Lorsque les traditions deviennent prétextes d’asservissement

Avez-vous déjà été confronté à une situation où la tradition nuisait votre épanouissement personnel, bloquait vos aspirations ?

Moi ça m’est arrivé en 2014 lors d’une discussion à huit clos au Parlement des Jeunes, l’on m’a refusé la parole pour la donner à un type plus âgé que moi sous prétexte que « lorsque la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau. »

Le respect des aînés, c’est bien, c’est magnifique, moi-même j’adore le fait de savoir que dans ma tradition naître avant l’autre nous confère un certain pouvoir puisque je suis le premier né de mes parents, l’aîné de la famille donc le chef.

Mais ce jour-là il n’était pas question d’âge, ni de famille, il était question d’idées et sans manquer de respect à cet aîné, j’avais de meilleures idées que lui, d’ailleurs tout ce qu’il a dit pendant que j’étais silencieux à confirmer cela.

Si seulement on s’était contenté ce jour-là de me faire parler en dernière position ça ne m’aurait pas dérangé mais on m’a carrément refusé la parole. Je n’ai eu aucune occasion d’exprimer mes idées, elles sont restées avec moi et elles sont mortes avec moi car la frustration, la colère de ne pas être entendu à tuer ma volonté, mon désir de participer.

Les traditions ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont encore moins immuables, elles s’accordent au désir et aspirations des humains en fonction des époques et des circonstances, ce n’est pas aux humains de s’accorder à elle.

La tradition ce n’est pas le climat ou la végétation pour dire qu’on ne peut rien faire lorsqu’elle est en inadéquation avec les individus ou lorsque les individus sont en inadéquation avec elle. C’est à elle de s’adapter, pas à nous.

Ce que j’ai décrit à propos du droit d’aînesse traditionnel africain qui empêche l’émergence d’une gouvernance par la jeunesse, nombreux l’ont déjà vécu et s’insurgent contre cela quotidiennement mais il suffit de parler des droits des femmes pour qu’ils se souviennent que la tradition a une importance capitale et ne doit pas être changé au risque de se perdre !

L’instrumentalisation de la tradition, d’ailleurs pourquoi l’appeler tradition ? Disons simplement normes sociales car c’est ce qu’elles sont : des normes sociales.

L’instrumentalisation des normes sociales pour justifier et perpétuer des systèmes de domination et de déshumanisation, ne passera pas. Chaque être humain mérite de part sa simple condition humaine tous les droits et devoirs inhérents à cette condition.

Il n’y a pas à restreindre les droits des gens sous prétexte qu’ils sont différents. Je pense notamment aux albinos dans certaines régions d’Afrique, aux handicapés moteurs, aux malvoyants, malentendants, aux pygmées et j’en passe qui sont privés des droits les plus élémentaires à cause de leurs différences.

La tradition ne peut pas être le fer de lance de l’injustice, elle est le socle de la justice c’est pourquoi elle doit s’adapter pour demeurer juste. Il ne sert à rien de continuer une coutume uniquement parce qu’elle existe depuis longtemps, parce que nos ancêtres faisaient la même chose, si cette coutume n’a plus d’utilité aujourd’hui que ce soit pratique et même symbolique.

Rien que de 2010 à 2020 nos sociétés ont changé et nous avons acquis de nouvelles habitudes qui ne sont rien d’autres que des coutumes et des traditions, aujourd’hui nous ne les considérons pas comme tel mais elles le seront bientôt et je viens du future pour vous l’annoncer lol.

Plus sérieusement, je suis un progressiste libéral, je l’assume et je comprends ceux qui sont conservateurs après tout que nous restera-t-il de nos prédécesseurs si on remplace tout par souci de progresser ? Je pourrais répondre qu’il nous restera notre ADN mais c’est peut-être insuffisant alors je vais répondre qu’il nous restera au mieux leur expériences que nous pourrons observer/exploiter en continu dans les musées et au pire rien.

En ce qui me concerne, ça ne me dérange pas mais ceux qui sont dérangés par la peur de perdre leurs coutumes devraient faire l’effort de la remise en question afin de mettre fin aux pratiques qui asservissent leurs semblables, afin d’œuvrer au bienêtre de tous.

Aucun humain n’est libre si d’autres souffrent.

