consommé jusque-là. Je le suçais de la même façon que je suçais mon pouce ou une mangue. Elle introduisait ses doigts dans ma chair, retirait la chemise que je portais, en gardant son sein dans ma bouche, je la soulevais et la mettais dans le lit.

  • Déchire ma culote Tsonga, déchire-la.

Je prenais sa culote dans ma main et avant qu’elle n’eut le temps de souffler, je la dechirais sur elle avec une telle violence que même moi ne me connaissais pas. Je posais ma main sur son minou, il était mouillé, on aurait dit qu’on lui avait versé de l’eau mais le liquide était trop gluant pour être de l’eau.

A ce moment je comprenais que j’allais prendre la virginité de Violette et elle la mienne. Mère m’avait dit d’attendre le mariage, elle serait furieuse contre moi et je n’aime pas désobéir à ma mère. De toute ma vie, c’est la chose sur laquelle elle avait beaucoup insisté. Je me sentais la trahir et j’en avais honte mais cette sensation était moindre comparée au pouvoir que je ressentais, je sentais que j’avais un grand pouvoir sur cette fille blanche, qu’elle était à ma merci, que j’en ferais ce que je voudrais. Nous étions dans la maison des maîtres et il paraissait que les Blancs regardaient leurs enfants dormir, je voulais être surpris en train d’arracher l’innocence de cette petite naïve. Violette ne se rendait pas compte à quel point je détestais sa famille, son frère, toutes les personnes de sa couleur pour les même raisons qu’ils nous traitaient comme des chiens. Mon visage se resserra et je pris les choses en main.

  • Retire cette robe, et appelle-moi maître. Compris ?! Lui ordonnais-je
  • Oui, maître. Chuchotait-elle au creux de mon oreille qu’elle lécha ensuite.

Une petite touffe de poils recouvrait son pubis, j’introduis légèrement un doigt dans son minou. Elle se crispait sous moi, un gémissement s’échappait de sa bouche, je l’enfonçais à moitié et m’arrêtait ce qui l’avait fait un petit repos qui dura moins longtemps qu’elle ne l’espérait et j’enfonçais profondément mon doigt. Son visage se décomposait totalement, il devenait plus rouge que d’ordinaire.

Je la regardais dans les yeux, elle avait l’air paralyser, ne pouvant dire mot, les seuls sons qui sortaient de sa bouche étaient des onomatopées incompréhensibles. Mon doigt allait et venait en elle, par erreur je frôlais une bosse à l’extérieur de son minou, au milieu de la touffe de poils et son regard changeait ainsi que ses gémissements. Je remarquais qu’elle y prenait beaucoup de plaisir alors je m’acharnais sur cette bosse.

  • J’y suis presque, continue. 
  • Que se passe-t-il ? L’interrogeais-je.
  • Je vais jouir, Tsonga, tu vas me faire jouir sur tes doigts anh.

Avant que je ne dise quoi que ce soit, son vagin se resserrait sur mon doigt, elle s’agrippait, ses ongles s’enfonçaient dans ma chair, je me sentais saigner. Le liquide gluant qui se trouvait dans son vagin se déversa sur moi. Mon phallus était devenu aussi dur que de la pierre.

Violette s’abandonnait sous moi, je la sentais perdre connaissance. 

Quelques claques la firent revenir à moi.

  • Maintenant retire ton pantalon, me chuchotait-elle.

Je me retirais du lit, baissais mon pantalon et le balançais quelque part dans la pièce mi- éclairée. Je revenais dans le lit, prenais sa main et la guidais vers mon attribut. Elle chatouillait mon ventre et mes poils qui étaient aussi nombreux que la forêt amazonienne – c’est ce que le vieux Lossa me disait tout le temps. Elle se saisissait de mon phallus et le lâchait aussitôt.

  • Mon Dieu ! qu’est-ce donc ?
  • Mon pénis.
  • Il est énorme.
  • La seule rumeur vraie que les Blancs colportent sur nous c’est celle sur la taille monstrueuse de nos pénis. Avec ça je peux t’empaler.
  • Je l’espère bien, après ça aucun homme Blanc ne me fera de l’effet et tu seras le seul à m’avoir fait sentir femme.
  • Oh mama, donc tu veux manger le requin avant la sardine ? Qu’il en soit ainsi, écarte grand les jambes.

Elle obéissait avec une grande frayeur dans les yeux, je réintroduisait un doigt dans son vagin, puis un deuxième ainsi de suite avec douceur jusqu’à atteindre la largeur que j’estimais être celle de mon phallus, donc trois doigts.

Je coinçais ses mains au-dessus de sa tête pour ne pas qu’elle se débatte. Et je me glissais en elle sans encombre.

Sa bouche s’ouvrait très grand et aucun son ne s’en échappait, une larme coulait sur sa joue. Je m’enfonçais à moitié en elle et elle ouvrait plus grand sa bouche. Je sortais lentement, une expression de soulagement se dessinait sur son visage. Je continuais ainsi jusqu’à ce qu’elle s’y habitue.

 Notre position ne me plaisait plus, tout en étant en elle, je m’allongeais sur le dos et elle était sur moi. Avec cette nouvelle posture je la pénétrais un peu plus profondément. Elle commençait instinctivement à me chevaucher, ses hanches allait et venait sur moi à un rythme lent puis rapide. Je suivais ses mouvements dans une parfaite harmonie. 

