L’EDUCATION SEXUELLE DES JEUNES HOMMES : MOYEN DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Le mois de la femme est passé, nous avons festoyé, des conférences ont été organisées, des dîners gala bref une myriade d’événements qui avaient pour la plupart un même objectif : LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES.

Ce n’est pas hier que le 08 Mars a été désigné comme Journée Internationale des Droits de La Femme, sans refaire l’histoire de cette date retenons que cette année était la 41ème Journée Internationale des Droits de La Femme, mais le constat reste pratiquement le même concernant les violences faites aux femmes. Elles existent toujours, elles sont de plus en plus violentes et de plus en plus banalisées.

Le monde a été secoué par l’affaire Weinstein, faisant couler beaucoup d’encre et tomber beaucoup de tête. Weinstein est né vingt-cinq ans avant l’instauration par l’ONU de cette journée et la vulgarisation de la cause des femmes. En Afrique plus de 50% de la population est âgé de moins de 25 ans, en d’autres termes plus de 50% de la population africaine a grandi en célébrant chaque année la Journée Internationale des Droits de La Femme. Cependant, cette jeunesse est insensible aux droits des femmes et pis à la liberté sexuelle des femmes.

En effet les jeunes n’ont aucun respect pour les femmes, il n’est pas rare d’assister en milieu scolaire à des actes sexistes, au harcèlement, aux attouchements et bien d’autres pratiquent qui diminuent les femmes.  L’année dernière, une vidéo montrant le viol d’une fille par deux garçons a fait le tour de la toile en Côte d’Ivoire. Aucune sanction n’a été prononcée contre les jeunes garçons mais la fille fut renvoyée de son école. Ceci illustre bien à quel point la jeunesse est dépravée et inconsciente de la gravité des actes qu’elle pose. Cette inconscience s’explique par le manque d’éducation sexuelle.

C’est à l’adolescence, période où l’humain entre dans la puberté, que les premiers désirs sexuels se ressentent sous l’effet naturel des hormones dans le but de nous indiquer que nous sommes prêts à procréer. Tout ceci est naturel. Toutefois les adolescents sont perdus au cours de cette période de grand changement, la seule chose qu’on leur dit à propos du sexe est que c’est mal. Cette réponse est simpliste, dénuée de sens, éloignée de la réalité et complètement fausse. Un ado avec les hormones en ébullition qui pour la première fois de sa vie se réveille avec une érection tous les matins ne peut pas se contenter de la morale qui lui dit que le sexe c’est mal. Il lui faut plus.

L’éducation est l’un des piliers de la société, c’est à travers elle que la société prend forme, raison pour laquelle cette éducation doit être bonne et doit toucher des domaines divers et variés. Sous nos tropiques, le domaine sexuel est tabou donc laissé au placard.

Au cours de mon cursus scolaire, du primaire au secondaire, une seule fois j’ai été véritablement sensibilisé sur la sexualité. Cette sensibilisation concernait les dangers des rapports sexuels et les précautions à prendre pour éviter ces dangers. En gros ils sont venus nous dire que faire l’amour pouvait nous rendre malade et que si nous ne voulons pas tomber malade, soit nous faisons l’amour avec des préservatifs, soit nous nous abstenons. Simpliste et pas très instructif.

La mauvaise éducation, le manque d’éducation sexuelle est ce qui conduit certains à une dérive perverse. C’est parce qu’ils n’ont pas reçu d’éducation sexuelle que certains hommes ne pensent pas au plaisir des femmes, les femmes elles-mêmes ne savent pas qu’elles sont censées prendre du plaisir. Ce manque conduit d’autres à violenter les femmes.

La meilleure façon d’éviter qu’une femme soit à nouveau violée c’est de donner une BONNE EDUCATION SEXUELLE AUX JEUNES HOMMES.

Dans la pratique cette bonne éducation peut se faire par :

  • L’organisation d’ateliers / de conférences animés par des femmes pour sensibiliser les hommes aux comportements sexistes qu’ils affichent ;
  • La distribution de prospectus aux hommes sur les violences faites aux femmes ;
  • L’intégration au programme scolaire d’une sensibilisation plus approfondit à la sexualité.

Toutefois il ne faut pas se limiter à l’école mais aller aussi dans les familles et demander aux parents de casser le tabou et parler de sexe avec leurs enfants.

En appliquant ces quelques mesures, le harcèlement ainsi que les violences reculeront et nous aurons fait un grand pas vers le vivre ensemble.

Ecrit par Gloire Wanief le 10/04/2018

HOMME NOIR ET PATRIARCAT

[ Publication du 06 Novembre 2021 ]

Bonjour à tous et à toutes

J’espère que nous allons tous bien, moi je suis toujours au chômage mais mon esprit travail.

C’est pourquoi ce matin, j’aimerais revenir sur cette publication du 1er Novembre ainsi que la vague d’indignation et d’acquiescement que cela a suscité.

Avant tout propos, je m’excuse auprès de toutes les personnes qui d’une façon ou d’une autre ont été heurtées, choquées, blessées par ma publication.

Plus précisément les personnes qui ont estimé qu’il s’agissait là d’une stigmatisation, d’une catégorisation des personnes dites Noir.e.s …

Sachez que vos réactions étaient totalement émotionnelles et contrairement aux personnes qui s’asseyent pour dire « sortez de l’émotion« , moi je vous dis que vos réactions étaient légitimes.

Vos frustrations, qui ont dans une certaine mesure terni votre jugement face à ma publication, étaient parfaitement justifiées.

Oui, vous êtes frustrés, vous êtes en colère, vous ne comprenez pas pourquoi sans raison réel, sans justificatif valable, les Noir.e.s sont chaque jour méprisés.e.s et martyrisé.e.s, vous êtes frustrés de voir qu’à cause de votre différence biologique l’on vous mette à l’arrière de la société.

En effet depuis des siècles les Noir.e.s, hommes et femmes, sont sujets à une déshumanisation sans précédent, ils sont, non, nous sommes, victimes d’une campagne millénaire de diabolisation de nos cultures et de nos corps.

À notre couleur de peau, à nos traditions, ont été accolées les pires défauts et nombreux sont les Noir.e.s qui participent à cette diabolisation, stigmatisation des personnes dites Noir.e.s sans état d’âme ni scrupules.

C’est pourquoi il est parfaitement normal qu’en voyant les mots « Homme Noir » suivi d’une qualification négative, vous ayez été blessé.

Vous aviez totalement raison de réagir comme vous l’aviez fait et peu importe les intentions derrières mon propos, ma façon de formuler la chose dans un contexte social hostile aux Noir.e.s, ne donne pas lieu à mille interprétations.

Cette publication stigmatise les hommes Noirs. C’est un fait

Et je m’en excuse, nous méritons mieux.

Maintenant que c’est dit revenons à ma publication, au fond qu’est-ce que je voulais dire ?

Premièrement, j’ai totalement fait exprès de circoncire mon propos aux hommes Noirs parce que ce sont eux qui me lisent et ce sont eux que je côtoie, c’est leurs façons de vivre, leurs cultures, leurs aspirations que je connais.

Aussi, je ne crois pas avoir un quelconque intérêt à parler des autres peuples, à critiquer le mode de vie des autres peuples.

S’il faut faire une critique, je la ferai contre ou pour les personnes qui sont comme moi et ce n’est pas non plus de l’exclusion.

Il s’agit ici d’être réaliste, je n’ai jamais quitté l’Afrique, je ne vis qu’avec des Noir.e.s alors je ne parle que d’eux même si j’apprends de tous les peuples.

Peut-être lorsque je me retrouverais ailleurs qu’ici, je me sentirai légitime de parler des Arabes, des Juifs, des Corses et autres.

Deuxièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs afin de titiller votre fragilité.

Oui, vous êtes fragiles et cette fragilité découle des frustrations dont j’ai parlé dans l’avant-propos.

Peut-être que maintenant vous comprendrez que réagir dans l’émotion a ou peut avoir une légitimité et que le discours d’une personne qui réagit par rapport à ses frustrations n’est pas à bannir.

Ce sursaut d’orgueil que vous avez eu en lisant ma publication, vous devrez l’avoir chaque jour contre toutes les discriminations.

Il est intolérable de permettre à quelqu’un de venir tranquillement salir l’image de toute une catégorie de personnes, tout un peuple, c’est inadmissible.

Troisièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs car nous devons sans aucun ménagement critiquer les tares de nos sociétés.

Ce n’est pas en cachant la poussière sous le tapis qu’on rend une maison propre et nous, africain.e.s, avons trop souvent tendance à nous mentir à nous-mêmes au sujet des maux dont souffrent nos sociétés.

Globalement ici il n’y a que deux façons de considérer nos difficultés : pour les amoureux de l’Afrique, nos problèmes ont toujours des causes exogènes, c’est toujours la faute des autres peuples si X ou Y nous arrive et pour les haineux de l’Afrique, nos problèmes ont toujours des causes endogènes, c’est parce que le Noir est mauvais que X ou Y nous arrive.

Ces deux approches n’ont aucune réel objectivité, nous refusons de faire une analyse sociologique profonde de nos sociétés et lorsque nous le faisons, nous refusons de voir les résultats surtout pas en public car nous avons peur que les autres peuples nous regardent et se moquent de nous.