Gloire Wanief, 14/08/2020

« LES FEMMES DOIVENT SE BATTRE »

Ce matin, j’ai vu un commentaire sur une publication dont j’ai oublié l’auteur qui disait en substance que les femmes doivent se battre comme les hommes pour mériter une place et que rien ne leur sera cédé…

Ce commentaire vient rejoindre les nombreuses tirades que j’ai lu ou entendu depuis toujours au sujet des droits des femmes, au sujet de la place des femmes dans la société… Il y a toujours ce propos récurrent qui sous-entend que les femmes sont responsables de leur situation car elles ne se battent pas pour que cela change.

D’abord une question, quelle bataille les hommes ont-ils mené et remporté pour être les chefs dans la famille et par extension dans la société ?

Si la domination de l’homme sur la femme est un fait divin, une décision ou une disposition de Dieu depuis la création alors les hommes n’ont aucun mérite, les hommes n’ont mené et remporté aucune bataille.

Bon ceux qui ne croient pas en Dieu pourraient plutôt considérer que cette domination est un fait naturel, une disposition aléatoire de la nature comme la couleur des yeux ou le résultat d’une sélection progressive liée à l’environnement comme la couleur de la peau.

Dans les deux cas l’homme n’a aucun mérite et n’a mené aucune bataille particulière pour être considéré comme chef de la famille et de la société par extension. Ça lui est tombé dessus comme ça et lui-même doit se débrouiller avec, tout le monde doit se débrouiller avec.

Et si l’on reste figer dans ces deux cas de figure, l’on peut dire que c’est peine perdue, que le combat pour l’égalité des sexes est peine perdue dans la mesure où il s’agit de lutter contre une chose naturelle donc dépendante de la volonté de personnes. Le coq ne pourra jamais devenir un aigle et il ne peut même pas le désirer, sa nature est d’être un coq et il ne peut pas aller contre sa nature.

Cela suppose alors que la lutte pour l’égalité des sexes est une lutte contre nature…

Mais il y a une réalité intéressante derrière tout ça c’est que l’humain, tout comme les autres éléments qui composent l’univers, ne peut pas aller contre sa propre nature.

Chaque action, chaque désir, chaque réalisation humaine sont possibles parce que c’est dans la nature humaine de rendre ces choses possibles. C’est naturel que l’humain veuille voler comme un aigle et pour réussir à voler, l’humain utilise ses capacités cognitives pour inventer une technologie qui va lui permettre de voler contrairement au coq qui n’a aucune alternative face à son incapacité à voler tel un aigle alors il ne peut donc le désirer, le coq se contente de sa situation sans espérer quoi que ce soit. Et il en est heureux.

Cela nous emmène donc à réfuter l’hypothèse d’un fait naturel ou divin concernant la domination masculine dans la sphère privée et publique, puisque les femmes désirent un changement de paradigme et ont réussi à entraîner un changement de paradigme, sans oublier que de nombreuses sociétés ont fonctionné avec des paradigmes différents du patriarcat.

Cette domination devient un fait social, une technologie mise en place par les humains grâce à nos capacités cognitives. Telle la technologie mise en place pour imiter ou reproduire les balades aériennes de l’aigle. L’humain a imaginé un ou des systèmes pour organiser la vie en groupe.

Dans ce cas de figure, deux hypothèses peuvent être mise en avant, plusieurs même mais on va se limiter à deux.

Premièrement, l’on peut considérer que le patriarcat est un contrat social, un accord entre homme et femme pour administrer la cité, accord que les hommes ont trahi de par leurs abus.

Ici aussi on peut dire que l’homme ne s’est pas battu pour être où il est, sa position est une faveur, le fruit d’un contrat qui le lie à la femme et en employant sa force contre la femme, celle-ci est en droit de rompre le contrat et exiger une renégociation des termes afin de placer l’égalité en droit en lieu et place d’une domination masculine.

Deuxièmement, considérons qu’il n’y avait aucun accord, aucun contrat, que les hommes ont imposé leurs volontés aux femmes afin d’obtenir le statut de chef de famille et de la société par extension.

Alors les violences conjugales et sexuelles ne sont plus simplement des abus de pouvoir mais des instruments de domination, des armes d’asservissement des femmes.

Ici on peut dire que oui, l’homme s’est battu, ou plutôt l’homme a battu la femme…

Dans ce cas, nous sommes dans une guerre des sexes instaurée par les hommes contre laquelle les femmes ripostent.

