Pourquoi suis-je devenu PROFEMINISTE ?

Du primaire au lycée et même dans mes premières années à l’université, j’étais un petit farceur qui adorait taquiner tout le monde surtout les femmes, certaines fois j’allais beaucoup plus loin, je ne faisais pas qu’être taquin, j’étais ouvertement un gros pervers dégueulasse. Je soulevais les jupes des filles dans la cour de l’école ou en classe, je touchais leurs seins, leurs fesses, je me permettais d’accéder à leur intimité sans en mesurer les conséquences ni pour elle, ni pour moi. Le plus étrange c’est que je détestais ce comportement et je n’arrivais pas à m’expliquer pourquoi j’agissais de la sorte.

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais considéré que les hommes sont supérieurs aux femmes et j’ai toujours mal vu les rôles de genre. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait que les femmes soient soumises aux hommes et surtout pourquoi les hommes étaient systématiquement les chefs. Grandir avec des héros masculins partout me paraissaient bizarre alors que chez moi le pouvoir était conjugué au féminin, puisque c’était ma mère qui commandait. Mais cela était certainement dû au fait que nous étions une famille monoparentale, ça aurait peut-être été différent si je vivais avec mon père aussi. Certaines personnes m’ont toujours demandé, du fait de l’absence de mon père : “qui est la figure d’autorité chez toi ?” je répondais ma mère et l’on refusait ma réponse alors je me demandais ce qu’il manquait à ma mère pour être une figure d’autorité sachant qu’elle est très autoritaire.

Ce que je dis là peut vous paraitre totalement incohérent, incompatible ou autre. Sachez que moi aussi tout cela me paraissait de plus en plus incongru. Peut-être était-ce la maturité ou je-ne-sais-quoi d’autre mais en 2016 à la faveur d’un gros doute concernant mon avenir, de grandes incertitudes sur mon futur, j’ai débuté une longue interrogation sur la société et sur ma personne, aussi sur mes rapports avec les femmes. C’est dans cette introspection que j’ai compris la toxicité de ma propre masculinité, j’ai compris qu’à 5 ans une amie de la famille avait abusé de moi, que ma vision de la sexualité était malsaine et bien d’autres choses liées à mon vécu et à ma condition masculine. J’ai alors décidé de faire un travail sur moi-même pour changer tout cela. Ma démarche est d’abord intéressée, personnelle, il s’agit pour moi de devenir meilleur homme afin d’être un meilleur époux et père, plus tard.

En 2019, je me suis publiquement engagé dans la promotion de l’égalité des sexes par l’élimination de la masculinité toxique. Peut-être qu’inconsciemment ou consciemment il s’agissait de me racheter une conduite, je ne sais pas, ce que je sais c’est qu’il y a toujours en moi un feu qui brûlait et le jour où j’ai pris cet engagement, ce petit feu est devenu un brasier et depuis je suis un homme heureux.

Alors comment être un homme féministe sans tomber dans le mansplanning ?

Cette question je me la suis posée tout au long des années 2019 et 2020. La question de la légitimité car qui suis-je pour dire W, pour faire X, pour penser Y et surtout pour critiquer Z ?

En tant que jeune, que sais-je de la vie et de la complexité de cette société, du monde ?

En tant qu’africain, que sais-je du féminisme, un mouvement né en Occident il y a des lustres ?

En tant qu’homme, que sais-je de ce que vivent les femmes au quotidien en Afrique, dans le monde ?

Sachant que le mansplaining c’est le fait pour un homme d’expliquer avec un ton paternaliste, condescendant, à une femme quelque chose qu’elle est censée savoir en considérant son expertise professionnelle, son parcours académique ou simplement son sexe.

C’est une pratique basique dans une société patriarcale puisque l’on part du principe que les femmes ne savent pas, elles ne peuvent pas savoir et au quotidien cela se matérialise par le refus de leur permettre d’accéder à la connaissance, une injustice encore présente et légale dans de nombreux pays. Ce refus de donner aux femmes les clés du savoir sert à asseoir la domination masculine.

Alors sachant cela j’ai pendant un certain temps été réticent à l’idée de prendre la parole pour les droits des femmes, contre le sexisme, pour la justice. Car n’étant pas une femme en réalité il m’est impossible de comprendre entièrement les tenants et les aboutissants du vécu féminin et une femme ne peut pas entièrement comprendre la complexité du vécu masculin.