Cette attitude est la preuve encore une fois de notre fragilité et de notre haine de nous-mêmes, s’aimer ce n’est pas cacher ses défauts, s’aimer c’est ne pas craindre l’avis des autres sur soi.

Et tant que nous refusons de régler nos problèmes, ils vont perdurer.

Quatrièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs parce que l’homme Noir souffre de sa masculinité et cette souffrance n’est absolument pas silencieuse, elle est visible de tous et toutes mais nous avons décidé de détourner le regard.

Les sociétés dans lesquelles les hommes Noirs évoluent aujourd’hui sont profondément sexistes et racistes, c’est dans ce contexte que l’homme Noir s’est construit une carapace de virilité au dessus de ses blessures.

L’homme Noir souffre du racisme qui dans un monde globalisé touche autant le jeune afro-américain de New-York que le jeune béninois de Parakou, nous sommes tous directement ou indirectement victime de ce racisme ambiant.

Ce racisme qui ne cesse de nous dire que nous ne sommes rien ni personne, que nous n’avons de valeur que celle qu’on veut bien nous attribuer, chaque jour nous sommes diminués et renvoyés à un état de bestialité.

L’homme Noir souffre d’être Noir mais il a au moins la chance d’être homme.

Alors on se construit autour de l’identité masculine, on se recroqueville dans la virilité pour retrouver un peu d’estime de nous-mêmes, un peu d’amour propre.

La virilité est devenue notre arme, notre argument de valorisation principale, chaque blessure raciste est pansé avec des « je suis un homme, je suis fort« …

« Grosse bite » qui est une insulte contre nous est devenu la mascotte de notre masculinité.

Mais si seulement il s’agissait d’un problème de racisme.

Nos sociétés traditionnelles sont elles-mêmes les haut lieux d’une masculinité viriliste qui ne dit pas son nom.

L’homme Noir est roi, guerrier, incontesté et incontestable.

Cette force brut qu’est l’homme Noir vient se confronter à la réalité dure et sans équivoque de la jungle urbaine à l’heure où toutes les branches de nos traditions ont été détruites mais tel un membre fantôme ça continue de nous démanger.

Enfin, pour entrer dans le vif du sujet ma publication vient dresser un constat, faire un portrait, celui de l’homme Noir, l’homme Noir tel que notre société le construit et son rapport à la parentalité, la paternité.

Sous nos cieux les enfants sont considérés comme une richesse au sens propre comme au figuré, un homme qui a beaucoup d’enfants est un homme riche.

Sans parler du fait que c’est un signe, une preuve de virilité, de puissance pour un homme que d’avoir une multitude d’enfants.

Lorsque deux âmes s’unissent, elles unissent aussi leurs familles et le fruit, la concrétisation de cette union ce sont les enfants.

Les enfants sont une importante unité de mesure dans nos sociétés où l’on ne jure que par la famille, où la famille est considérée comme le socle de tout.

Afin de se conformer à cet idéal social, les hommes Noirs n’ont aucune hésitation à faire le plus d’enfants possibles et nous en sommes extrêmement fiers.

Lorsqu’il s’agit de concevoir les enfants, les hommes Noirs répondent toujours présent, il est inadmissible chez nous de ne pas vouloir avoir des enfants.

Cependant il est étrange de constater que ces hommes éduqués et conditionnés à la procréation soient incapables de s’occuper seuls de leurs enfants.

Loin d’être un mauvais père, l’homme Noir sait être responsable face à ses enfants, il fournit à ses enfants un toit où s’abriter, de quoi se nourrir pour être en bonne santé et fait office de figure d’autorité, l’incarnation de la ligne droite à suivre, le wagon de tête.

Mais il demeure inaccessible, l’homme Noir est loin de ses enfants, si loin qu’il n’est plus visible c’est uniquement son ombre qui plane au-dessus du foyer.

Humainement, l’homme Noir n’a aucune relation avec sa progéniture.

L’on pourrait aisément me dire que tous les hommes Noirs ne sont pas ainsi mais quelle est la norme sociale ?

Toutes les sociétés ont des normes, des comportements, des raisonnements, des activités qui sont jugés comme normaux et c’est dans tous les domaines.

Alors je repose ma question, quelle est la norme chez nous ?

Si la norme c’est la complicité entre père et enfants pourquoi ça nous paraît si étrange et exceptionnelle qu’un homme soit proche de ses enfants ?

Quels sont nos modèles ? Dans nos contes traditionnels, au théâtre, au cinéma, dans les romans, les poésies, les chansons. Comment le père Noir est-il dépeint ? Quel portrait fait-on de lui ?

Combien sont les enfants qui bien qu’ayant leurs pères vivants, bien que vivants avec leurs pères, ressentent l’absence de ces derniers ?

Combien de pères souffrent de cette relation où ils travaillent pour leurs enfants mais ne partagent aucune intimité avec eux ?

De toutes ces questions pourraient en découler une autre qui a toute son importance pour ne pas dire la plus importante : est-ce qu’il est nécessaire pour les pères d’être proches de leurs enfants ?

Pour ma part oui et chacun est libre d’avoir sa propre appréciation, réponse à la question.

Oui, parce que les liens de sang n’ont pas véritablement d’impact dans la pratique, les liens de sang ne se vivent pas, ne suscitent aucune émotion, contrairement aux souvenirs provoqués par les moment passés ensemble.

La proximité, l’intimité d’une conversation, d’une activité est favorable à développer un lien émotionnel qu’il n’est pas facile à briser mais il ne suffit pas d’une seule discussion pour nouer des liens, c’est un travail de longue haleine.

Les relations humaines sont des relations émotionnelles.

C’est pourquoi il est impératif pour les hommes Noirs de développer une vraie relation émotionnelle avec leurs enfants.

Et avant d’en arriver là, l’homme Noir doit d’abord pouvoir exprimer ses émotions donc il faut détruire sa carapace de virilité !!!

L’absence des pères, au-delà d’être physique est avant tout émotionnel, cette déconnexion est avant tout entre l’homme et lui-même, cette déconnexion profite au patriarcat.

L’absence des pères est une preuve de la masculinité toxique, en plus des enfants, des mères, les pères eux-mêmes souffrent de ce fait.

Dans mon argumentaire, je n’ai avancé aucun chiffre, aucune donnée statistique, j’ai juste partagé mon analyse qui repose entièrement sur ma vision des choses, de ce fait mon propos est biaisé, complètement, et ce serait assez risqué de me suivre dans mon délire.

Toutefois j’ai la conviction profonde d’avoir mis le doigt sur un problème dont souffre un certain nombre de personnes même s’ils sont peut-être minoritaires c’est pourquoi personnellement je m’engage à aller au bout de la démarche.

Ça prendra du temps, ça prendra de l’énergie mais ça rendra libre.

Si vous êtes arrivé jusqu’au bout de cette lecture, je vous en remercie et vous souhaite une excellente journée.

EST-CE QU’UNE FEMME PEUT VIOLER UN HOMME ?

Oui, nous sommes mardi midi, tu es sur le blog de Gloire Wanief et tu as bien lu la question mais je vais répéter quand-même.

Est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Statistiquement, l’écrasante majorité des viols sont commis par des hommes et subis par des femmes, une infime partie des victimes sont des hommes et dans cette infime partie, l’écrasante majorité des coupables sont aussi des hommes.

Dans les médias, les institutions judiciaires, dans les séries, les films, les organisations non gouvernementales, partout où l’on peut passer, lorsque le sujet du viol est abordé ce sont toujours les femmes et les enfants que l’on présente comme victime. Les hommes adultes semblent échappés à ce fléau, ils sont invisibles pour ne pas dire inexistant.

Il paraît donc nécessaire, judicieux et même légitime de se demander s’il est possible qu’un homme soit violé par une femme.

Avant tout, cette interrogation subsiste à cause des nombreux aprioris que les gens ont sur le viol.

La plupart des gens pour ne pas dire tout le monde, pensent qu’il est impossible qu’une femme viole un homme. Ceux et celles qui pensent ainsi en sont fermement convaincu.e.s, c’est une certitude pour eux et elles.

Le premier biais, le premier préjugé, qui fait que les gens sont sûrs et certains qu’une femme ne peut pas violer un homme c’est la libido.

Pour de nombreuses personnes, le viol est lié à l’appétit sexuel, à la libido.

Dans nos sociétés, l’on considère que les femmes ont une faible libido et l’on arrive même souvent à considérer qu’elles n’ont aucune envie de sexe et que les hommes ont un énorme appétit sexuel, ils ont tout le temps envie de sexe.

Dans cette configuration, l’on considère que l’homme qui viol est dominé par ses pulsions sexuelles qui sont beaucoup trop fortes pour être gérées et canalisées.

La libido masculine est vue comme une cause du viol.

La femme ayant une libido silencieuse, elle ne peut donc pas être, selon eux, dominée par un quelconque brouhaha généré par ses pulsions. La femme ne veut pas de sexe donc la femme ne peut pas aller vers un homme et le contraindre à offrir du sexe.