Je devenais hors de contrôle, je voulais aller plus vite et elle aussi, alors je relevais la partie supérieure de mon corps et m’asseyais face à elle. Je me rendais compte qu’à aucun moment je n’avais goûté ses lèvres, je sentais le jour se lever et je savais ce qui se passerait alors je voulais profiter de tout. Je prenais ses lèvres entre les miennes, les suçant légèrement, profondément, elle avait l’air de l’avoir déjà fait, son baisé était doux et brutal. Je me levais en la portant sur moi, ses jambes entouraient mes hanches et je décidais de la prendre comme ça. Son vagin s’ouvrait encore un peu plus. J’allais et venais à l’intérieur d’elle, l’intérieur de son vagin devenait un milieu naturel pour moi, je ne voulais pas le quitter. Une sensation parcourait ma colonne vertébrale et se logeait dans mon pénis, l’envie de l’évacuer se faisait pressante, je me mouvais plus vite en elle. Elle me mordait à l’épaule, et je lui suçais le cou. L’étreignant avec une force surhumaine, c’était si fort que j’avais peur de la casser mais je continuais.

  • Plus fort, je vais jouir, j’y suis presque.
  • Tu aimes ça, sale pute de blanche, je vais te le donner.
  • Oui, fais le Tsonga, baise-moi bien. Je ne veux rien oublier.
  • Alors ouvre les yeux et plonge ton regard dans le mien que je vois à quel point tu es faible et vulnérable quand je te baise.

Elle sortait la tête de mon cou, plongeait ses yeux dans les miens, nous étions tous les deux hypnotisés par cette sensation, cette frustration qui voulait s’en aller. Elle se cambrait sur moi, je m’accrochais à elle et je me mouvais encore plus vite. Je n’attendais que cette lueur dans ses yeux, que ce désir qu’elle avait, disparaisse. Dès que la lueur eut disparu, je m’abandonnai en elle et elle faisait pareil. Je m’écroulais sur le lit, elle sur moi, elle m’embrassait et me remerciait. J’étais vidé de toute énergie qui pouvait m’habiter. Nous étions là, tous deux haletants, sa respiration était plus irrégulière que la mienne. Je ne parvenais pas à dire un seul mot.

  • C’était magique, murmura-t-elle à mon oreille.
  • Humm
  • Tu es si beau, je t’aime.

Sa voix devenait lointaine, les premières lueurs du jour apparaissaient mais nous étions trop fatigués pour nous lever, elle s’endormait la première, je résistais juste assez pour l’entendre ronfler.

Les jours suivants, Violette et moi couchions ensemble à nouveau. Nous faisions l’amour tous les jours jusqu’à son mariage, et dans toutes les positions imaginables. Je voyais son minou grossir à vue d’œil, elle devenait de plus en plus à l’aise avec mon phallus et mes coups de reins violents. Ce qui me répugnait le plus c’est que je sentais aussi son amour pour moi grandir, dans sa tête nous vivions des moments de folles passions, elle se donnait à moi dans le but de me rendre absolument dingue de son corps. Elle voulait que je ne pense qu’à elle quand j’avais envie de sexe, que son vagin soit le seul qui me fasse de l’effet. Je ne la détestais pas mais je ne l’aimais pas non plus. Je ne ressentais rien pour elle. Effectivement, comme elle le désirait, son corps m’envoutait. Chaque fois que je la voyais avec ou sans vêtements, mon esprit devenait troublé, je ne pouvais pas réfléchir, toute mon attention était attirée par ce monde fantastique qu’elle m’avait fait découvrir. Ce monde où l’homme Noir est maître tandis que l’homme Blanc est l’esclave. Je voulais la posséder toute entière rien que pour moi seul, ce n’était pas un sentiment possessif que ressentirais un mari pour sa femme mais plutôt un enfant pour son jouer favoris.

La veille de son mariage, je lui donnais ma bénédiction en la baisant dans le jardin de sa mère. La sensation de puissance, de supériorité que j’avais lorsqu’elle était sous moi, lorsqu’elle me disait que mon pénis lui faisait souffrir c’est ce qui retenait mon attention dans cette expérience avec Violette. 

Elle épousa John  Brown, l’américain, mais son corps me resta dévoué. Elle passait chez ses parents un week-end par mois et chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Son pauvre mari ne se doutait de rien, il me parlait – comme à tous les Noirs d’ailleurs – avec arrogance et suffisance. Je ne pouvais pas lui dire que c’était grâce à mon pénis que sa femme était heureuse dans ce mariage. Je devais toujours me rabaisser devant eux car j’étais un Noir. Elle me racontait à quel point son mari était nul au lit, qu’il ne lui faisait aucun effet. Savoir cela renforçait mon ego et mon appétit.

Après mon vingtième anniversaire, monsieur Des Noix pour la première fois et la seule de toute ma vie m’appelait dans son bureau. Une pièce beaucoup plus vaste que la chambre de Violette et presque aussi grande que la salle à manger, il y avait des livres tout le long du mur qui était à ma gauche et des trophées ainsi que des photos sur le mur opposé. Derrière moi, il y’avait un bar et au mur était accroché les têtes d’animaux que monsieur Des Noix avait tué à la chasse – la plus part d’entre eux l’ont été par mon père et le vieux Lossa – je m’étonnais de ne pas voir de têtes de Noirs – encore une preuve que nous étions insignifiants. Il était derrière une large table sur laquelle étaient posés plusieurs objets inutiles selon moi, assis confortablement dans son fauteuil en cuir, monsieur Des Noix, une cigarette à la bouche et un verre de whisky à la main, me scrutait. Il me regardait comme si c’était la première fois pourtant j’avais plusieurs fois reçu ses coups de fouet, je faisais un tour sur moi car je me disais qu’il me reconnaîtrait peut-être de dos. Lorsque mon regard revenait sur lui, il me souriait et me demandait de me déshabiller, ce que je faisais sans broncher tellement j’étais fier de ma protubérance. Il frappa son poing sur la table, roula des yeux et applaudit. Je ne comprenais plus rien. Il se leva, se rapprocha de moi et s’étouffa avec son haleine qui puait le whisky et la cigarette sans oublier cette mauvaise odeur naturelle qui le caractérisait, je ne l’avais jamais senti mais tous les Noirs de la pâtisserie en parlaient – surtout Ya Mado qui était son jouet.