C’est pourquoi j’ai décidé en novembre 2019 de m’adresser aux hommes, de dénoncer les préjugés et comportements ayant des effets nocifs sur l’homme d’abord et la femme ensuite.

Armé de mon smartphone et de mon cerveau, j’ai pendant 30 jours dénoncé ce que certains psychologues ont décidé d’appeler masculinité toxique.

Cette campagne en ligne, ou plutôt « on Facebook », m’a aidé à répondre à cette question, cette appréhension qui me bloquait.

De façon simple, pour être un homme féministe sans tomber dans le mansplaining il faut parler de son expérience d’homme et surtout faire une dénonciation des faits et/ou des attitudes, des actions posées par, les hommes ou par les femmes.

Après cette campagne mon constat était amer : le patriarcat a encore de beaux jours devant lui en Afrique.

Révoltant !

J’ai donc décidé de continuer d’écrire, de continuer de dénoncer ce sexisme, cette masculinité toxique, car j’ai en horreur cette image de prédateurs donnée à l’homme et que l’homme se donne puisque cela lui permet de briller en société phallocrate.

Faire briller les hommes au détriment des femmes, sur les corps des femmes, sur l’honneur des femmes, en exploitant les femmes. JE DIS NON !

Quelle est la place des hommes dans la lutte ?

Le féminisme est une idéologie, un mouvement qui promeut l’égalité dans toutes les sphères de la société entre les femmes et les hommes. L’atteinte de cette égalité passe par la réduction et la disparition complète des inégalités de genre, des discriminations basées sur le sexe au sein de nos sociétés et comme il est assez flagrant de le constater, ces discriminations touchent principalement les femmes.

En effet, dans nos sociétés ce sont les femmes, du simple fait d’être des femmes, qui ne jouissent pas ou ne jouissaient pas (c’est selon le pays où l’on se trouve) pleinement des droits accordés à tous les citoyens. Elles sont/étaient classées en citoyen de seconde zone, elles sont/étaient considérées comme inférieures aux hommes.

De ce fait, le féminisme lutte principalement contre toutes les discriminations faites aux femmes et fait principalement la promotion des droits des femmes.

La femme est donc l’objet premier du combat féministe.

Être un homme féministe est sujet à controverse dans la mesure où, les discriminations dénoncées sont causées par les hommes et vécues par les femmes, dans la mesure où même en dénonçant ces violences l’homme garde les privilèges que lui confère la société patriarcale.

Le terme « homme féministe » ou « féministe homme » est alors clairement problématique.

En ce qui me concerne, je préfère le terme « pro féministe » car il traduit mieux le rôle des hommes dans le et hors du féminisme.

Prenant le sport par exemple, il y a de nombreux individus qui ont en commun un amour inconditionnel du football, ils ne vivent rien que pour vibrer à chaque rencontre, chaque débat, chaque tournoi.

Cependant tous ces individus, bien qu’aimant tous le foot, n’ont pas, dans la pratique, la même incidence sur le football. Certains sont footballeurs professionnelles, d’autres supporteurs, d’autres sont entraineurs et j’en passe.

Je considère que dans le féminisme les hommes sont des alliés, des supporteurs et les femmes sont des footballeurs, ce sont-elles les stars. Nous, les hommes, aimons le féminisme, promouvons l’égalité des sexes, dénonçons le sexisme mais le plus gros du travail, celui de remporter la victoire contre le patriarcat appartient aux footballeurs c’est-à-dire aux femmes.

Cette configuration et cette dénomination sont très importantes dans la mesure où il est ici question pour les femmes de se réapproprier leur histoire et de se construire une nouvelle réalité sociale.

Je veux dire que si ce sont les hommes qui se mettent pour défendre les droits des femmes, aucune évolution ne sera faite, l’on va encore retomber dans ce vieux schéma patriarcal qui veut que les hommes protègent les femmes.

Sauf que les femmes ne sont pas de faibles choses, des êtres fragiles, incapable ne serait-ce que d’hurler « EGALITE OU LA MORT ! »

Je ne défends pas les femmes, elles se défendent seules, je suis ramasseur de balles et nettoyeur de fusils.