D’ailleurs, toujours selon ce préjugé, même si la femme est dominée par des pulsions sexuelles, les pulsions de l’homme étant plus fortes, plus vivaces et plus emmerdantes, l’homme acceptera d’offrir du sexe à la femme sans y être contraint.

Apparemment ce préjugé serait scientifiquement prouvé, pour ma part je n’ai pas les chiffres et je n’ai pas vu les études qui démontrent que les hommes ont envie de sexe tout le temps et que les femmes n’ont presque jamais envie.

Le problème avec ce préjugé c’est que le viol n’est pas seulement lié à la libido, les pulsions sexuelles peuvent peut-être être une des causes du viol mais il n’y a pas que ça et même s’il n’y avait que ça il y a d’autres aspects à prendre en compte.

L’autre aspect à prendre en compte est celui qui donne lieu à notre second préjugé.

Par définition le viol c’est l’absence de consentement et le consentement c’est le fait de donner son accord, son autorisation.

Le deuxième préjugé que les gens ont sur le viol c’est sur le consentement ou plutôt la mauvaise compréhension du consentement.

Dans nos sociétés, l’on considère que les hommes sont toujours d’accord pour avoir du sexe puisqu’ils en ont tout le temps envie et qu’à contrario les femmes n’ont pas d’avis sur le sujet puisqu’elles n’ont pas envie.

Cette configuration fait que l’on estime que les femmes couchent parce que les hommes veulent coucher. Cela implique que c’est l’homme qui doit et va toujours demander le sexe puisque c’est seulement lui qui veut toujours le sexe.

Le préjugé sur la libido de l’homme fait que l’on considère qu’il est toujours consentant de ce fait l’on ne peut pas le contraindre, c’est la personne qui ne veut pas que l’on contraint sinon celle qui veut n’a pas besoin de contrainte pour agir.

L’homme voulant toujours, dans nos sociétés l’on estime alors que les femmes doivent se disposer à toujours offrir du sexe aux hommes, l’accord de la femme n’est pas interrogé ou demandé, il est implicite dès l’instant où elle est en contact avec un homme.

Par exemple un homme invite une femme au restaurant, si elle accepte d’y aller c’est qu’elle accepte implicitement de coucher avec lui selon eux…

Pour eux la femme ne peut pas violer un homme parce qu’elle n’a pas envie de sexe et aussi parce qu’elle n’a pas le moyen et qu’il n’est pas utile de contraindre l’homme au sexe.

Ce second aspect renvoi alors au moyen, aux outils utilisés pour contraindre l’autre et ici l’on voit bien que le viol peut sembler inexistant pour certains puisque le consentement est mal compris et même souvent botter en touche.

Alors le troisième préjugé concernant le viol que les gens ont c’est la violence.

Pour de nombreuses personnes le viol est un acte violent, une violence physique que l’on dirige contre l’autre pour la contraindre à un rapport sexuel.

La violence est l’utilisation abusive de la force, de ce fait pour être violent il faut avant tout être fort ou avoir de la force.

Dans nos sociétés toujours, l’on considère que la femme est un être faible, qu’elle n’a pas de force et même si elle en a, cette force est inférieure à celle de l’homme. La force est vue comme un élément masculin par excellence.

La force devient alors un outil du viol, un moyen pour violer.

L’homme ayant une grande libido utilise sa force pour contraindre la femme à avoir des rapports sexuels. C’est ainsi qu’ils voient les choses.

La femme n’ayant pas de libido et pas de force ne peut donc pas contraindre un homme à avoir un rapport sexuel selon ces personnes ou pour aller plus loin selon la société.

Ce préjugé aussi semble avoir un fondement scientifique, les hommes sont physiquement plus forts, c’est la science qui le dit cependant il ne faut pas voir les choses de façon tranchée et absolue. Il y a une multitude d’hommes et une multitude de femmes ce qui implique une grande disparité physique qui entraîne que des femmes peuvent être plus fortes que certains hommes et vice versa.

Mais au-delà de tout, ce que ces trois préjugés que les gens ont sur le viol nous renseigne sur notre modèle de société et sur ce qu’est le viol en réalité.

D’abord ces préjugés nous disent que nous sommes dans des sociétés patriarcales, des sociétés où en tout et pour tout l’homme est considéré comme supérieur à la femme, c’est le dominant.

Ensuite ces préjugés nous disent que le viol est un acte de prédation, de domination. Les personnes qui violent veulent par cet acte soumettre leurs victimes.

Enfin ces préjugés demeurent des vues de l’esprit, des conceptions personnelles et sociales très loin de la réalité, du quotidien, du vécu des personnes victimes de viol peu importe leurs sexes.

Alors qu’elle est donc cette réalité ? Est-ce que dans la réalité une femme peut violer un homme ?

Plus haut j’ai donné ce que les statistiques sur le viol nous disent, les informations qu’elles nous donnent à propos des victimes et des coupables. Même si je n’ai donné aucun chiffre précis.

Je disais plus haut que statistiquement les hommes violés par des femmes représentent une infime partie des victimes.

Mais nous ne sommes pas à une élection ici pour considérer que seule la majorité compte. Non, nous sommes face à un crime et toutes les victimes ont la même importance.

Un seul homme violé par une femme c’est déjà trop, c’est déjà beaucoup trop !

Mais jusqu’à présent je n’ai pas concrètement répondu à la question. La question demeure : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Les préjugés que j’ai cité plus haut ne sont pas les seuls, ils en n’existent encore une multitude, autant de préjugés qu’il n’y a de sociétés et d’humains.

Il existe, et j’en parlerais peut-être dans un autre contexte, de nombreux préjugés qui font que les statistiques sur le viol sont biaisés, que ces statistiques ne nous disent pas toute la vérité sur les victimes de viols, la vérité quantitative et qualitative…

Alors pour savoir et comprendre s’il est possible qu’une femme adulte viole un homme adulte, il faut d’abord se tourner à cet instant vers la définition du viol selon les lois de vos pays et aussi se tourner vers les victimes de viols.

Pour ma part, les femmes peuvent malheureusement violés des hommes et il est impératif d’aborder ce sujet afin de délier les langues et aider certains à obtenir justice sans oublier de les réparer de ce préjudice psychologique.

C’est pourquoi, j’aimerais organiser des BOYS TALK, des séances de discussion entre hommes et garçons pour parler du consentement et bien d’autres sujets liés à la masculinité.

Ceci n’est pour l’instant qu’une idée mais si tu as pu me lire jusqu’ici j’aimerais que tu me dises en commentaire ce que tu en penses mais surtout que tu répondes à la question posée : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Sur ce je vous souhaite une excellente journée sous les faveurs de celui ou celle en qui vous avez placé votre foi.

Lorsque les traditions deviennent prétextes d’asservissement

Avez-vous déjà été confronté à une situation où la tradition nuisait votre épanouissement personnel, bloquait vos aspirations ?

Moi ça m’est arrivé en 2014 lors d’une discussion à huit clos au Parlement des Jeunes, l’on m’a refusé la parole pour la donner à un type plus âgé que moi sous prétexte que « lorsque la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau. »

Le respect des aînés, c’est bien, c’est magnifique, moi-même j’adore le fait de savoir que dans ma tradition naître avant l’autre nous confère un certain pouvoir puisque je suis le premier né de mes parents, l’aîné de la famille donc le chef.

Mais ce jour-là il n’était pas question d’âge, ni de famille, il était question d’idées et sans manquer de respect à cet aîné, j’avais de meilleures idées que lui, d’ailleurs tout ce qu’il a dit pendant que j’étais silencieux à confirmer cela.

Si seulement on s’était contenté ce jour-là de me faire parler en dernière position ça ne m’aurait pas dérangé mais on m’a carrément refusé la parole. Je n’ai eu aucune occasion d’exprimer mes idées, elles sont restées avec moi et elles sont mortes avec moi car la frustration, la colère de ne pas être entendu à tuer ma volonté, mon désir de participer.

Les traditions ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont encore moins immuables, elles s’accordent au désir et aspirations des humains en fonction des époques et des circonstances, ce n’est pas aux humains de s’accorder à elle.

La tradition ce n’est pas le climat ou la végétation pour dire qu’on ne peut rien faire lorsqu’elle est en inadéquation avec les individus ou lorsque les individus sont en inadéquation avec elle. C’est à elle de s’adapter, pas à nous.

Ce que j’ai décrit à propos du droit d’aînesse traditionnel africain qui empêche l’émergence d’une gouvernance par la jeunesse, nombreux l’ont déjà vécu et s’insurgent contre cela quotidiennement mais il suffit de parler des droits des femmes pour qu’ils se souviennent que la tradition a une importance capitale et ne doit pas être changé au risque de se perdre !

L’instrumentalisation de la tradition, d’ailleurs pourquoi l’appeler tradition ? Disons simplement normes sociales car c’est ce qu’elles sont : des normes sociales.

L’instrumentalisation des normes sociales pour justifier et perpétuer des systèmes de domination et de déshumanisation, ne passera pas. Chaque être humain mérite de part sa simple condition humaine tous les droits et devoirs inhérents à cette condition.