  • Jeune homme, me disait-il en me regardant dans les yeux, il attendait que je les baisse avant d’ajouter. Quel est ton nom ?

Cette question était celle à laquelle j’avais du mal à répondre, quel était mon nom ? Qui étais-je ? J’avais vingt ans, j’étais assez grand pour me marier et avoir des enfants mais je n’avais pas d’identité, j’étais personne même au niveau des esclaves je n’avais pas d’importance. Voyant que la question m’étais posée, car la plupart du temps, les Blans ne demandaient pas l’identité des Noirs, ils imposaient comme par exemple mon père qui s’appelait Henri chez mosnieur Duval mais que monsieur Des Noix rebaptisa Philippe parce qu’il avait déjà un cheval nommé Henri, je décidais de devenir quelqu’un de me forger une destinée, de ne pas être comme les autres nègres qui vivaient dans la plus grande misère, qui acceptaient cette condition que Dieu avait prévu ainsi et attendaient sagement la mort en espérant aller au paradis, car d’après le prêtre Blanc – tous les hommes importants étaient Blancs – Dieu nous créa inferieur aux Blancs et si nous acceptions tous de faire pénitence par esclavage, il nous couvrira de bonheur après notre mort en faisant de nous des Blans, il suffisait de croire en Jésus.

  • Je suis Tsonga. Répondis-je sans hésitation en le regardant dans les yeux avec la même intensité que lui et peut-être un peu plus puisqu’il baissa son regard feignant de boire son verre.
  • Eh bien Tsonga, sache que dès ce soir tu changeras de propriétaire, une vieille amie de Paris est venue vivre ici et a besoin d’un boy donc je t’ai vendu à elle. Dis à tes parents que tu es le boy de la propriétaire du Centre Commercial, mademoiselle Zola, Jacqueline Zola. Tu peux t’en aller.

  Mon sang ne faisait qu’un seul tour.

Lorsque je sortais du bureau, je comprenais que tout allait changer. Je ne connaissais pas cette demoiselle mais je me disais qu’elle allait faire de moi un autre homme ou mieux elle libérerait l’homme qui est en moi. J’avais hâte d’aller y vivre. Je n’avais aucun chagrin pour mes parents, mon bonheur était prioritaire d’ailleurs il l’était pour eux aussi. Je leur annonçais la nouvelle sans aucun détour, ils étaient heureux pour moi. Toutes les femmes de l’arrière-cour me donnèrent à manger. 

Lorsque le soleil se coucha, il emporta mon ancienne vie avec ses rayons.

  • Est-il comme il faut pour ce boulot Alfred ? Demandait une dame avec autorité à M. Des Noix.
  • Il est parfait, tu ne seras pas déçue, répondait-il en me regardant et en se frottant les mains.
  • Bonsoir boy, je suis mademoiselle Zola, Jacqueline Zola. Et toi qui es-tu ?
  • Tsonga. Ravi de faire enfin votre connaissance, je serais pour vous un serviteur dévoué mademoiselle – mais qui était ce lèche-botte qui s’était emparé de moi.
  • Eh bien, tu fais fort pour ton premier jour de travail c’est bien. Alfred, merci pour tout, maintenant je vais pouvoir emménager, j’ai tellement de choses à apprêter.

Avant même que l’on me dise quoi que ce soit, j’avais déjà la valise de mademoiselle Zola sur mes épaules et je la rangeais à l’arrière de la calèche rouge dans laquelle elle était venue. Cette femme était très belle, pas autant que Violette, mais pour son âge – âge que je ne connaissais pas – elle était encore fraiche. Je voyais monsieur Des Noix baver devant elle comme MFoumou (mon chien) devant un os. Elle portait un pantalon, des bottes d’homme, une chemise et un énorme chapeau. Le pantalon faisait ressortir son derrière rebondi, ses hanches parfaites et surtout la minceur de son ventre. C’était un très beau spectacle. Elle serra quelques mains, fit la bise à madame Des Noix qui n’avait pas l’air joyeuse, fit signe de monter à l’arrière de la calèche et se dirigea vers le Centre Commercial à l’autre bout de la ville.

Le terrain sur lequel était bâti le Centre Commercial était très vaste, il appartenait à l’ancien chef du village Mfoumou Tchimbamba Tchibouela. Il céda ses terres à Michel Morpion qui fut le premier Blanc à débarquer ici, toutes les autres terres devinrent à lui car il avait l’art de la parole mais surtout il accompagnait toujours ses paroles d’actes, c’était ce que les plus vieux racontaient. Toutes les terres appartenaient désormais à la famille Morpion ainsi que tous les Noirs du village, les autres Blancs vivant ici nous prenaient en location. Dans la Résidence des Morpion, aucun Noir ni travaillait, chez eux les domestiques sont Blancs tellement ils détestent être en contact avec les Noirs, c’est uniquement pour faire du profit qu’ils étaient en Afrique et faisaient commerce des Noirs.

Le Centre Commercial était le marché des Blancs, il regorgeait de toutes les bonnes choses auxquelles les Noirs n’avaient pas droit. Le bâtiment avait un rez-de-chaussée et un niveau supplémentaire où se trouvait les appartements de mademoiselle Zola. J’y fis monter ses affaires, elle eut du mal à choisir sa chambre, il y avait au total quatre chambres, au final elle prit la plus grande chambre qui avait une terrasse avec une vue imprenable sur la forêt, les montagnes et les rivières. 