Cela va sembler bizarre à certains et c’est ce qui les répugnent certainement dans cette lutte mais ici, pour une fois, les hommes doivent se mettre aux côtés des femmes et même derrière elles car c’est à elles d’emmener ce navire qu’est le féminisme à bon port.

Et aussi contrairement à ce que certains peuvent penser ou dire, il ne s’agit pas de brandir les hommes, de mettre les hommes au-devant de la scène, pour montrer que le féminisme sait être tolérant, la non-mixité est un choix stratégique, idéologique, politique totalement légitime, le féminisme n’a pas besoin des hommes pour se faire entendre. Les femmes n’ont pas besoin des hommes pour exister dans la société.

Il ne s’agit pas non plus en tant qu’homme de se revendiquer féministe ou allié uniquement pour obtenir des faveurs sexuelles de la part des féministes, ce que certains ont l’audace de faire sans aucune vergogne dans le but d’humilier ces dernières puisque le sexe est vu comme un moyen de contrôler les femmes.

Il s’agit de participer à la création d’une société plus juste, plus équitable et plus respectueuse des droits humains dans leur entièreté. Il s’agit de se débarrasser des mentalités, des habitudes qui sont nocifs à nous-mêmes hommes, telles que la pression pour les performances sexuelles, l’incapacité à transmettre nos émotions, notre absence auprès de nos enfants et j’en passe.

Comprendre qu’il est bénéfique pour les hommes de lutter contre le sexisme, c’est la première étape vers la construction de cette société plus juste et je nous invite tous à y placer sa pierre, à aider à l’édification de ce nouveau modèle de société.

Pourquoi suis-je devenu proféministe ? Je ne saurai aisément répondre à cette question en réalité car oui, je suis un opportuniste. J’ai vu dans ce mouvement l’opportunité de devenir meilleur, de devenir beaucoup plus fier de moi-même, d’être en accord avec mes doutes, de me racheter de mes mauvaises conduites qui ont certainement contribué à briser la confiance que certaines femmes femmes avaient en elle-même, je me suis engagé pour guérir de mes blessures, pour améliorer ma vision de la sexualité, ma perception du monde mais surtout ma perception de moi-même. Je me suis engagé pour moi, pour mes douleurs, mes blessures, mes regrets, mes remords personnels.

Je suis devenu proféministe en espérant qu’à travers mon engagement des gamins ne prennent pas les mêmes décisions que moi, ne vivent pas les mêmes traumatismes que moi.

Je ne suis pas une personne exempte de tâche mon passé, mon intimité est mille fois plus laid que les maux que je combat et j’espère me dessiner un bel avenir.

Je prends la parole parce que je le peux, parce que je le dois, parce que je n’ai pas d’autre choix que de dire ce que je dis et faire ce que je fais.

Je suis tombé dans le gouffre, je souffre, peut-être que je changerai mais en attendant je suis là et je ne lâcherai pas le morceau.

Bref c’était Un Homme à la Mer…

HOMME NOIR ET PATRIARCAT

[ Publication du 06 Novembre 2021 ]

Bonjour à tous et à toutes

J’espère que nous allons tous bien, moi je suis toujours au chômage mais mon esprit travail.

C’est pourquoi ce matin, j’aimerais revenir sur cette publication du 1er Novembre ainsi que la vague d’indignation et d’acquiescement que cela a suscité.

Avant tout propos, je m’excuse auprès de toutes les personnes qui d’une façon ou d’une autre ont été heurtées, choquées, blessées par ma publication.

Plus précisément les personnes qui ont estimé qu’il s’agissait là d’une stigmatisation, d’une catégorisation des personnes dites Noir.e.s …

Sachez que vos réactions étaient totalement émotionnelles et contrairement aux personnes qui s’asseyent pour dire « sortez de l’émotion« , moi je vous dis que vos réactions étaient légitimes.

Vos frustrations, qui ont dans une certaine mesure terni votre jugement face à ma publication, étaient parfaitement justifiées.

Oui, vous êtes frustrés, vous êtes en colère, vous ne comprenez pas pourquoi sans raison réel, sans justificatif valable, les Noir.e.s sont chaque jour méprisés.e.s et martyrisé.e.s, vous êtes frustrés de voir qu’à cause de votre différence biologique l’on vous mette à l’arrière de la société.