Il n’y a pas à restreindre les droits des gens sous prétexte qu’ils sont différents. Je pense notamment aux albinos dans certaines régions d’Afrique, aux handicapés moteurs, aux malvoyants, malentendants, aux pygmées et j’en passe qui sont privés des droits les plus élémentaires à cause de leurs différences.

La tradition ne peut pas être le fer de lance de l’injustice, elle est le socle de la justice c’est pourquoi elle doit s’adapter pour demeurer juste. Il ne sert à rien de continuer une coutume uniquement parce qu’elle existe depuis longtemps, parce que nos ancêtres faisaient la même chose, si cette coutume n’a plus d’utilité aujourd’hui que ce soit pratique et même symbolique.

Rien que de 2010 à 2020 nos sociétés ont changé et nous avons acquis de nouvelles habitudes qui ne sont rien d’autres que des coutumes et des traditions, aujourd’hui nous ne les considérons pas comme tel mais elles le seront bientôt et je viens du future pour vous l’annoncer lol.

Plus sérieusement, je suis un progressiste libéral, je l’assume et je comprends ceux qui sont conservateurs après tout que nous restera-t-il de nos prédécesseurs si on remplace tout par souci de progresser ? Je pourrais répondre qu’il nous restera notre ADN mais c’est peut-être insuffisant alors je vais répondre qu’il nous restera au mieux leur expériences que nous pourrons observer/exploiter en continu dans les musées et au pire rien.

En ce qui me concerne, ça ne me dérange pas mais ceux qui sont dérangés par la peur de perdre leurs coutumes devraient faire l’effort de la remise en question afin de mettre fin aux pratiques qui asservissent leurs semblables, afin d’œuvrer au bienêtre de tous.

Aucun humain n’est libre si d’autres souffrent.

Gloire Wanief, 14/08/2020

« VOUS EXAGEREZ »

En début de mois, après seulement 48 heures, oui SEULEMENT, de tapage médiatique et d’indignation autour de ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances, une suspension et deux condamnations, certaines personnes trouvaient que celleux qui continuaient et continuent de réclamer justice sont dans l’EXAGÉRATION !

Intéressant…

Décortiquons cela pour voir où cela va nous mener.

Par définition exagérer c’est :
1- Parler de (quelque chose) en présentant comme plus grand, plus important que dans la réalité.
2- Grossir, accentuer en donnant un caractère (taille, proportion, intensité, etc.) qui dépasse la normale.

Ces personnes estiment que celleux qui continuent de réclamer justice veulent faire paraître cette affaire plus grande, plus importante que ce qu’elle est en réalité.

« C’était une erreur, ces intentions étaient bonnes mais il a juste manqué de professionnalisme. » Disent-elles.

Ces personnes estiment que nous, qui nous indignons toujours, voulons donner à cette affaire un caractère qui dépasse la normale.

« Nous voyons déjà ce genre de chose tout le temps, qu’est-ce qui vous choque ? Vous aviez juste une dent contre le monsieur. » Disent-ils.

Quelle est donc cette « normale » qu’iels estiment que nous dépassons ?

Pour rappel, le lundi 30 août lorsque cette scène macabre se déroulait et que des voix se sont élevés pour gronder tel le tonnerre contre la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI), monsieur Yves De M’Bella et son « ex »-violeur d’invité sans oublier madame Emma Lohoues ainsi que le public présent sur le plateau, les mêmes personnes disaient déjà qu’on exagérait !

Une suppression de la vidéo a été demandé, elles ont dit :

« La NCI a supprimé la vidéo, vous voulez quoi de plus ? »

Des excuses ont été demandé, elles ont dit :

« La NCI s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

D’autres sanctions plus sévères ont été demandé :

« Yves De M’Bella a été suspendu, vous voulez quoi de plus ? »

« L’émission a été arrêté définitivement, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella est en garde à vue, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella a été condamné, vous voulez quoi de plus ? »

En réalité, ces personnes estiment que nous ne méritons rien, que les femmes ne méritent rien.

Car depuis le premier cri d’indignation à propos de cette émission et son animateur, ces personnes trouvaient déjà qu’on exagérait, elles estimaient déjà que nous voulions faire paraître cette affaire « plus importante qu’elle est en réalité ».

Pour eux cette affaire n’a pas d’importance, les réactions sont disproportionnées…

Elles nous accusent même d’avoir été silencieux face à d’autres problèmes tel que l’augmentation des prix des denrées alimentaires qui selon eux touche tout le monde et par tout le monde ils entendent « pas seulement les femmes. »

Parce qu’il s’agit de ça en réalité, il s’agit des femmes, de leur dignité, de leurs droits, du respect qui leur est dû et puisque pour elleux les femmes ne méritent pas plus de considération que ce qu’elles ont déjà, nos réactions face à cette affaire sont exagérées voir même illégitime.

Et c’est là tout le fond du problème : la considération des femmes dans la société.

À une heure de grande écoute, sur une chaîne de télé suivie par des millions de personnes, un animateur connu et reconnu se permet de rigoler du viol, de parler avec légèreté du viol, de banaliser les maux de milliards de femmes, les gens trouvent que l’EXAGÉRATION vient de nos réactions et iels veulent prétendre respecter les femmes !

S’iels avaient de la considération pour les femmes, iels ne trouveraient jamais que nos réactions sont exagérées, au contraire iels trouveraient que nous n’en faisons pas suffisamment, iels trouveraient que les femmes sont dans leur droit et qu’il faut aller encore plus loin pour que plus jamais une telle action se reproduise en Côte d’Ivoire ou ailleurs dans le monde.

Mais iels nous ont montré que nous ne sommes pas dans cette société utopique où les droits des femmes sont des droits humains…

QUAND LE BUZZ VA FINIR, NE VENEZ PLUS DEMANDER AUX FÉMINISTES CONTRE QUOI ELLES LUTTENT !!!

D’ailleurs en parlant de droits humains, même eux sont inexistants dans nos sociétés…

En effet, ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances et les réactions qui ont suivi sont une belle illustration de notre société de manière globale, c’est la norme, la fameuse « normale » à ne pas dépasser.

Nos sociétés baignent dans un chaos total où les autorités piétinent sans ménagement les droits des citoyens qui observent impuissants. Le peuple a tellement l’habitude de se faire marcher dessus qu’il est devenu normal pour lui d’être traité de façon injuste, le peuple pense qu’il mérite cette injustice.

« C’est seulement par la chicote qu’on peut éduquer les Noirs » Disent-ils

« Ce qu’il nous faut pour être développé c’est un vrai dictateur. »

« La démocratie ce n’est pas pour les africains, nous n’obéissons qu’à la violence. »

En vrai

Quelle est la différence entre :

– la femme mariée qui accepte l’infidélité, parce qu’elle estime que c’est dans la nature de l’homme d’être insatiable, à condition que ce dernier la respecte en la trompant en cachette et accompli ses devoirs d’époux.

Et

– le jeune diplômé qui accepte que le président viol la constitution, parce qu’il estime que les politiciens sont des menteurs, à condition qu’il maintienne la paix, construise quelques routes et ponts, et surtout lui permet d’avoir un emploi.

Pour ma part il n’y a aucune différence entre ces deux entités extrêmement distinctes en tout point, pour la simple raison qu’il s’agit là de deux personnes écrasées par le poids de la tyrannie socialo-politique, s’oubliant elles-mêmes et plutôt que de rechercher le meilleur, elles ont décidé de se contenter du peu, du médiocre.

Oui, l’époux infidèle est un homme médiocre et le président dictateur est un politicien médiocre.

Regardez bien notre société, observez là, et constatez par vous-mêmes à quel point nous sommes très peu exigeants.

Nous valorisons la médiocrité dans toutes les sphères de la société, nous supportons tout ce que les personnes que l’on considère comme ayant de l’autorité nous font subir, sans pouvoir mener une quelconque rébellion.

De la même façon les parents amis et connaissances demandent au jeune brillant rempli de rêve et d’espoir d’éviter de parler politique, d’éviter de critiquer les politiques, c’est comme ça on demande à la femme de se taire sur les abus qu’elle subit de la part de son époux ou des hommes en général.

Le silence, c’est notre seul droit à tous.

Nous n’avons pas droit à la rébellion, nous devons nous réjouir lorsque le président fait bien son travail et prier pour lui lorsqu’il deconne.

C’est ainsi que la femme doit se réjouir d’obtenir l’argent de décembre de son chéri et prier pour lui lorsqu’il est infidèle.

Le peuple ne peut pas et ne doit pas penser à obtenir mieux que ce qu’on lui donne déjà, la femme aussi.

Pour moi tout est lié, absolument tout est lié, sans liberté sociale, pas de liberté politique. 

Et dans cette pyramide sociale d’injustice, la femme est le carré qui réceptionne tout.

C’est pourquoi mon combat social, culturel et politique demeure tourné vers la promotion de l’égalité des sexes.

L’apprentissage de la rébellion, du refus des abus commencent au sein des familles, les enfants apprennent à tolérer les injustices en voyant leurs pères traités injustement leurs mères et lorsqu’ils vivent l’injustice à l’extérieur de la maison, ils la trouvent acceptable.