Elle me demanda d’en choisir une à mon tour, j’eus aussi du mal car ne voulant pas avoir l’air trop ambitieux. Je lui dis qu’il m’était impossible de choisir alors elle prit la chambre qui était à l’autre bout de l’appartement, lui aussi était grand et confortable mais il donnait sur la prison – c’était surement un message, mais lequel ?

Nous redescendions, elle visitait tous les magasins. Il y en avait au total vingt-quatre, avec quatre stands de plus pour indigènes. Les Noirs qui vendaient au Centre Commercial étaient des artisans, un couturier, des pêcheurs et autres qui avaient de la marchandise pouvant intéresser les Blancs. Ces Noirs étaient respectés dans le quartier indigène. 

A ce temps-là, il y avait deux catégories de Noir. Ceux qui étaient au service exclusif d’une famille de Blanc qui les nourrissait et les logeait comme mes parents et ceux qui étaient indépendants mais pas libres – sachant que tous les Noirs de la ville étaient esclaves des Morpion – leur indépendance faisait qu’il ne travaillait pas pour une famille en particulier. Ils offraient leurs services à qui le volait et le salaire assurait leurs besoins. Au quartier indigène, ils louaient les maisons qu’ils habitaient. L’argent de la location retournait aux Morpion.

  Après avoir tout inspecté, ma patronne me fit appelle dans son bureau.

  • Nous avons fait le tour des magasins et de l’appartement, beaucoup trop de chambres à mon goût. Disait-elle avec un air absent. Nous procéderons à un réaménagement des lieux Tsonga. 
  • D’accord mademoiselle. Acquiesçais-je
  • Avant d’arriver ici j’ai appris que mon nom avait une signification dans votre langue, laquelle ?
  • En kikongo, Zola signifie aime.
  • Ils ne m’ont pas menti. Désormais le Centre Commercial s’appelle « Je vous aime tous » dans ta langue. Traduction s’il te plait.
  • Munu zola béno nionso, ou si vous voulez nous pouvons prendre la forme contractée qui donne « Mu’ zol’ bén’nionso. »
  • Oui je préfère ça « Mou sol bain nionsou. »

Je faisais un effort surhumain pour ne pas éclater de rire. 

  • Il est peut-être mieux de l’appeler “Zolana” qui signifie “s’aimer”.
  • Oui, c’est mieux. Bref demain matin je veux que tu me trouves des hommes et femmes capables qui serviront de main d’œuvre pour la réfection.
  • Combien de personne au total mademoiselle ?
  • Je ne sais pas, à toi d’évaluer combien il en faudra pour que le boulot finisse demain soir. Et je les veux à six heures pétantes et les travaux commenceront trente minutes après.
  • D’accord mademoiselle.
  • Maintenant laisse-moi.
  • Merci mademoiselle, bonne nuit à vous mademoiselle.
  • Humm

Les travaux furent exécutés dans le temps imparti et tous les ouvriers que j’avais conviés furent grassement payer. Ils me remercièrent de toutes les façons qu’ils purent, mon nom commençait à retentir dans le quartier indigène. Ils me surnommaient « A pesaka mosala », ce qui voulait dire « le donneur d’emploi. » 

Les mois passèrent et mon travail au Centre Commercial prenait de plus en plus de place. Je ne trouvais plus vraiment d’occasions pour rencontrer Violette alors lorsqu’une se présenta nous sautions dessus sans hésitation. 

Violette et son mari vivaient au campement pas très loin de la ville où nous étions, John y était Commandant. Mademoiselle Zola voulait visiter la région et pendant tout un weekend « Zolana » fermera. Les gens se plaignaient mais elle s’en foutait. Nous prîmes la calèche et foncèrent au campement militaire. 

Le Commandant nous recevait chez lui. 

Pendant que les Blancs dînaient, je préparais mon lit de foin car je dormais avec les chevaux cette nuit-là. Je m’asseyais comme un bébé, le foin était moins confortable que mon lit chez mademoiselle Zola mais ce n’était pas ça qui allait m’empêcher de dormir.

  • Hé ! réveille toi, gros paresseux. Me disait une voix de femme.

Je ne réagissais pas. Des mains douces commencèrent à caresser ma poitrine, j’ouvrais un œil et je distinguais parfaitement la silhouette de Violette. Nous ne nous étions pas vus depuis près de trois mois. Elle était plus belle et passionnée que d’habitude. C’était une bonne chose car je l’étais aussi.

  • Bonsoir Violette, murmurai-je.
  • Je suis vexée, mes caresses ne t’excitent pas ou peut-être que cette femme a pris tes couilles.
  • Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?
  • J’ai vu comment tu lui léchais les bottes. 

Elle posa un baisé dans mon cou et commença à me lécher l’oreille.  

  • C’est ma patronne, et tu ne devrais pas être jalouse, toi c’est tout ton corps que je lèche.
  • Jusque-là je ne vois pas ta langue faire son boulot. 

  Elle descendit vers ma poitrine, fit tournoyer sa langue sur mon téton et le mordit. La douleur réveillait en moi le désir. Sa main gauche caressait mon entrejambe et l’autre était sur sa poitrine. Je commençais à durcir dans mon pantalon. Elle m’embrassa, ses lèvres étaient chaudes, juteuses, elles avaient le goût du vin, la sensation de ses lèvres contre les miennes était exquise. Elle m’embrassait lentement, à me faire mourir d’envie. Le plaisir se décuplait lorsqu’elle glissa sa main dans mon pantalon et se saisit de mon pénis, elle le massait, au même rythme qu’elle m’embrassait, de haut en bas. J’étais au bord de l’implosion. 