Ce qui est étrange c’est que les personnes qui demandent aux femmes de se battre comme des hommes sont les mêmes qui s’indignent que soi-disant le féminisme vient apprendre aux femmes à devenir des hommes, ce sont les mêmes personnes qui estiment que les femmes ne doivent pas devenir comme les hommes !

Alors si les femmes ne doivent pas devenir des hommes et que le seul moyen pour elles d’être respectée s’est de se battre comme les hommes ! Comment arriveront-elles à obtenir le respect et la considération qui leur sont dues en tant qu’humaine et citoyenne ?

Sincèrement c’est une vraie question que je vous pose, que je me pose ?

Est-ce qu’implicitement ces personnes veulent dire que la position de l’homme est la seule qui mérite respect et considération inconditionnelle ? Je pense que oui, mais ne vendons pas tout de suite la peau de l’ours ou de l’agouti (restons africain) …

Pour ma part, je pense que nous ne devons pas attendre que TOUTES les femmes posent des actions particulières, qu’elles se battent comme des hommes pour leur accorder, leur céder, ce qu’elles méritent !

Tous les hommes n’ont pas participé aux grandes batailles qui ont conduit l’humanité là où elle est aujourd’hui mais tous les hommes récoltent les lauriers, les fruits, les honneurs de ces luttes passées. L’on accorde à un homme du respect et de la considération avant de constater s’il est productif ou pas, s’il est un battant ou pas.

Mais lorsqu’il s’agit des femmes, l’on veut qu’elles soulèvent douze montagnes avec le bout du nez avant de leur accorder un seizième du quart du respect qu’elles méritent réellement et là encore ça dépend de si elles avaient porté des vêtements décents ou pas (lol) …

Evidemment chaque individu doit faire ses preuves, montrer que l’on a les capacités nécessaires pour bénéficier de telle ou telle chose, c’est la vie en société qui nous l’impose pour éviter l’anarchie. C’est pourquoi à compétences égales, l’on doit recevoir un traitement égal.

Mais lorsque certains individus obtiennent des faveurs sans prouver quoi que ce soit, c’est là qu’il y a injustice. Ou alors lorsque d’autres malgré les preuves palpables de leurs compétences, sont aussitôt disqualifiés, reçoivent des avis défavorables.   C’est là qu’il y a injustice.

Refuser d’engager une femme dans son entreprise parce qu’elle ne possède aucune des qualifications que l’on recherche et choisir un homme parce qu’il a remplit tous les critères demandés, c’est juste.

Et si à contrario c’est la femme qui est plus compétente et qu’elle est choisie, c’est toujours la justice.

Les femmes méritent les mêmes droits que les hommes.

Non, cette phrase est assez problématique. Elle renvoie à cette idée complétement barrée qui suppose que les femmes veulent simplement imiter les hommes, devenir des hommes. Alors je vais reformuler.

Tous les humains, sans distinction aucune, méritent les mêmes droits du simple fait de leurs existences.

Les femmes n’ont pas à se battre comme les hommes ou six fois plus que les hommes pour être considérée. Elles sont déjà nées, c’est la seule bataille que nous avons tous réellement remporté de ce fait elles méritent tout.

Pour aller plus loin avant que l’on me parle des différences naturelles inhérentes à chaque sexe, il est important de préciser que l’égalité des sexes renvoie à l’égalité des droits, il s’agit d’une notion théorique sur la façon que chaque individu doit être considéré.

Cependant cette notion d’égalité ne vient pas gommer les différences entre chaque individu. Elle vient puiser dans ce que nous avons tous en commun : notre humanité.

C’est parce que nous sommes tous humains que nous devons tous pouvoir décider de qui va nous diriger, c’est le droit de vote.

Mais bien qu’étant tous humains certains n’ont pas la capacité de comprendre ce qu’est le vote, ce qu’est une élection, ce que doit faire un dirigeant, du fait de leur jeune âge, c’est pourquoi à ses personnes l’on n’a pas accordé le droit de vote mais ce n’est pas définitif puisque la société prend le temps de leur apprendre ce qu’est le vote afin qu’eux aussi puissent jouir de façon pleine entière et consciencieuse de ce droit.

Autres différences, la différence biologique : cas de la grossesse.