Sérieusement, qu’est-ce qu’un homme qui bat sa femme ou une femme qui viol son neveu peut apprendre à ces derniers au sujet de la rébellion, du refus des diktats !?

Qu’est-ce qu’une femme ou un homme violé.e a de multiples reprises sans obtenir justice peut espérer de la justice lorsqu’un ministre détourne les fonds publics !?

Je ne dis pas qu’en luttant pour l’égalité des sexes, nous allons éradiquer toutes les injustices sociopolitiques mais nous allons apprendre aux gens à ne pas tolérer l’injustice comme c’est le cas aujourd’hui.

Des gens qui suivent avec ardeur Kemi Seba sur internet et dans les rues de villes africaines mais à la fin du meeting, ils rentrent chez eux et frappent leurs épouses, peuvent véritablement faire quoi contre la dictature ? Ils ont le germe du totalitarisme en eux.

Il n’y aura pas de libération de l’Afrique sans la libération de toutes les personnes marginalisées, plus précisément sans la libération des femmes.

Et si l’équilibre de vos familles reposent sur l’exploitation des femmes, nous viendrons les détruire les unes après les autres.

J’invite donc les détracteurs du féminisme africain à prendre exemple sur les femmes, les féministes africaines qui chaque jour « EXAGERENT » afin que plus aucun mal ne soit fait aux femmes. Il est hors de question de se rebeller avec le sourire, il est hors de question de tendre l’autre joue, il est hors de question d’attendre que la situation s’arrange toute seule. Il est temps de penser la révolution et de panser nos blessures.

Je remercie toutes les vaillantes femmes africaines qui m’inspirent et me donner l’envie et l’opportunité de participer depuis ma modeste position à la construction d’une Afrique dont nous serons tous fier.

« LES FEMMES DOIVENT SE BATTRE »

Ce matin, j’ai vu un commentaire sur une publication dont j’ai oublié l’auteur qui disait en substance que les femmes doivent se battre comme les hommes pour mériter une place et que rien ne leur sera cédé…

Ce commentaire vient rejoindre les nombreuses tirades que j’ai lu ou entendu depuis toujours au sujet des droits des femmes, au sujet de la place des femmes dans la société… Il y a toujours ce propos récurrent qui sous-entend que les femmes sont responsables de leur situation car elles ne se battent pas pour que cela change.

D’abord une question, quelle bataille les hommes ont-ils mené et remporté pour être les chefs dans la famille et par extension dans la société ?

Si la domination de l’homme sur la femme est un fait divin, une décision ou une disposition de Dieu depuis la création alors les hommes n’ont aucun mérite, les hommes n’ont mené et remporté aucune bataille.

Bon ceux qui ne croient pas en Dieu pourraient plutôt considérer que cette domination est un fait naturel, une disposition aléatoire de la nature comme la couleur des yeux ou le résultat d’une sélection progressive liée à l’environnement comme la couleur de la peau.

Dans les deux cas l’homme n’a aucun mérite et n’a mené aucune bataille particulière pour être considéré comme chef de la famille et de la société par extension. Ça lui est tombé dessus comme ça et lui-même doit se débrouiller avec, tout le monde doit se débrouiller avec.

Et si l’on reste figer dans ces deux cas de figure, l’on peut dire que c’est peine perdue, que le combat pour l’égalité des sexes est peine perdue dans la mesure où il s’agit de lutter contre une chose naturelle donc dépendante de la volonté de personnes. Le coq ne pourra jamais devenir un aigle et il ne peut même pas le désirer, sa nature est d’être un coq et il ne peut pas aller contre sa nature.

Cela suppose alors que la lutte pour l’égalité des sexes est une lutte contre nature…

Mais il y a une réalité intéressante derrière tout ça c’est que l’humain, tout comme les autres éléments qui composent l’univers, ne peut pas aller contre sa propre nature.

Chaque action, chaque désir, chaque réalisation humaine sont possibles parce que c’est dans la nature humaine de rendre ces choses possibles. C’est naturel que l’humain veuille voler comme un aigle et pour réussir à voler, l’humain utilise ses capacités cognitives pour inventer une technologie qui va lui permettre de voler contrairement au coq qui n’a aucune alternative face à son incapacité à voler tel un aigle alors il ne peut donc le désirer, le coq se contente de sa situation sans espérer quoi que ce soit. Et il en est heureux.

Cela nous emmène donc à réfuter l’hypothèse d’un fait naturel ou divin concernant la domination masculine dans la sphère privée et publique, puisque les femmes désirent un changement de paradigme et ont réussi à entraîner un changement de paradigme, sans oublier que de nombreuses sociétés ont fonctionné avec des paradigmes différents du patriarcat.

Cette domination devient un fait social, une technologie mise en place par les humains grâce à nos capacités cognitives. Telle la technologie mise en place pour imiter ou reproduire les balades aériennes de l’aigle. L’humain a imaginé un ou des systèmes pour organiser la vie en groupe.

Dans ce cas de figure, deux hypothèses peuvent être mise en avant, plusieurs même mais on va se limiter à deux.

Premièrement, l’on peut considérer que le patriarcat est un contrat social, un accord entre homme et femme pour administrer la cité, accord que les hommes ont trahi de par leurs abus.

Ici aussi on peut dire que l’homme ne s’est pas battu pour être où il est, sa position est une faveur, le fruit d’un contrat qui le lie à la femme et en employant sa force contre la femme, celle-ci est en droit de rompre le contrat et exiger une renégociation des termes afin de placer l’égalité en droit en lieu et place d’une domination masculine.

Deuxièmement, considérons qu’il n’y avait aucun accord, aucun contrat, que les hommes ont imposé leurs volontés aux femmes afin d’obtenir le statut de chef de famille et de la société par extension.

Alors les violences conjugales et sexuelles ne sont plus simplement des abus de pouvoir mais des instruments de domination, des armes d’asservissement des femmes.

Ici on peut dire que oui, l’homme s’est battu, ou plutôt l’homme a battu la femme…

Dans ce cas, nous sommes dans une guerre des sexes instaurée par les hommes contre laquelle les femmes ripostent.

Ce qui est étrange c’est que les personnes qui demandent aux femmes de se battre comme des hommes sont les mêmes qui s’indignent que soi-disant le féminisme vient apprendre aux femmes à devenir des hommes, ce sont les mêmes personnes qui estiment que les femmes ne doivent pas devenir comme les hommes !

Alors si les femmes ne doivent pas devenir des hommes et que le seul moyen pour elles d’être respectée s’est de se battre comme les hommes ! Comment arriveront-elles à obtenir le respect et la considération qui leur sont dues en tant qu’humaine et citoyenne ?

Sincèrement c’est une vraie question que je vous pose, que je me pose ?

Est-ce qu’implicitement ces personnes veulent dire que la position de l’homme est la seule qui mérite respect et considération inconditionnelle ? Je pense que oui, mais ne vendons pas tout de suite la peau de l’ours ou de l’agouti (restons africain) …

Pour ma part, je pense que nous ne devons pas attendre que TOUTES les femmes posent des actions particulières, qu’elles se battent comme des hommes pour leur accorder, leur céder, ce qu’elles méritent !

Tous les hommes n’ont pas participé aux grandes batailles qui ont conduit l’humanité là où elle est aujourd’hui mais tous les hommes récoltent les lauriers, les fruits, les honneurs de ces luttes passées. L’on accorde à un homme du respect et de la considération avant de constater s’il est productif ou pas, s’il est un battant ou pas.

Mais lorsqu’il s’agit des femmes, l’on veut qu’elles soulèvent douze montagnes avec le bout du nez avant de leur accorder un seizième du quart du respect qu’elles méritent réellement et là encore ça dépend de si elles avaient porté des vêtements décents ou pas (lol) …

Evidemment chaque individu doit faire ses preuves, montrer que l’on a les capacités nécessaires pour bénéficier de telle ou telle chose, c’est la vie en société qui nous l’impose pour éviter l’anarchie. C’est pourquoi à compétences égales, l’on doit recevoir un traitement égal.

Mais lorsque certains individus obtiennent des faveurs sans prouver quoi que ce soit, c’est là qu’il y a injustice. Ou alors lorsque d’autres malgré les preuves palpables de leurs compétences, sont aussitôt disqualifiés, reçoivent des avis défavorables.   C’est là qu’il y a injustice.

Refuser d’engager une femme dans son entreprise parce qu’elle ne possède aucune des qualifications que l’on recherche et choisir un homme parce qu’il a remplit tous les critères demandés, c’est juste.

Et si à contrario c’est la femme qui est plus compétente et qu’elle est choisie, c’est toujours la justice.

Les femmes méritent les mêmes droits que les hommes.

Non, cette phrase est assez problématique. Elle renvoie à cette idée complétement barrée qui suppose que les femmes veulent simplement imiter les hommes, devenir des hommes. Alors je vais reformuler.

Tous les humains, sans distinction aucune, méritent les mêmes droits du simple fait de leurs existences.

Les femmes n’ont pas à se battre comme les hommes ou six fois plus que les hommes pour être considérée. Elles sont déjà nées, c’est la seule bataille que nous avons tous réellement remporté de ce fait elles méritent tout.