Puis j’entendis retentir le bruit d’un canon, je ne sentais plus mes membres, ni les caresses délicieuses que me prodiguait Violette, j’avais froid pendant un cours instant et je ne voyais plus rien, tout était sombre, je me sentais me vider et je sentais au loin comme une source de chaleur et instinctivement je marchais vers elle ou peut-être que je volais, je ne sais pas mais la chaleur devenait de plus en plus intense. Je ne pouvais plus rien faire, je n’entendais plus Violette, je ne pouvais plus parler, je ne comprenais pas.

Je bande donc je suis.

Le 02 Juin 2021, j’ai eu 25 ans et je me rends compte que ça fait 25 ans que je vis avec un pénis ! Je pense sincèrement que c’est un exploit, oui je suis sérieux, c’est un exploit parce que j’ai vécu plus de la moitié de ma vie sans comprendre cette partie de mon corps tout en étant défini par elle. Etonnant n’est-ce pas ?

En effet en tant qu’homme, mon appareil génital n’est pas juste un organe mais aussi un élément justificatif de ma place dans la société, j’ai très tôt compris qu’avoir cette merveille entre les jambes me donnait des droits et des devoirs auxquels je ne pouvais échapper cependant j’ai longtemps ignoré tout ce qu’il fallait savoir sur cette partie de mon corps, je pense que je me suis posé beaucoup plus de questions sur Dieu que sur mon pénis pas parce que Dieu est plus important (ce qui aurait été normal) mais parce que contrairement à Dieu, je prenais pour acquis, pour vrai, tout ce que les autres me disaient sur l’appareil génital masculin. Etonnant n’est-ce pas ?

J’ai compris que la présence du pénis entre mes jambes me donnait des droits et des devoirs lorsqu’en 2003, j’assistais de façon proche et lointaine (difficile à expliquer, ça mérite tout un article) à une cérémonie de circoncision des Bakouélés, un peuple de la Sangha au Congo Brazzaville, dans la ville de Ouesso.

Chez eux cette cérémonie s’appelle béka et se pratique sur les garçons à la puberté, il ne s’agissait pas simplement d’ôter le prépuce, il s’agissait d’apprendre à être un homme, pendant plusieurs jours les futurs circoncis suivaient une initiation longues et douloureuses (de ce que je voyais) dans les bois en périphérie de la ville, le fils de nos voisins étaient l’un des futurs circoncis, il avait 12 ou 13 ans.

J’étais un enfant mais je comprenais très bien les enjeux de cette pratique, l’atmosphère dans la ville était tellement pesante que nul ne pouvait faire semblant d’ignorer ou de ne pas comprendre ce qui se passait, ce qui se jouait.

A la fin de l’initiation, la circoncision en elle-même se faisait au milieu d’un grand espace qui servait de lieu de célébration et de terrain de football, tout le monde était convié à assister à l’événement. Les futurs circoncis avaient obligation de ne montrer aucun signe d’inconfort par rapport à la douleur, celui qui allait en montrer verrait sa circoncision considéré comme nulle et sera mis en marge de la société. Les vaillants qui allaient garder la tête haute, auraient droit de se marier et vivre pleinement dans la société en bénéficiant des privilèges dus aux hommes.

Quelques années plus tard, j’ai retrouvé cette même cérémonie à quelques différences très significatives dans la première partie de la série Racines (Roots), lorsque Kunta Kinté a été lui aussi être circoncis. Ces expériences m’ont fait comprendre ce qu’est la virilité dans le sens le plus basique du terme.

La virilité voit sa définition, sa compréhension, évolué dans le temps et dans l’espace mais une chose demeure constante c’est l’érection. En vrai la virilité commence par une érection, un homme viril c’est un homme capable d’avoir une érection. Peu importe son physique, son intelligence, son intégrité, un homme peut manquer de toutes les caractéristiques sociales qui définissent selon une société X ce qu’est la virilité, tant qu’il bande, tout va bien.

Alors le premier défi en tant qu’homme, ce n’est pas d’être courageux, honorable etc, non le premier défi s’est d’être capable de bander.

C’est pourquoi dans certaines traditions africaines, il y a une pratique qui consiste à sucer ou caresser le pénis du nourrisson afin de s’assurer de lui donner de la vigueur, afin de constater qu’il est vigoureux. (Coucou à ceux qui ont découvert cette pratique en Mai 2021 sur Twitter ou Facebook.)

Perso, j’ai très vite vérifié tout seul si j’étais capable de bander et le test a été positif mais je ne savais pas que j’étais encore au début de l’effort.

Bander c’est bien mais ce n’est pas tout car la virilité c’est aussi la puissance, notamment la puissance sexuelle. Il ne suffit pas de bander, il faut être performant au cours des rapports sexuels et c’est là qu’intervient la question de la taille de l’engin.

D’ailleurs…

« Est-ce que la taille compte ? »

Je n’ai aucune statistique mais je suis sûr que la réponse à cette question inquiète plus les hommes que celle de savoir s’ils seront de bons époux et pères, ou de savoir si Dieu existe, bon je vais parler uniquement pour moi.

Je ne sais plus à quand remonte mon complexe, ma honte, par rapport à la taille de mon pénis mais à cette question particulière j’ai toujours pensé que « oui, la taille compte » et que « non, mon pénis n’a pas la taille qu’il faut. »

Ce complexe s’est cristallisé en 4ème lorsqu’un ami a fièrement sorti son pénis devant moi pour se masturber, j’ai été marqué par cet événement, son pénis était exactement comme ce que me laissaient penser les gens qui faisaient les éloges des gros pénis, bien grand, bien long, bien dur et tout noir ! Sans oublier les longues veines apparentes sur le tronc du machin, jééééésus !