La grossesse est un état qui touche physiquement uniquement les femmes, sauf cas exceptionnel où le géniteur ressent les douleurs de la grossesse, cela implique que concernant tout ce qui tourne autour de la grossesse, les lois et autres règles sociales seront uniquement tournés vers la femme. Cela n’est pas injuste pour les hommes puisqu’ils ne sont pas directement impactés par la situation, il est normal d’accorder aux femmes une période de repos après l’accouchement, non seulement pour s’occuper de l’enfant mais aussi pour récupérer des forces.

Ce qui était injuste, c’était de priver les femmes de la possibilité de travailler parce que potentiellement elles seront enceintes, donc peut-être en difficulté physique pendant neuf mois.

Toutefois l’on ne peut pas nier l’impact psychologique de la grossesse sur les hommes donc il faut permettre aux hommes d’obtenir pendant et après la grossesse un moment de repos où ils pourront nouer des liens avec leurs enfants et leurs femmes mais aussi porter assistance à ces dernières.

Il doit aussi exister des dispositions particulières pour les personnes à mobilité réduites et bien d’autres cas particuliers qui sont les différences naturelles entre tous les humains car nous ne sommes absolument pas tous identiques. Nous sommes simplement des semblables.

Semblable : terme intéressant utilisé dans la Bible pour désigner la femme avant sa création mais ne digressons pas. Merci…

L’on ne peut pas prendre en considération les particularités de chacun et y apporter des solutions adéquates si l’on estime que ces personnes sont moins importantes à cause de leurs différences.

Dans certaines sociétés, l’on considère que les femmes sont impures du fait de leurs menstruations. Cette façon de considérer les femmes fait qu’elles n’ont même pas le droit de partager leurs idées ou création en public pourtant il n’existe aucun lien entre ces éléments.

Pour traiter de façon adéquate cette particularité des femmes, il faut simplement considérer qu’elles sont humaines, pures, tout ce que l’on veut comme terminologie qui ne sont pas rabaissant ou qui les places au-dessus des autres. Une fois que c’est fait, les menstruations deviennent normales, banales, ainsi ce ne n’est plus la coulée de sang que l’on jugera mais le flot d’idées.

Il en est de même pour les hommes, le fait de considérer qu’ils sont des dieux parce qu’ils sont forts physiquement, fera qu’on les écoutera uniquement à cause des muscles, la férocité, la violence sans se soucier du contenu de leurs propos ou la pertinence de leurs créations et ils seront mis sur le banc de touche lorsque la force leur fera défaut.

C’est bien connu que dans nos sociétés l’on n’écoute pas les faibles.

En sommes, il est impératif que l’on cesse de nier aux individus leur particularité, que l’on cesse de rabaisser, que l’on cesse d’humilier les personnes sur des critères fallacieux. Que l’on utilise les différences pour nourrir les rancœurs, pour justifier le tort que l’on cause à l’autre.

Et plus important encore, messieurs, cherchez d’abord à porter votre bosse patriarcale, à vous déchargez de votre fardeau sexiste, de vous débarrassez de vos tares qui vous empêchent de vous émanciper de l’illusion, l’espérance d’une soumission féminine.

Vous êtes sans le savoir exclave de cette idée de domination, elle conditionne et cloisonne vos vies, vous n’êtes des hommes libres, vous êtes enchainés à une posture, un système qui vous fait souffrir et vous oblige à vous taire sous prétexte que cela fera de vous de vrais hommes.

Faites-le avant d’espérer être légitime, ce que vous ne deviendrez jamais, pour expliquer aux femmes comment mener leurs luttes. Vous n’êtes pas gênés de ne pas savoir vous occuper seuls de votre progéniture mais vous savez comment lutter contre le patriarcat !

Pardon je vais m’arrêter là avant de trop vous insulter ici sinon après vous allez dire que les personnes féministes sont impolis…

Je n’ai pas trouvé un titre adéquat mais lisez ça.

En 2020 j’ai créé une page Facebook, aujourd’hui je suis à plus de 1 000 abonnés et malgré les remarques pertinentes voir insistantes de ma copine au sujet de la nécessité d’être plus actif sur cette page, je n’y vais pratiquement jamais.

J’ai beaucoup de mal avec cette page Facebook, chaque fois que j’y vais j’ai l’impression que je dois devenir une autre personne, j’ai l’impression que je dois modifier ma façon de communiquer, afin d’être professionnel, d’être pris au sérieux.

Être pris au sérieux !

C’est certainement mon plus gros complexe, le syndrome de l’imposteur, mon problème majeur.

Chez moi ce syndrome est certainement multiplié par 10 car lorsque je cherche dans tous les domaines où j’exerce, je ne vois aucune option, aucun argument de légitimité.