Pour aller plus loin avant que l’on me parle des différences naturelles inhérentes à chaque sexe, il est important de préciser que l’égalité des sexes renvoie à l’égalité des droits, il s’agit d’une notion théorique sur la façon que chaque individu doit être considéré.

Cependant cette notion d’égalité ne vient pas gommer les différences entre chaque individu. Elle vient puiser dans ce que nous avons tous en commun : notre humanité.

C’est parce que nous sommes tous humains que nous devons tous pouvoir décider de qui va nous diriger, c’est le droit de vote.

Mais bien qu’étant tous humains certains n’ont pas la capacité de comprendre ce qu’est le vote, ce qu’est une élection, ce que doit faire un dirigeant, du fait de leur jeune âge, c’est pourquoi à ses personnes l’on n’a pas accordé le droit de vote mais ce n’est pas définitif puisque la société prend le temps de leur apprendre ce qu’est le vote afin qu’eux aussi puissent jouir de façon pleine entière et consciencieuse de ce droit.

Autres différences, la différence biologique : cas de la grossesse.

La grossesse est un état qui touche physiquement uniquement les femmes, sauf cas exceptionnel où le géniteur ressent les douleurs de la grossesse, cela implique que concernant tout ce qui tourne autour de la grossesse, les lois et autres règles sociales seront uniquement tournés vers la femme. Cela n’est pas injuste pour les hommes puisqu’ils ne sont pas directement impactés par la situation, il est normal d’accorder aux femmes une période de repos après l’accouchement, non seulement pour s’occuper de l’enfant mais aussi pour récupérer des forces.

Ce qui était injuste, c’était de priver les femmes de la possibilité de travailler parce que potentiellement elles seront enceintes, donc peut-être en difficulté physique pendant neuf mois.

Toutefois l’on ne peut pas nier l’impact psychologique de la grossesse sur les hommes donc il faut permettre aux hommes d’obtenir pendant et après la grossesse un moment de repos où ils pourront nouer des liens avec leurs enfants et leurs femmes mais aussi porter assistance à ces dernières.

Il doit aussi exister des dispositions particulières pour les personnes à mobilité réduites et bien d’autres cas particuliers qui sont les différences naturelles entre tous les humains car nous ne sommes absolument pas tous identiques. Nous sommes simplement des semblables.

Semblable : terme intéressant utilisé dans la Bible pour désigner la femme avant sa création mais ne digressons pas. Merci…

L’on ne peut pas prendre en considération les particularités de chacun et y apporter des solutions adéquates si l’on estime que ces personnes sont moins importantes à cause de leurs différences.

Dans certaines sociétés, l’on considère que les femmes sont impures du fait de leurs menstruations. Cette façon de considérer les femmes fait qu’elles n’ont même pas le droit de partager leurs idées ou création en public pourtant il n’existe aucun lien entre ces éléments.

Pour traiter de façon adéquate cette particularité des femmes, il faut simplement considérer qu’elles sont humaines, pures, tout ce que l’on veut comme terminologie qui ne sont pas rabaissant ou qui les places au-dessus des autres. Une fois que c’est fait, les menstruations deviennent normales, banales, ainsi ce ne n’est plus la coulée de sang que l’on jugera mais le flot d’idées.

Il en est de même pour les hommes, le fait de considérer qu’ils sont des dieux parce qu’ils sont forts physiquement, fera qu’on les écoutera uniquement à cause des muscles, la férocité, la violence sans se soucier du contenu de leurs propos ou la pertinence de leurs créations et ils seront mis sur le banc de touche lorsque la force leur fera défaut.

C’est bien connu que dans nos sociétés l’on n’écoute pas les faibles.

En sommes, il est impératif que l’on cesse de nier aux individus leur particularité, que l’on cesse de rabaisser, que l’on cesse d’humilier les personnes sur des critères fallacieux. Que l’on utilise les différences pour nourrir les rancœurs, pour justifier le tort que l’on cause à l’autre.

Et plus important encore, messieurs, cherchez d’abord à porter votre bosse patriarcale, à vous déchargez de votre fardeau sexiste, de vous débarrassez de vos tares qui vous empêchent de vous émanciper de l’illusion, l’espérance d’une soumission féminine.

Vous êtes sans le savoir exclave de cette idée de domination, elle conditionne et cloisonne vos vies, vous n’êtes des hommes libres, vous êtes enchainés à une posture, un système qui vous fait souffrir et vous oblige à vous taire sous prétexte que cela fera de vous de vrais hommes.

Faites-le avant d’espérer être légitime, ce que vous ne deviendrez jamais, pour expliquer aux femmes comment mener leurs luttes. Vous n’êtes pas gênés de ne pas savoir vous occuper seuls de votre progéniture mais vous savez comment lutter contre le patriarcat !

Pardon je vais m’arrêter là avant de trop vous insulter ici sinon après vous allez dire que les personnes féministes sont impolis…

VOUS LUTTEZ POUR QUELS DROITS ?

VOUS AVEZ DÉJÀ TOUS LES DROITS, DITES MOI OÙ EN AFRIQUE VOS DROITS NE SONT PAS RESPECTÉS ?

Ici et là en Afrique nous voyons depuis des années des gens s’organiser en partie politique ou en association pour faire sur internet, dans les écoles et partout ailleurs la promotion du changement sociopolitique.

Ces personnes que l’on peut aisément appelé Opposants font la critique acerbe des dirigeants des pays du continent, leur reprochant d’avoir passé trop de temps au pouvoir et de n’avoir pas bien géré la chose publique sans oublier de rappeler qu’ils abusent trop souvent du pouvoir, d’utiliser ce pouvoir pour servir leurs propres intérêts.

S’il est vrai que ce combat fût noble à une certaine époque, aujourd’hui cette lutte n’a plus lieu d’être, cette lutte n’a plus aucun fondement réel d’existence.

Au départ les gens voulaient une ouverture politique, le multipartisme. Aujourd’hui c’est chose faite, le monopartisme est derrière nous, des élections sont organisées et les peuples choisissent eux-mêmes ceux qui vont les représenter dans les lieux de décision.

En quoi est-ce de la dictature si depuis 2002 les congolais choisissent en toute liberté Denis Sassou NGuesso pour diriger le pays ? Il suffit de voir comment le peuple se mobilise à chacune de ses sorties pour comprendre l’amour et le respect qu’ils ont pour lui. Peut-on ainsi aimer un dictateur ?

Vous me parlerez de limitation de mandat ou d’âge mais en 2016 c’est le peuple ivoirien qui a lui-même dit OUI au changement de constitution et en 2020 c’est encore le peuple ivoirien qui a demandé à Alassane Dramane Ouattara de se porter candidat aux élections, proposition qu’il a accepté dans un élan patriotique.

Toutes les constitutions de tous les pays africains sont une preuve palpable que ces pays sont des démocraties, des pays de droits, des pays où chaque citoyen est libre de s’exprimer, libre de travailler, libre de voyager, libre de vivre comme il l’entend, comme il l’espère.

Mais le peuple africain est paresseux, les gens ne travaillent pas, refusent de travailler ce qui explique largement les énormes taux de chômage !

C’est parce qu’aucun congolais n’était suffisamment qualifié que l’état s’est senti obliger de faire appel à un Canadien pour gérer le plus grand hôpital du pays ou encore de recourir à des entreprises chinoises pour la construction des routes et autres infrastructures. Bon c’est sans compter l’incivisme populaire qui entraîne la dégradation de ces édifices.

Les congolais détruisent les routes pour ensuite se plaindre du manque de route !

Bientôt le 1er Mai, fête du travail, nous verrons les jeunes et les adultes, les chômeurs et les travailleurs, tous unis comme une main, inondés les bars et boîtes de nuit plutôt que de revendiquer de meilleures conditions de travail.

De toute façon ils ne comprennent pas la démocratie, ils ne comprennent pas le concept de liberté individuelle.

Ils veulent les droits sont les devoirs qui vont avec.

Exemple vivre dans un pays où l’on a accès à internet mais refuser d’en payer le prix en se plaignant que c’est trop cher pour eux. Ce n’est pas trop cher, vous vouliez internet alors payez internet, c’est simple non !

Ils accusent les dirigeants de faire du favoritisme en choisissant uniquement les gens de leurs familles ou leur entourage pour servir la Nation pourtant nous savons tous que c’est dans les familles présidentielles que se trouvent les compétences !

Plutôt que de travailler, ils s’inventent des excuses, ils s’inventent des bâtons dans les roues au lieu d’accepter leur incapacité à avancer.

Ne parlons surtout pas du néocolonialisme, ce nouveau mot, ou plutôt ces nouveaux maux, qu’ils se sont inventés pour justifier leur dernière place sur l’échiquier politique mondial.

D’abord ils sont incapables de définir ce qu’est le néocolonialisme et ils traitent de vendus, nègres de maison, tous les africains qui ne pensent pas comme eux.

De la pure victimisation !

Sur le continent comme ailleurs dans le monde les africains ont tous les droits, ils ont les mêmes droits que tous les individus alors pour quoi luttent les panafricanistes ? Les Opposants politiques ?