Son pénis était devenu tel un objectif inatteignable, sans être en érection il faisait déjà quatre fois la taille du mien, c’était une révélation. Avant cet événement je m’intéressais aux différentes astuces pour avoir un grand pénis, je ne les utilisais pas parce que je n’avais pas suffisamment de courage pour aller au bout de la démarche mais je m’informais beaucoup sur le sujet. Sauf qu’en voyant son pénis, j’ai compris que c’était un objectif inutile, que je n’avais pas à chercher à en avoir une grosse, que c’était impossible, que je devais me contenter de celui que j’avais au risque de décevoir les femmes.

Rappelons qu’avant la quatrième, j’avais déjà eu des rapports sexuels mais c’était toujours dans des situations incongrues flirtant avec l’abus sexuel sur ma personne, je n’avais jamais encore fait la démarche de séduire une femme pour construire une relation ou juste avoir une partie de jambe en l’air.

Dans mes relations sexuelles qui suivirent, je refusais de me tenir nu devant une femme tant que je n’étais pas en érection et même lorsque j’étais en érection, je ne laissais pas la fille regarder mon engin ou le toucher. J’avais honte de mon corps, de ma nudité, de moi. Aussi, je ne m’inquiétais pas de mes performances parce que j’avais déjà intégré que je n’étais pas performant.

Voilà, il était inutile de compter sur moi !

Toutefois au grès des rencontres et de la réciprocité des sentiments, pas forcément amoureux, juste le feeling émotionnel avant-pendant-et-après l’acte m’a fait me rendre compte qu’il fallait quand-même un minimum de participation à cette entreprise pour le plaisir de l’autre, de nous deux, puisque moi-même à vrai dire ne prenais aucun plaisir.

Même ma fidèle amie, la masturbation, ne pouvait pas m’apporter le seizième du quart de ce que je voulais ressentir, je n’étais pas frustré sexuellement, j’étais résigné à ne pas faire-espérer-obtenir plus.

Considérant mon pénis comme incapable de m’apporter le meilleur de moi-même, je me suis alors tourné vers des méthodes un peu plus participatives, j’ai commencé à me construire une sexualité nonphallocentrée.

La sexualité phallocentrée est celle qui débute par une pénétration et se termine par une éjaculation, c’est le coït. Cette sexualité tournant autour des capacités physiques masculines, des compétences masculines, n’est absolument pas pour moi. Cette sexualité qui veut que l’homme ait un pénis large, soit endurant et bien d’autres attributs lui permettant de faire la démonstration de sa virilité, ne me convenait pas.

Je me suis tourné vers une sexualité centrée sur le ressenti de chaque partenaire, celle du sensationnelle. En fait ma sexualité c’est celle qu’on appelle communément préliminaire mais les vielles habitudes ayant la peau dure, j’avais du mal à pleinement vivre cette forme de sexualité car les femmes que je rencontrais étaient toutes dans la logique du coït…

Avant même le coronavirus, j’ai eu plus de rapports sexuels au téléphone qu’en présentiel et ça a été magique à chaque fois !

Au-delà de la sexualité, ma relation avec mon pénis m’a aussi conduit vers un questionnement des rôles sociaux puisque c’est à cause ou grâce de/à lui que pèse sur moi le poids d’une masculinité dans un système patriarcal, une masculinité de domination.

Et nous aurons pleinement le temps de converser à ce propos dans d’autres articles certainement.

Alors on fait le bilan !

Malgré toutes mes interrogations, toutes mes remises en question, je demeure à ce jour mal informé, sous informé sur cet outil qu’est le pénis.

J’ignore encore l’ensemble des maladies dont pourraient souffrir cette partie de mon corps sachant qu’au primaire j’ai eu une chaude pisse, c’est assez inquiétant que je ne sois jamais allé voir un urologue, d’ailleurs combien d’hommes sont déjà allés en voir un, combien savent ce qu’est un urologue et j’irai même plus loin est-ce que réellement il y a des gens qui sont diplômés dans ce domaine ?

Je m’intéresse beaucoup au genre de père que je veux être mais je ne sais même pas si je suis capable de procréer, après tout l’appareil génital sert d’abord à générer des bébés et tout comme l’on prend pour acquis sa capacité à performer pendant un rapport sexuel car penser le contraire suppose ne pas croire en sa propre virilité, l’homme prend aussi pour acquis sa capacité à procréer, c’est pourquoi lorsqu’après un mariage les grossesses et naissances ne s’enchaînent pas, les accusations se déchaînent sur les épouses…

Je continue de m’interroger sur mon corps et d’améliorer mes rapports conflictuelles avec cette partie importante de mon corps, aussi importante que toutes les autres. Ce cheminement, je pense devrait être fait concernant toutes les parties de nos corps et j’espère pouvoir aller au bout de cette démarche.

Aujourd’hui, après 25 ans de vie avec mon pénis, j’ai appris qu’il était un pénis de sang, j’ai appris à le nettoyer convenablement, j’ai appris à le traiter avec délicatesse, j’ai appris à ne pas le considérer un outil de création, j’ai appris à l’aimer et le chérir dans les limites de ce dont il est capable et disposé à m’offrir, j’ai appris qu’il existe des méthodes contraceptives pour homme et je suis prêt à les essayer.

Aujourd’hui je n’ai plus aucun complexe par rapport à mon pénis, par rapport à mon corps, je me suis même déjà surpris à envoyer des nudes de moi sans érection, j’aime être regardé, j’aime que l’autre admire mon corps svelte, dans toute sa maigreur, qu’elle pose ses yeux sur ma banane et qu’elle décide s’il est à son goût ou pas.