Le féminisme ? Je ne suis même pas une femme pour commencer et pour la suite, n’en parlons même pas.

La littérature ? J’étais nul en français durant tout mon cursus primaire jusqu’au secondaire et j’ai lu mon premier roman en Terminale.

L’entrepreneuriat ? La seule entreprise que j’ai lancé a fait faillite avant même de commencer à sérieusement fonctionner.

J’ai obtenu mon baccalauréat en 2014 et 7 ans plus tard, je n’ai toujours pas de diplôme universitaire donc je ne peux même pas prétendre être un technicien en bâtiment ou un aspirant architecte…

Sur mon profil personnel, je me sens à l’aise de poster chaque jour, à chaque heure parce que c’est amusant, je m’y suis comme dans ma tête et je m’en fous d’y être jugé sur mes compétences ou autre mais ici c’est différent et cela me tourmente.

Je suis tourmenté par l’avenir, par ce que je suis censé devenir.

Dans cette société compétitive, où il faut se comparer à l’autre ou à soi-même, surpasser l’autre ou soi-même…

Difficile de réellement prendre la température de son âme, les ports sont bouchés par l’enculade capitaliste.

Mais ce serait totalement faux de tout mettre sur le dos du capitalisme.

En réalité, peut-être que je me sens illégitime parce que lorsque j’éteins mon téléphone portable je ne passe pas mes journées à lire ou écrire ou encore à aider des femmes victimes de viol. Non, je glande devant Netflix ou Prime Vidéo.

Certainement je me sens illégitime parce que chaque centime que je gagne avec mes livres fini dans je-ne-sais-quoi car j’ai un gros problème pour gérer mes finances, c’est une vraie torture et comme avec la masturbation et le porno, je ne fais rien pour arrêter !

Gars, je te dis que ma vie commence lorsque j’allume le téléphone souvent je me demande si je serai toujours activiste et romancier le jour où ils fermeront définitivement internet !

C’est tragique.

Mes vices, mes démons…

Loin du glamour et des speeches de motivation pour pousser chacun à se développer personnellement, ce rêve surréaliste vendu à des individus mal dans leur peau en quête de renouveau, de changement mais rarement engagé à changer.

Je suis l’un d’eux.

Il y a 5 ans, j’étais mal dans ma peau, je ne croyais même plus en l’existence de Dieu, j’avais besoin d’une béquille suffisamment solide pour me porter. C’était plus simple de prendre une béquille plutôt que d’essayer de réparer mon cœur fracturée.

J’ai abandonné mes études, deux fois, sous prétexte que ça ne m’intéressait plus ou que les cours n’étaient pas au niveau alors qu’en réalité le problème c’est que j’ai peur de grandir et d’assumer les responsabilités qui s’attachent à cette fonction.

Oui, finir mes études et devenir autonome c’est quelque chose que j’aurai dû faire il y a deux ans mais niet.

Que ce soit à l’école où dans mes autres projets, chaque fois que l’objectif est prêt d’être atteint, chaque fois que les étoiles s’alignent devant moi, je recule.

Normalement il y a 2 ans, mon entreprise, Embhistore devait me rendre autonome mais je me suis cassé la figuration exprès.

Mon livre Kédibonaire Ou Rien pouvait dès l’année passée me permettre de subvenir à mes besoins mais rien n’y fait, j’ai reculé.

En plus tel un drogué, ce texte c’est juste un petit moment de lucidité, vient je vais retomber dans les mêmes travers, recommencer éternellement ce cercle vicieux destructeur.

Je suis certainement l’un des meilleurs auto-saboteur, on devrait me payer pour ça.

Je refuse de travailler en entreprise parce que je n’ai pas l’humilité d’accepter de suivre la vision d’une autre personne …

Je fais tout pour ne pas évoluer malgré tout mon potentiel.

Sincèrement si dans 20 ans, je finis sous un pont avec un cancer des poumons et un milliard de dettes sur la tête, nul besoin d’accuser les sorciers ou l’État qui n’aide pas les artistes.

Non, non, revenez lire cet article.

J’écris ceci parce que désormais je m’en fous de me promettre à moi-même de changer alors que je ne veux pas, j’en ai marre de culpabiliser pour tout ça.

Je ne veux pas être une personne normale avec une vie normale, je veux ma petite vie atypique et advienne que pourra.