Ils ne connaissent que la violence, rappelons nous de ceux qui se font appeler Combattants, qui prétendaient lutter contre la dictature en RDC demandant le départ de Joseph Kabila, privant les artistes de concert, allant jusqu’à créer une émeute pour empêcher Fally Ipupa de prester à l’Accor Hotel Arena.

Rappelons nous de Urgences Panafricanistes de Kemi Seba, des extrémistes, qui ont brûlé des billets de 5000 FCFA dans des pays où plus du quart de la population survit avec moins de 500 FCFA par jour, cet argent brûlé n’aurait pas été plus utile aux personnes démunies ?

Ils ternissent tous l’image de ces causes nobles pour des questions d’egos personnels, ils prennent des maux personnelles pour en faire des luttes collectives.

l’Afrique est un continent en paix et les dirigeants africains sont des acteurs de cette paix et cette stabilité.

Il est important de revoir la façon de lutter et surtout de faire l’effort conscient d’annihiler toute virulence dans vos propos.

Faites preuves de plus de douceur, plus de modération et surtout plus de retenu dans vos discours, dans vos revendications car il est intolérable que vous manquiez de respect aux autorités de nos pays.

Ne suivez pas les occidentaux comme des moutons, voyez ce qu’ils ont fait à Khadafi, aujourd’hui les Libyens le regrettent.

Protégez et aimez vos dirigeants.

Voilà mon conseil pour vous et ce n’est que mon avis sinon je salue toutes les personnes qui mènent réellement le combat de libération de l’Afrique.

Ceux qui comme Paul Kagamé ont compris que la lutte n’est pas contre les Blancs.

Ceux qui comme Kouadio Konan Bertin ont compris que la lutte n’est pas contre le président Alassane Dramane Ouattara.

Ceux qui respectent les autorités du continent et reconnaissent que toute autorité vient de Dieu.

Sachez que je vous aime et vous admire pour votre noble et beau combat.

Soyez tous bénis, les vrais anti-impérialistes, les vrais défenseurs de l’Afrique, surtout ne laissez pas les faux devenir l’image publique de votre lutte, vous devez les dénoncer sur la place publique, vous devez les faire taire avant qu’ils ne décrédibilisent encore plus votre lutte.

Marien Ngouabi, officier et homme d’Etat congolais, né le 31 décembre 1938 à  Ombele, mort assassiné le 18 mars 1977 à  Brazzaville. Il a été président de la République du Congo (puis de la République populaire du Congo) du 31 décembre 1968 à  sa mort. (c)Archives Jeune Afrique/REA *** Local Caption *** Marien Ngouabi

Journée Internationale de l’Ecrivain Africain…

C’est le 06 Novembre 2017 que mon premier roman a été publié et aujourd’hui 3 ans et 1 jour plus tard j’en suis à mon 4ème, et oui je suis un écrivain africain.

Et je le dis de façon purement prétentieuse.

Je voulais profiter de cette lucarne pour pousser un gros coup de gueule sur l’univers assez fade qu’est la littérature africaine, francophone surtout, une littérature expatriée car c’est en dehors du continent africain que les écrivain.e.s africain.e.s existent.

Les plus grand d’entre eux sont publiés dans les maisons d’éditions extra-africaines et reçoivent des récompenses extra-africaines. Leurs livres sont plus facilement disponibles hors d’Afrique ou dans des librairies non-africaines…

Bref je voulais pousser un coup de gueule mais ce n’est peut-être pas le bon moment car après tout qui suis-je et que sais-je de ce milieu élitiste ? Si ce n’est rien.

Par contre en tant que consommateur de la pensée et pensif, non penseur, je trouve que la culture de la médiocrité, de la non-intelligence est un peu trop devenue l’apanage du continent africain.

Des débats creux sur des thématiques vides entre des personnes rassasiées de corruption c’est ce qu’on nous sert toute l’année et c’est dommage.

L’esprit critique a été cloué à La Croix de Golgotha et nous attendons impatiemment son retour puisque Jésus revient bientôt il aura peut-être comme le Père Noël, vu qu’ils sont célébrés à la même date, dans un petit sac toutes les choses qui manquent à mon continent.

Note pour plus tard : écrire une lettre à Jésus.

L’assassinat sur la place publique, prémédité et extrêmement bien organisé, de l’intellect empêche l’éclosion d’une réelle industrie du savoir en Afrique et boom chaque année fuite des cerveaux…

Mais doucement, que je me disperse…

Je n’ai même pas pris le temps d’honorer mes prédécesseurs écrivains, ceux qui ont ouvert la voie à ce que moi aussi je puisse croire que je suis capable d’écrire et que je suis né pour écrire. Je ne parle pas de Jean Malonga qui est officiellement le premier congolais a publié un ouvrage dans la langue du colon et a donné vie à cette littérature congolaise d’expression française, d’ailleurs inutile d’ajouter d’expression française car le terme congolais suffit à comprendre si l’on connait l’histoire de ce pays dans quel langue pourrait écrire tout écrivain venant de là-bas.

Non, ceux que je veux honorer ce sont les premiers Homos Sapiens Sapiens, ceux qui ce sont affranchis de leur propre condition purement instinctive pour raisonner. Ceux là qui, les premiers, ont pris conscience de leur dessein et de qui ils étaient pour ensuite se dresser au dessus de toutes les autres créatures de cette planète, ils ont inventé Dieu puis la spiritualité, puis la religion, la technologie, l’écriture, ils ont bâti des civilisations, nous léguant un énorme complexe de supériorité car même si pendant plus d’un demi millénaire l’humain d’Afrique a été rabaissé, déshumanisé par l’humain d’Europe et d’Asie Orientale, ce qui fait qu’aujourd’hui il a développé un énorme complexe d’infériorité par rapport aux humains des autres régions du monde, il demeure un Sapien Sapien ce qui fait qu’il ne se sentira jamais inférieur à un Lion malgré la toute puissance brute de cet animal que l’on qualifie abusivement de Roi de la Forêt.

Aussi toutes mes pensées vont à celui ou ceux qui a/ont eu la bonne idée de guider le peuple que l’on appelle Bantoue vers le bassin du Kongo pour le coloniser, oui c’est un peuple de colons, et créer plus tard le Royaume Loango, une civilisation forte de créativité et forte d’espoir nourrissant de grands rêves pour son propre avenir.

Royaume formé par différentes peuple unis par une mission commune : la prospérité.

Je suis un enfant de ce Royaume, un enfant de deux peuples formants ce Royaume, je suis Yombé de ma mère et Vili de mon père.

Moi-même, je suis congolais, un vrai congolais, j’appartiens avant tout au peuple congolais car mon histoire personnelle est congolaise, ma culture, mon phrasé, mes aspirations, tout mon être respire le Congo, J’ai grandi entre Pointe-Noire, Brazzaville, Ouesso et Dolisie, je suis pluriculturelle, un hybride pas assez africain et pas assez européen. Je suis un fruit de la colonisation, déraciné avant même que la graine ne touche le sol, je n’ai pas de problème d’identité, mon identité est complexe et c’est ce qui fait ma force, ma beauté et la puissance de mon écriture.

Mon écriture est l’émanation d’un ressenti qui me dépasse, c’est l’émerveillement du premier humain à voir les étoiles, à toucher de l’eau, à manger une mangue, à marcher, à courir. C’est la tristesse du premier humain à perdre un parent, à se blesser physiquement, à avoir une déception amoureuse, à tomber d’un arbre. C’est la peur du premier humain à croiser un serpent, à chuter d’une falaise etcetera…

C’est tout ce méli-mélo constant et consistant de sensation étrange et étrangère qui font que la première fois que j’ai eu peur, je n’avais pas l’impression que c’était la première fois, je savais exactement quoi faire ou plutôt je faisais ce qu’il fallait sans forcement le comprendre et il en est de même pour la première que j’ai écrit une histoire, je l’ai vécu comme une répétition, comme un déjà fait, un déjà vu, je le faisais sans savoir pourquoi, sans savoir comment mais je le faisais avec douce facilité et je suis devenu accro, pas parce que j’ai aimé le faire mais parce que j’ai compris ce jour-là que je devais le faire.

J’écris parce que d’autres ont écrit avant moi, toute mon originalité réside dans le fait que je suis moi mais pour le reste ce n’est que répétition d’action et pensée millénaire.

Je suis heureux d’avoir, à mon échelle, réussi, en suivant mon crédo qui est « Faisons Le Nous-Mêmes », à créer tout un univers autour de ma passion et ma mission du moins ce que j’estime être ma mission actuellement. C’est tout un chemin parcouru depuis l’obtention de mon baccalauréat en 2014, l’année où mon insouciance a été mise à l’épreuve et où le monde a commencé à m’exiger d’avoir des certitudes. J’ai beaucoup muri depuis cette époque et c’est totalement grâce à l’écriture.

Je l’avoue, je passe plus de temps à écrire qu’à lire, donc je ne connais pas bien la littérature qu’elle soit africaine ou autre mais je fais l’effort conscient d’apprendre chaque jour un peu plus afin de dissiper mon ignorance même si c’est un exercice impossible.