Je me sens tellement libre.

Chacun vit sa sexualité comme il veut mais je voudrais inviter tous les mecs qui se sentent mal de ne pas être sexuellement à la hauteur à se déculpabiliser, n’oubliez pas qu’aucun d’entre n’est né avec la capacité de savoir bien faire l’amour, nous sommes tous des apprentis et même lorsqu’on a des années de pratique derrière soi, chaque rapport sexuel est une nouvelle expérience, une découverte, un apprentissage alors ayez à l’esprit que vous y allez pour apprendre et vous amusez.

Que la trique soit avec vous !


P.S : En 2010, Paul MEKANN BOUV-HEZ a écrit un livre sur son expérience de la circoncision, je n’ai pas lu le livre mais je vous le recommande quand même. Le livre s’intitule « La circoncision chez les bakouélés du Congo Brazzaville » (D’ailleurs c’est grâce au titre que j’ai su le nom de l’ethnie sinon en vrai je ne savais pas, je pensais que c’était des Mboshis lol.)

P.S.S : En parlant de sexe, j’ai écrit 3 livres érotiques que je vous invite à commander ici.

Culture Du Viol 2

Nous vivons dans une société qui a donné aux hommes, au masculin, le pouvoir ou plutôt le droit de disposer à leur guise du corps de la femme.

Et les femmes, le féminin, ont le devoir d’être toujours disponible physiquement pour les hommes.

(Je parle évidemment de rapport sexuel, au cas où)

Cette disposition des choses implique purement et simplement qu’un homme peut assouvir ses besoins sexuels à tout moment avec toutes femmes.

Mais nous ne sommes pas des animaux donc nous avons réglementé que le rapport sexuel n’est bien qu’après le mariage (la cérémonie bien sûr).

Pour faire simple l’époux a le droit de coucher avec son épouse qu’elle soit consentante ou pas car celle-ci a le devoir d’être disponible pour lui . Son avis n’est qu’une formalité facultative.

De ce fait les hommes qui couchent avec des femmes, qui ne sont pas leurs épouses, sans leur consentement sont dans l’abus de pouvoir ou plutôt utilisent leur pouvoir dans un cadre non réglementé et c’est en cela qu’ils agissent mal.

Le viol n’est pas puni ou condamné, en réalité ce qui est socialement et moralement condamné c’est le fait de coucher hors mariage mais ce n’est pas quelque chose de sanctionner.

Aucune loi n’interdit d’avoir des rapports hors mariage et aucune sanction n’est prévue contre l’homme qui fornique tandis que le Kourou des Dieux et des hommes pèsent sur la femme qui fait idem.

Le problème avec le viol va au-delà de l’acte sexuel sans consentement, il est directement lié à la perception que la société a des rapports sexuels et plus encore de la perception que la société a des rapports homme-femme.

C’est d’ailleurs pourquoi il est impossible sinon improbable de traiter les affaires de viol impliquant victime mâle et coupable femelle.

Cela apparaît comme une grosse blague, comment la femme soumise et faible, par excellence, va abuser sexuellement d’un homme, représentant plénipotentiaire de Dieu sur Terre ?!!!

Pour résoudre efficacement le problème du viol, il faut résoudre aussi le problème de perception des rapports sexuels et de perception des rapports homme-femme.

Voter des lois pour condamner fermement et durement cet acte ne suffit malheureusement pas car il y’a d’innombrables cas de viol qui n’arrive pas devant le tribunal pour divers raisons dont celle des perceptions dont j’ai parlé plus haut.

L’éducation est la clé.

Apprendre aux uns et aux autres que nul n’est au dessus de l’autre et que nul ne peut disposer de l’autre.

Apprendre la notion du consentement aux uns et aux autres.

C’est pour cela que j’ai les yeux brûlants, pour faire cet apprentissage pour moi-même et ceux qui voudront bien me lire.

Nous ne sommes pas au bout de nos peines malheureusement.
Mais parcourir le chemin est tout aussi important qu’arriver à destination.

Alors allons-y !

Je suis un homme brisé

(Article publié par moi sur Facebook le 25 Juin 2019)

Mon premier roman, publié le 06 Novembre 2017, parle du viol et tous mes autres écrits traitent d’une certaine façon de la sexualité

Depuis un certain temps, je prends énormément position pour les droits des femmes et contre les violences faites à celles-ci

Je prends de plus en plus conscience de moi-même et de ma place dans ce monde

Cependant je souffre intérieurement d’un mal tellement profond que j’ai parfois l’habitude de croire que c’est le fruit de mon imagination

J’ai décidé de me laisser aller et d’extérioriser ma douleur, peut-être qu’elle deviendra plus réelle et moins pesante

L’année dernière, j’ai revu une amie avec qui j’ai fait la 6ème et la 5ème, nous avons discuté de plein de choses et surtout de nos souvenirs d’école

Elle m’a raconté comment un jour, j’ai soulevé sa jupe au milieu de la cours devant tous les autres gens de la classe, elle m’a dit à quel point elle s’est sentie humilié ce jour-là et je n’ai pas trouvé les mots pour lui demander de m’excuser

Voilà le genre de personnes que j’étais ou que je suis, je ne sais pas

Je me donnais le droit de toucher les filles à l’école comme bon me semblait, il n’y a pas une seule belle fille avec qui j’ai été à l’école que je n’ai pas touché même sans qu’elle s’en rende compte

Pour pousser le vice plus loin, lorsque j’étais en 5ème, une collègue de classe avait pour habitude de venir regarder la série Marina chez moi, un jour je lui ai tendu un guet-apens