En effet depuis des siècles les Noir.e.s, hommes et femmes, sont sujets à une déshumanisation sans précédent, ils sont, non, nous sommes, victimes d’une campagne millénaire de diabolisation de nos cultures et de nos corps.

À notre couleur de peau, à nos traditions, ont été accolées les pires défauts et nombreux sont les Noir.e.s qui participent à cette diabolisation, stigmatisation des personnes dites Noir.e.s sans état d’âme ni scrupules.

C’est pourquoi il est parfaitement normal qu’en voyant les mots « Homme Noir » suivi d’une qualification négative, vous ayez été blessé.

Vous aviez totalement raison de réagir comme vous l’aviez fait et peu importe les intentions derrières mon propos, ma façon de formuler la chose dans un contexte social hostile aux Noir.e.s, ne donne pas lieu à mille interprétations.

Cette publication stigmatise les hommes Noirs. C’est un fait

Et je m’en excuse, nous méritons mieux.

Maintenant que c’est dit revenons à ma publication, au fond qu’est-ce que je voulais dire ?

Premièrement, j’ai totalement fait exprès de circoncire mon propos aux hommes Noirs parce que ce sont eux qui me lisent et ce sont eux que je côtoie, c’est leurs façons de vivre, leurs cultures, leurs aspirations que je connais.

Aussi, je ne crois pas avoir un quelconque intérêt à parler des autres peuples, à critiquer le mode de vie des autres peuples.

S’il faut faire une critique, je la ferai contre ou pour les personnes qui sont comme moi et ce n’est pas non plus de l’exclusion.

Il s’agit ici d’être réaliste, je n’ai jamais quitté l’Afrique, je ne vis qu’avec des Noir.e.s alors je ne parle que d’eux même si j’apprends de tous les peuples.

Peut-être lorsque je me retrouverais ailleurs qu’ici, je me sentirai légitime de parler des Arabes, des Juifs, des Corses et autres.

Deuxièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs afin de titiller votre fragilité.

Oui, vous êtes fragiles et cette fragilité découle des frustrations dont j’ai parlé dans l’avant-propos.

Peut-être que maintenant vous comprendrez que réagir dans l’émotion a ou peut avoir une légitimité et que le discours d’une personne qui réagit par rapport à ses frustrations n’est pas à bannir.

Ce sursaut d’orgueil que vous avez eu en lisant ma publication, vous devrez l’avoir chaque jour contre toutes les discriminations.

Il est intolérable de permettre à quelqu’un de venir tranquillement salir l’image de toute une catégorie de personnes, tout un peuple, c’est inadmissible.

Troisièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs car nous devons sans aucun ménagement critiquer les tares de nos sociétés.

Ce n’est pas en cachant la poussière sous le tapis qu’on rend une maison propre et nous, africain.e.s, avons trop souvent tendance à nous mentir à nous-mêmes au sujet des maux dont souffrent nos sociétés.

Globalement ici il n’y a que deux façons de considérer nos difficultés : pour les amoureux de l’Afrique, nos problèmes ont toujours des causes exogènes, c’est toujours la faute des autres peuples si X ou Y nous arrive et pour les haineux de l’Afrique, nos problèmes ont toujours des causes endogènes, c’est parce que le Noir est mauvais que X ou Y nous arrive.

Ces deux approches n’ont aucune réel objectivité, nous refusons de faire une analyse sociologique profonde de nos sociétés et lorsque nous le faisons, nous refusons de voir les résultats surtout pas en public car nous avons peur que les autres peuples nous regardent et se moquent de nous.

Cette attitude est la preuve encore une fois de notre fragilité et de notre haine de nous-mêmes, s’aimer ce n’est pas cacher ses défauts, s’aimer c’est ne pas craindre l’avis des autres sur soi.

Et tant que nous refusons de régler nos problèmes, ils vont perdurer.

Quatrièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs parce que l’homme Noir souffre de sa masculinité et cette souffrance n’est absolument pas silencieuse, elle est visible de tous et toutes mais nous avons décidé de détourner le regard.