Alors pour en revenir à cette Journée Internationale de l’Ecrivain Africain, je dois dire que peut-être moi aussi pour être beaucoup plus entendu je dois partir en exil intellectuel au pays de l’ancien colon, nouveau partenaire économique afin de diffuser par mes écrits une critique d’un continent où je ne vivrais plus et dont je n’aurais que des souvenirs lointains mais puisque je saurais que rien de nouveau sous les tropiques alors toutes mes paroles seront bues telles du bissap qui soit dit en passant n’est jamais frelaté.

Mais bon peut-être est-ce juste là les mots d’un jeune auteur frustré en mal de reconnaissance qui se souvenant de son passé de rappeur décide de clasher ces collègues plus célèbres afin de surfant sur leurs buzz et recevoir de la lumière sur sa littérature de cours d’école primaire !

En tout cas, j’ai fait mon travail, j’ai écrit, si cela a du sens c’est bien si non c’est bien aussi.

Fin de la thérapie.

Hypocrisie : un mal francophone ?

Nous les francophones avons un grand attachement au “bien paraître” , nous sommes éduqués à nous voir dans l’œil de l’autre et on nous apprend que l’autre doit bien nous voir, nous devons séduire l’autre en affichant un comportement, un style vestimentaire, un langage exempt de tout reproche.

Et c’est une très bonne chose car nous avons réussi à construire une société ou plutôt des sociétés où la bonne moralité est le partage de tous. Nous avons tous conscience de l’importance de la bienséance et de la vie sinon l’avis de l’autre.

Mais le problème est qu’en réalité aucun humain n’est parfait, aucun humain n’est bien sous toutes les coutures mais encore plus “le bien” tel que conceptualiser dans nos sociétés francophones souffre d’une rigidité inhumaine alors que l’humain est flexible.

Pour exemple dans nos sociétés francophones l’on a décidé que Avocat est un métier “noble” et que locks est une coiffure “vulgaire” de ce fait il est inadmissible ici qu’un avocat soit locksé !!!

(et je ne parle pas particulièrement du rapport chaotique entretenu avec les cheveux crépus)

La personne qui veut être avocate et en même temps veut des locks aura certainement un cas de conscience, elle va s’interroger sur la concordance entre ses deux amours et il y a de fortes chances qu’elle mette de côté son amour esthétique, son envie de locks, afin de correspondre au standard puisque comme j’ai dit plus haut, nous sommes attachés au “bien paraître”.

Plutôt que d’être nous-mêmes pleinement, nous faisons semblant. Au lieu d’être, nous paraissons cela n’a aucun rapport avec le fait que nous soyons paresseux, c’est un autre débat mais voilà un peu…

C’est ainsi que nous faisons semblant d’être pudiques, nous faisons semblant de ne pas être cupides, nous faisons semblant d’être des personnes de bonne moralité.

Mais alors que nous-mêmes faisons semblant, nous jugeons les autres, nous réprimandons ceux qui osent sortir du lot, ceux qui osent être eux-mêmes, ceux qui ne font pas semblant car nous considérons cela comme un affront.

Oui, comment peuvent-ils oser montrer qu’ils sont cupides alors que nous faisons tous l’effort de paraître désintéressés, comment peuvent-ils oser se montrer impudique alors que nous faisons tous l’effort de vivre dans la pudicité, qui sont-ils pour sortir du lot, pour se démarquer ?

Les sanctions sociales s’abattent alors sur ces personnes, exemple cet avocat qui sait extrêmement bien faire son travail mais ne reçoit aucune opportunité simplement parce qu’il a décidé de garder ses locks.

Je suis sûr que dans toutes les sociétés humaines il y a des diktats qui font que les individus ne peuvent pas exister à l’intérieur du groupe sans en suivre les codes au risque d’en être exclu sauf que je remarque que nous sommes beaucoup plus hypocrites en francophonie sur des détails dont l’impact social est minime sinon nul.

Que risque une personne en étant défendue par un avocat locksé ? Quel est le problème avec les locks ? Ou c’est l’avocature le problème ?

Rendons nous compte que nous sommes gênés de parler argent, d’afficher nos ambitions, nos réalisations au risque de paraître vaniteux !

Pourtant l’argent est au centre de nos rapports sociaux quotidiens, nos ambitions sont des moteurs précieux et nos réalisations sont les plus belles récompenses en notre possession et un très gros lègue à l’humanité alors pourquoi s’en cacher ? Pourquoi faire semblant d’être désintéressé par l’argent ? Pourquoi chuchoter ses ambitions ?

À quoi bon vivre si c’est pour être en permanence en compétition avec nous-mêmes car nos vies intérieures sont radicalement différentes de nos vies extérieures ?

Évidemment ceci n’est pas un constat général d’une société en souffrance composée de clones qui se toisent les uns les autres pour constater lequel tente de se détourner de la norme.

Ceci est peut-être simplement la projection d’un mal-être personnel, l’extériorisation d’une vie de fausses apparences nourrie par un désir de correspondre au modèle social présenté mais j’avais peut-être pas compris qu’il n’y avait aucune obligation à suivre le modèle, je peux certainement être qui je veux puisque tout est permis même si tout n’est pas utile.

Est-ce utile pour un avocat d’avoir des locks ? Certainement pas, mais l’humain qui exerce le métier d’avocat y trouve une utilité esthétique alors il peut se permettre d’arborer fièrement ses locks. C’est ainsi qu’on trouve des compromis entre soi-même et la société.

Je me perds peut-être dans cette longue lettre que j’écris à moi-même en espérant que quiconque me lira y trouvera un peu de lui et une réponse à un doute qui jusqu’à présent semblait insolvable et surtout éternel.

Je demeure convaincu que nous pouvons et devons être nous-mêmes, que chacun soit lui afin que luise nos étoiles intérieures et que planète s’éclaire avant que planète éclate parce que vérité éclore.

Mémo : mes mots sont un remède à mes maux, je m’aime oh.

Mea Culpa : mon inconscience politique

Le 24 Janvier 2014 je suis devenu, avec 46 autres jeunes, membre du Parlement National des Jeunes du Congo pour un mandat de 5 ans (mandat ayant pris fin cette année) en tant que membre de la Commission Éducation, Affaires Sociales et Culturelles.

Cette « institution » a été créé par la chambre basse du Parlement du Congo sous l’impulsion de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie et était à sa première édition. (Nous en sommes les premiers membres)

La mission du Parlement National des Jeunes est/était de représenter les intérêts des jeunes en matière de défense de leurs droits fondamentaux (santé, éducation, protection de l’environnement, acquisition de nouvelles technologies, …)

De plus les membres du Parlement National des Jeunes peuvent/doivent faire collectivement ou individuellement des propositions de lois, ces propositions de lois peuvent être reprises par les Parlementaires seniors et devenir des lois.

Le Parlement National des Jeunes qui était censé se réunir en deux sessions ordinaires chaque année ne s’est réuni en session plénière qu’une seule fois (c’était lors de sa création).

Nous n’avons jamais été contacté ou encadré, depuis le jour de notre établissement jusqu’à aujourd’hui aucune séance de travail n’a été organisé, aucun travail n’a été fait pour accomplir nos missions.

Le Parlement qui nous a mis en fonction n’a pas fait le travail qu’il fallait pour nous encadrer car l’objectif de cette institution était d’apprendre aux jeunes les rouages de la politique mais aussi nous les membres de cette « institution » n’avons pas fait face à nos responsabilités vis-à-vis de la jeunesse que nous étions censés défendre car c’est pour porter haut la voix des jeunes que nous avons été choisi.

Mais le plus grand fautif dans cette histoire c’est moi.

Cela fait très exactement 5 ans que j’ai le pouvoir d’entraîner le changement dans mon pays et que j’ai choisi de ne rien faire !

En effet cela fait 5 ans que je ne suis pas un jeune congolais lambda, au vue des statuts et réglement intérieur du parlement.

En temps que Jeune Parlementaire j’ai lamentablement failli à ma mission, je n’ai pas défendu les jeunes, je n’ai pas porté leurs problèmes (problèmes que je connais et vis au quotidien) devant les autorités politiques congolaises.

Je pourrai me cacher derrière le fait que je n’étais qu’un simple membre sans grande responsabilité, derrière le fait que je devais attendre d’être convoqué par mon président pour parler, derrière le fait que je devais attendre d’être formé par le Parlement pour savoir exactement quelles actions menées et comment gérer cette fonction mais tout comme personne ne m’a demandé d’agir personne ne m’a empêché d’agir.

Aujourd’hui je fais fasse à mes concitoyens et je vous dis sincèrement PARDON, pardon d’être resté muet, pardon de ne pas avoir eu le courage d’incarner le changement, pardon d’avoir incarné ce que nous meprisons tous : la MÉDIOCRITÉ.

Néanmoins il n’est pas trop tard, l’humain se nourrit d’expériences. Cette expérience m’a appris énormément de choses et je me sens capable aujourd’hui de faire ce qu’il faut pour notre Nation.

Car personne d’autres que nous ne sait ce que nous voulons, car personnes d’autres que nous ne comprend nos problèmes, car personnes d’autres que nous veut l’amélioration de nos conditions de vie : #Faisons_le_nous_mêmes

P.S : ceci est un message politique mais pas un engagement en politique.