Après avoir regardé la série, je l’ai invité dans ma chambre, elle a refusé, j’ai quand-même pu la convaincre de me suivre mais une fois devant la porte elle refusa d’entrée alors je l’ai embrassé et poser sur le sol du couloir et j’ai tenté de la déshabiller, elle me repoussa de toutes ses forces et réussi à quitter la maison

Le lendemain à l’école, j’avais honte et peur que les autres l’apprennent mais elle ne dit absolument rien

J’en ai moi-même parlé à des amis et ils se sont moqués de moi, ils me dirent que je n’étais pas un homme, que c’était anormal que je laisse une fille arrivée jusqu’à la porte de ma chambre sans qu’il ne se passe quelque chose

Au fond de moi, j’avais honte de mon comportement, j’avais honte de ne pas être un vrai homme et j’ai eu plusieurs fois l’occasion de prouver que j’en étais pas un

De nombreuses fois, je me suis retrouvé nez à nez entre quatre murs avec une femme et je n’ai pas couché avec elle. Ce n’est pas un exploit, mais le fait est qu’à chaque fois l’on me disait ne pas être un homme, un vrai, avant ça me faisait mal jusqu’à ce que je décide de considérer que c’était mal

J’ai eu beaucoup d’expériences sexuelles, j’ai connu très tôt ce qu’est et comment se passe un rapport sexuel

Officiellement, j’ai perdu ma virginité à 11 ans, mais officieusement ça s’est passé beaucoup plus tôt, très tôt, trop tôt

Et j’en étais fier, j’étais fier lorsqu’au collège on parlait de sexe et moi j’étais le seul à ne pas être puceau, c’était le pied

Mon premier rapport sexuel, si on peut appeler ça ainsi, je l’ai eu avant mon sixième anniversaire

Mes souvenirs sont flous concernant ce moment, tellement flou que parfois je me dis que c’est une histoire que j’ai inventé, le fruit de mon imagination débordante

J’étais à la maternelle, c’était à Pointe-Noire, je ne sais plus qui était la fille mais elle était beaucoup plus âgé que moi, certainement une adolescente déjà, et nous sommes de la même famille ou du moins c’est une amie à la famille, je pense, je ne sais plus

Je ne sais plus comment ou combien de fois mais cette fille m’avait dit que c’était un jeu, elle jouait avec mon zizi et moi avec sa zézétte

Ai-je eu mal ? Non. Étais-je consentent ? Je ne sais pas mais j’étais trop jeune pour savoir quoi que ce soit

J’en ai parlé à personne, j’ai préféré oublier et enterrer, c’est seulement en grandissant, en reparlant de sexe avec les autres que j’ai compris que j’avais déjà pratiqué la chose et cela me revenait peu à peu en mémoire

Suis-je une victime ? Suis-je un bourreau ? Devrais-je en parler ? Devrais-je me taire ?

Après lecture de ceci, vous ne me verrez certainement plus de la même façon, d’ailleurs après avoir écrit et publié ceci, je ne me vois plus de la même façon

J’écris ces choses personnelles, privées, tout en sachant que je suis ami sur Facebook avec des membres de ma famille ainsi que des ami.e.s qui n’ont jamais entendu ces histoires surtout mon père et ma mère

Néanmoins j’écris et publie ces choses parce que j’avais besoin de parler, ensuite parce que les crimes sexuels sont dévastateurs mais sont terriblement banaliser

Le tabou derrière le sexe ne rend service à personne à part aux Prédateurs et Prédatrices Sexuel.le.s

Il faut que la parole se libère, il faut que l’on sensibilise sur la sexualité et ses abus

Il faut que l’on cesse de stigmatiser les victimes, de les bâillonner, il faut que l’on cesse de protéger les coupables

Il faut que disparaisse la masculinité toxique, cette masculinité qui vise à entretenir et encourager les vices de l’homme, surtout à priver ce dernier de son humanité

L’homme ne pleure pas, l’homme est fort, l’homme est fier, l’homme est puissant, l’homme est protecteur, l’homme l’homme l’homme

Et pendant ce temps l’homme est violé mais ne peut rien dire, l’homme est battu mais ne peut rien dire, l’homme est dépressif mais ne peut rien dire, l’homme est à genou, écroué mais ne peut rien dire

En pensant faire preuve de puissances, l’homme brutalise et viole, la configuration des choses le lui permet, il est autorisé à agir ainsi

Des vies sont détruites, la mienne aurait pu l’être, ce poison qui est en moi et contre lequel je n’ai jamais vraiment lutté aurait pu faire de moi un monstrueux personnage

Je tente tant bien que mal de me sortir la tête de l’eau et participer à la création d’une société où cette ignominie ne me serait jamais arrivé, une société où je ne m’en sentirai pas à l’aise de soulever les jupes des filles ou d’essayer contre leur gré de coucher avec elles

Je vais terminer mon propos par un mea-culpa

JE M’EXCUSE PROFONDÉMENT AUPRÈS DE TOUTES LES PERSONNES QUE J’AI BLESSÉ PAR MON COMPORTEMENT, RIEN N’EXCUSE, RIEN NE JUSTIFIE, RIEN NE M’AUTORISAIT À AGIR DE LA SORTE, J’EN SUIS ENCORE UNE FOIS DÉSOLÉ

LES MOTS NE SERONT JAMAIS SUFFISANT POUR EXPRIMER TOUTE MA PEINE, JE NE PENSE PAS MÉRITER LE PARDON OU LA PITIÉ.

JE DÉDIE MA VIE À LA RÉPARATION DE MES TORTS

PLUS JAMAIS ÇA !