Irresponsable, me direz-vous ? Certainement.

Mais sachant que si je n’avais pas des frères et des sœurs, si je n’était pas fils aîné, je n’aurai même pas créé un compte Facebook encore essayer de chercher l’argent ou autre.

Ma motivation c’est eux, ils et elles sont ma force, mon moteur et je suis prêt à tout pour eux et elles.

Sauf peut-être aller contre ma nature profonde… Et c’est là que coince, ma nature profonde paresseuse est en conflit avec mon besoin insatiable de tracer un chemin radieux pour ma famille et jusqu’à présent c’est ma nature qui l’emporte.

Ce texte n’est absolument pas un appel au secours ou une demande d’assistance.

C’est une vomissure sur tapis doré.

En vrai, je suis au bord du gouffre, laissez-moi tomber car pour changer il faudrait que je souffre.

J’en ai fini.

Assumes ta rébellion

Tu ne peux pas volontairement sortir des sentiers battus et te plaindre de ne pas trouver de l’aide en chemin !

Tu ne peux pas te vanter de faire ce que personne ne fait afin d’obtenir ce que personne a et te lamenter de ne pas trouver assistance en chemin !

Soit tu es un rebelle, soit tu ne l’es pas.

Peut-être n’avais-tu pas conscience d’à quel point c’est un chemin difficile lorsque tu faisais le premier pas ?

Si tel est le cas, laisse moi te dire que le chemin est chaotique parce que la difficulté elle est partout même dans la norme mais en se détournant de la norme on s’approche du chaos.

Il y a un gros avantage à être dans la norme, il y a de la sécurité, la possibilité de demander son chemin, la possibilité d’évaluer son état d’avancement puisque tout est tracé il suffit de regarder la carte même si elle est incomplète elle contient l’essentiel à savoir sur le parcours choisi.

Mais loin des sentiers battus, il n’y a ni carte ni aide en chemin, il n’y a que toi avec ta motivation qui t’abandonne peu à peu, ta sacoche qui se vide avant même de parcourir la moitié du chemin.

Mais c’est le chemin que tu as choisi alors assumes le, assumes ta rébellion …

Je dis ces choses parce que je suis passé par là, par cette phase perturbante de questionnement qui m’a fait tourner en rond pendant 6 ans, je voulais me rebeller mais je n’assumais pas, je n’avais pas bien pris conscience de toute la difficulté que “être soi-même” représente.

Mais j’ai cessé d’en vouloir aux autres car j’ai compris une chose importante : ce chemin c’est le mien et c’est pour ça que je suis seul.

Et chaque être humain sur terre est seul sur son chemin.

Nous ne rencontrons personne parce que tout le monde marche sur sa propre voie, à certains moments les chemins se croisent et dans ces moments là les autres nous aident ou nous aidons les autres.

La norme n’est qu’illusion, le chemin que tout le monde emprunte est une fable. Nous vivons tous nos propres expériences.

Ce n’est pas parce que tu as choisi l’art alors que les autres ont choisi le foot que tu t’es éloigné des sentiers battus, que tu es exceptionnelle, que tu es hors norme parce que chaque personne ayant choisi le foot vivra l’expérience footballistique à sa façon, rencontrera ses propres défis, parcourra son propre chemin, tracera son propre sentier.

L’idée de norme suppose une unification des avantages et des inconvénients mais cela est juste théorique dans la pratique tout est différent.

Alors cesse de te croire particulièrement spécial, sache que chacun vit sa galère, porte sa croix, chacun est rebelle, tout le monde recherche son “soi-même” et certains le trouvent tandis que d’autres non.

Vis ta rébellion et sois heureux que ton chemin croise celui des autres de temps à autre afin qu’ils t’aident ou que tu les aides.

Assumes Ta Rébellion !

Hypocrisie : un mal francophone ?

Nous les francophones avons un grand attachement au “bien paraître” , nous sommes éduqués à nous voir dans l’œil de l’autre et on nous apprend que l’autre doit bien nous voir, nous devons séduire l’autre en affichant un comportement, un style vestimentaire, un langage exempt de tout reproche.

Et c’est une très bonne chose car nous avons réussi à construire une société ou plutôt des sociétés où la bonne moralité est le partage de tous. Nous avons tous conscience de l’importance de la bienséance et de la vie sinon l’avis de l’autre.