Les sociétés dans lesquelles les hommes Noirs évoluent aujourd’hui sont profondément sexistes et racistes, c’est dans ce contexte que l’homme Noir s’est construit une carapace de virilité au dessus de ses blessures.

L’homme Noir souffre du racisme qui dans un monde globalisé touche autant le jeune afro-américain de New-York que le jeune béninois de Parakou, nous sommes tous directement ou indirectement victime de ce racisme ambiant.

Ce racisme qui ne cesse de nous dire que nous ne sommes rien ni personne, que nous n’avons de valeur que celle qu’on veut bien nous attribuer, chaque jour nous sommes diminués et renvoyés à un état de bestialité.

L’homme Noir souffre d’être Noir mais il a au moins la chance d’être homme.

Alors on se construit autour de l’identité masculine, on se recroqueville dans la virilité pour retrouver un peu d’estime de nous-mêmes, un peu d’amour propre.

La virilité est devenue notre arme, notre argument de valorisation principale, chaque blessure raciste est pansé avec des « je suis un homme, je suis fort« …

« Grosse bite » qui est une insulte contre nous est devenu la mascotte de notre masculinité.

Mais si seulement il s’agissait d’un problème de racisme.

Nos sociétés traditionnelles sont elles-mêmes les haut lieux d’une masculinité viriliste qui ne dit pas son nom.

L’homme Noir est roi, guerrier, incontesté et incontestable.

Cette force brut qu’est l’homme Noir vient se confronter à la réalité dure et sans équivoque de la jungle urbaine à l’heure où toutes les branches de nos traditions ont été détruites mais tel un membre fantôme ça continue de nous démanger.

Enfin, pour entrer dans le vif du sujet ma publication vient dresser un constat, faire un portrait, celui de l’homme Noir, l’homme Noir tel que notre société le construit et son rapport à la parentalité, la paternité.

Sous nos cieux les enfants sont considérés comme une richesse au sens propre comme au figuré, un homme qui a beaucoup d’enfants est un homme riche.

Sans parler du fait que c’est un signe, une preuve de virilité, de puissance pour un homme que d’avoir une multitude d’enfants.

Lorsque deux âmes s’unissent, elles unissent aussi leurs familles et le fruit, la concrétisation de cette union ce sont les enfants.

Les enfants sont une importante unité de mesure dans nos sociétés où l’on ne jure que par la famille, où la famille est considérée comme le socle de tout.

Afin de se conformer à cet idéal social, les hommes Noirs n’ont aucune hésitation à faire le plus d’enfants possibles et nous en sommes extrêmement fiers.

Lorsqu’il s’agit de concevoir les enfants, les hommes Noirs répondent toujours présent, il est inadmissible chez nous de ne pas vouloir avoir des enfants.

Cependant il est étrange de constater que ces hommes éduqués et conditionnés à la procréation soient incapables de s’occuper seuls de leurs enfants.

Loin d’être un mauvais père, l’homme Noir sait être responsable face à ses enfants, il fournit à ses enfants un toit où s’abriter, de quoi se nourrir pour être en bonne santé et fait office de figure d’autorité, l’incarnation de la ligne droite à suivre, le wagon de tête.

Mais il demeure inaccessible, l’homme Noir est loin de ses enfants, si loin qu’il n’est plus visible c’est uniquement son ombre qui plane au-dessus du foyer.

Humainement, l’homme Noir n’a aucune relation avec sa progéniture.

L’on pourrait aisément me dire que tous les hommes Noirs ne sont pas ainsi mais quelle est la norme sociale ?

Toutes les sociétés ont des normes, des comportements, des raisonnements, des activités qui sont jugés comme normaux et c’est dans tous les domaines.

Alors je repose ma question, quelle est la norme chez nous ?

Si la norme c’est la complicité entre père et enfants pourquoi ça nous paraît si étrange et exceptionnelle qu’un homme soit proche de ses enfants ?

Quels sont nos modèles ? Dans nos contes traditionnels, au théâtre, au cinéma, dans les romans, les poésies, les chansons. Comment le père Noir est-il dépeint ? Quel portrait fait-on de lui ?

Combien sont les enfants qui bien qu’ayant leurs pères vivants, bien que vivants avec leurs pères, ressentent l’absence de ces derniers ?