Mais le problème est qu’en réalité aucun humain n’est parfait, aucun humain n’est bien sous toutes les coutures mais encore plus “le bien” tel que conceptualiser dans nos sociétés francophones souffre d’une rigidité inhumaine alors que l’humain est flexible.

Pour exemple dans nos sociétés francophones l’on a décidé que Avocat est un métier “noble” et que locks est une coiffure “vulgaire” de ce fait il est inadmissible ici qu’un avocat soit locksé !!!

(et je ne parle pas particulièrement du rapport chaotique entretenu avec les cheveux crépus)

La personne qui veut être avocate et en même temps veut des locks aura certainement un cas de conscience, elle va s’interroger sur la concordance entre ses deux amours et il y a de fortes chances qu’elle mette de côté son amour esthétique, son envie de locks, afin de correspondre au standard puisque comme j’ai dit plus haut, nous sommes attachés au “bien paraître”.

Plutôt que d’être nous-mêmes pleinement, nous faisons semblant. Au lieu d’être, nous paraissons cela n’a aucun rapport avec le fait que nous soyons paresseux, c’est un autre débat mais voilà un peu…

C’est ainsi que nous faisons semblant d’être pudiques, nous faisons semblant de ne pas être cupides, nous faisons semblant d’être des personnes de bonne moralité.

Mais alors que nous-mêmes faisons semblant, nous jugeons les autres, nous réprimandons ceux qui osent sortir du lot, ceux qui osent être eux-mêmes, ceux qui ne font pas semblant car nous considérons cela comme un affront.

Oui, comment peuvent-ils oser montrer qu’ils sont cupides alors que nous faisons tous l’effort de paraître désintéressés, comment peuvent-ils oser se montrer impudique alors que nous faisons tous l’effort de vivre dans la pudicité, qui sont-ils pour sortir du lot, pour se démarquer ?

Les sanctions sociales s’abattent alors sur ces personnes, exemple cet avocat qui sait extrêmement bien faire son travail mais ne reçoit aucune opportunité simplement parce qu’il a décidé de garder ses locks.

Je suis sûr que dans toutes les sociétés humaines il y a des diktats qui font que les individus ne peuvent pas exister à l’intérieur du groupe sans en suivre les codes au risque d’en être exclu sauf que je remarque que nous sommes beaucoup plus hypocrites en francophonie sur des détails dont l’impact social est minime sinon nul.

Que risque une personne en étant défendue par un avocat locksé ? Quel est le problème avec les locks ? Ou c’est l’avocature le problème ?

Rendons nous compte que nous sommes gênés de parler argent, d’afficher nos ambitions, nos réalisations au risque de paraître vaniteux !

Pourtant l’argent est au centre de nos rapports sociaux quotidiens, nos ambitions sont des moteurs précieux et nos réalisations sont les plus belles récompenses en notre possession et un très gros lègue à l’humanité alors pourquoi s’en cacher ? Pourquoi faire semblant d’être désintéressé par l’argent ? Pourquoi chuchoter ses ambitions ?

À quoi bon vivre si c’est pour être en permanence en compétition avec nous-mêmes car nos vies intérieures sont radicalement différentes de nos vies extérieures ?

Évidemment ceci n’est pas un constat général d’une société en souffrance composée de clones qui se toisent les uns les autres pour constater lequel tente de se détourner de la norme.

Ceci est peut-être simplement la projection d’un mal-être personnel, l’extériorisation d’une vie de fausses apparences nourrie par un désir de correspondre au modèle social présenté mais j’avais peut-être pas compris qu’il n’y avait aucune obligation à suivre le modèle, je peux certainement être qui je veux puisque tout est permis même si tout n’est pas utile.

Est-ce utile pour un avocat d’avoir des locks ? Certainement pas, mais l’humain qui exerce le métier d’avocat y trouve une utilité esthétique alors il peut se permettre d’arborer fièrement ses locks. C’est ainsi qu’on trouve des compromis entre soi-même et la société.

Je me perds peut-être dans cette longue lettre que j’écris à moi-même en espérant que quiconque me lira y trouvera un peu de lui et une réponse à un doute qui jusqu’à présent semblait insolvable et surtout éternel.

Je demeure convaincu que nous pouvons et devons être nous-mêmes, que chacun soit lui afin que luise nos étoiles intérieures et que planète s’éclaire avant que planète éclate parce que vérité éclore.

Mémo : mes mots sont un remède à mes maux, je m’aime oh.