Combien de pères souffrent de cette relation où ils travaillent pour leurs enfants mais ne partagent aucune intimité avec eux ?

De toutes ces questions pourraient en découler une autre qui a toute son importance pour ne pas dire la plus importante : est-ce qu’il est nécessaire pour les pères d’être proches de leurs enfants ?

Pour ma part oui et chacun est libre d’avoir sa propre appréciation, réponse à la question.

Oui, parce que les liens de sang n’ont pas véritablement d’impact dans la pratique, les liens de sang ne se vivent pas, ne suscitent aucune émotion, contrairement aux souvenirs provoqués par les moment passés ensemble.

La proximité, l’intimité d’une conversation, d’une activité est favorable à développer un lien émotionnel qu’il n’est pas facile à briser mais il ne suffit pas d’une seule discussion pour nouer des liens, c’est un travail de longue haleine.

Les relations humaines sont des relations émotionnelles.

C’est pourquoi il est impératif pour les hommes Noirs de développer une vraie relation émotionnelle avec leurs enfants.

Et avant d’en arriver là, l’homme Noir doit d’abord pouvoir exprimer ses émotions donc il faut détruire sa carapace de virilité !!!

L’absence des pères, au-delà d’être physique est avant tout émotionnel, cette déconnexion est avant tout entre l’homme et lui-même, cette déconnexion profite au patriarcat.

L’absence des pères est une preuve de la masculinité toxique, en plus des enfants, des mères, les pères eux-mêmes souffrent de ce fait.

Dans mon argumentaire, je n’ai avancé aucun chiffre, aucune donnée statistique, j’ai juste partagé mon analyse qui repose entièrement sur ma vision des choses, de ce fait mon propos est biaisé, complètement, et ce serait assez risqué de me suivre dans mon délire.

Toutefois j’ai la conviction profonde d’avoir mis le doigt sur un problème dont souffre un certain nombre de personnes même s’ils sont peut-être minoritaires c’est pourquoi personnellement je m’engage à aller au bout de la démarche.

Ça prendra du temps, ça prendra de l’énergie mais ça rendra libre.

Si vous êtes arrivé jusqu’au bout de cette lecture, je vous en remercie et vous souhaite une excellente journée.

EST-CE QU’UNE FEMME PEUT VIOLER UN HOMME ?

Oui, nous sommes mardi midi, tu es sur le blog de Gloire Wanief et tu as bien lu la question mais je vais répéter quand-même.

Est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Statistiquement, l’écrasante majorité des viols sont commis par des hommes et subis par des femmes, une infime partie des victimes sont des hommes et dans cette infime partie, l’écrasante majorité des coupables sont aussi des hommes.

Dans les médias, les institutions judiciaires, dans les séries, les films, les organisations non gouvernementales, partout où l’on peut passer, lorsque le sujet du viol est abordé ce sont toujours les femmes et les enfants que l’on présente comme victime. Les hommes adultes semblent échappés à ce fléau, ils sont invisibles pour ne pas dire inexistant.

Il paraît donc nécessaire, judicieux et même légitime de se demander s’il est possible qu’un homme soit violé par une femme.

Avant tout, cette interrogation subsiste à cause des nombreux aprioris que les gens ont sur le viol.

La plupart des gens pour ne pas dire tout le monde, pensent qu’il est impossible qu’une femme viole un homme. Ceux et celles qui pensent ainsi en sont fermement convaincu.e.s, c’est une certitude pour eux et elles.

Le premier biais, le premier préjugé, qui fait que les gens sont sûrs et certains qu’une femme ne peut pas violer un homme c’est la libido.

Pour de nombreuses personnes, le viol est lié à l’appétit sexuel, à la libido.

Dans nos sociétés, l’on considère que les femmes ont une faible libido et l’on arrive même souvent à considérer qu’elles n’ont aucune envie de sexe et que les hommes ont un énorme appétit sexuel, ils ont tout le temps envie de sexe.

Dans cette configuration, l’on considère que l’homme qui viol est dominé par ses pulsions sexuelles qui sont beaucoup trop fortes pour être gérées et canalisées.

La libido masculine est vue comme une cause du viol.

La femme ayant une libido silencieuse, elle ne peut donc pas être, selon eux, dominée par un quelconque brouhaha généré par ses pulsions. La femme ne veut pas de sexe donc la femme ne peut pas aller vers un homme et le contraindre à offrir du sexe.

D’ailleurs, toujours selon ce préjugé, même si la femme est dominée par des pulsions sexuelles, les pulsions de l’homme étant plus fortes, plus vivaces et plus emmerdantes, l’homme acceptera d’offrir du sexe à la femme sans y être contraint.

Apparemment ce préjugé serait scientifiquement prouvé, pour ma part je n’ai pas les chiffres et je n’ai pas vu les études qui démontrent que les hommes ont envie de sexe tout le temps et que les femmes n’ont presque jamais envie.

Le problème avec ce préjugé c’est que le viol n’est pas seulement lié à la libido, les pulsions sexuelles peuvent peut-être être une des causes du viol mais il n’y a pas que ça et même s’il n’y avait que ça il y a d’autres aspects à prendre en compte.

L’autre aspect à prendre en compte est celui qui donne lieu à notre second préjugé.

Par définition le viol c’est l’absence de consentement et le consentement c’est le fait de donner son accord, son autorisation.

Le deuxième préjugé que les gens ont sur le viol c’est sur le consentement ou plutôt la mauvaise compréhension du consentement.

Dans nos sociétés, l’on considère que les hommes sont toujours d’accord pour avoir du sexe puisqu’ils en ont tout le temps envie et qu’à contrario les femmes n’ont pas d’avis sur le sujet puisqu’elles n’ont pas envie.

Cette configuration fait que l’on estime que les femmes couchent parce que les hommes veulent coucher. Cela implique que c’est l’homme qui doit et va toujours demander le sexe puisque c’est seulement lui qui veut toujours le sexe.

Le préjugé sur la libido de l’homme fait que l’on considère qu’il est toujours consentant de ce fait l’on ne peut pas le contraindre, c’est la personne qui ne veut pas que l’on contraint sinon celle qui veut n’a pas besoin de contrainte pour agir.

L’homme voulant toujours, dans nos sociétés l’on estime alors que les femmes doivent se disposer à toujours offrir du sexe aux hommes, l’accord de la femme n’est pas interrogé ou demandé, il est implicite dès l’instant où elle est en contact avec un homme.

Par exemple un homme invite une femme au restaurant, si elle accepte d’y aller c’est qu’elle accepte implicitement de coucher avec lui selon eux…

Pour eux la femme ne peut pas violer un homme parce qu’elle n’a pas envie de sexe et aussi parce qu’elle n’a pas le moyen et qu’il n’est pas utile de contraindre l’homme au sexe.

Ce second aspect renvoi alors au moyen, aux outils utilisés pour contraindre l’autre et ici l’on voit bien que le viol peut sembler inexistant pour certains puisque le consentement est mal compris et même souvent botter en touche.

Alors le troisième préjugé concernant le viol que les gens ont c’est la violence.

Pour de nombreuses personnes le viol est un acte violent, une violence physique que l’on dirige contre l’autre pour la contraindre à un rapport sexuel.

La violence est l’utilisation abusive de la force, de ce fait pour être violent il faut avant tout être fort ou avoir de la force.

Dans nos sociétés toujours, l’on considère que la femme est un être faible, qu’elle n’a pas de force et même si elle en a, cette force est inférieure à celle de l’homme. La force est vue comme un élément masculin par excellence.

La force devient alors un outil du viol, un moyen pour violer.

L’homme ayant une grande libido utilise sa force pour contraindre la femme à avoir des rapports sexuels. C’est ainsi qu’ils voient les choses.

La femme n’ayant pas de libido et pas de force ne peut donc pas contraindre un homme à avoir un rapport sexuel selon ces personnes ou pour aller plus loin selon la société.

Ce préjugé aussi semble avoir un fondement scientifique, les hommes sont physiquement plus forts, c’est la science qui le dit cependant il ne faut pas voir les choses de façon tranchée et absolue. Il y a une multitude d’hommes et une multitude de femmes ce qui implique une grande disparité physique qui entraîne que des femmes peuvent être plus fortes que certains hommes et vice versa.

Mais au-delà de tout, ce que ces trois préjugés que les gens ont sur le viol nous renseigne sur notre modèle de société et sur ce qu’est le viol en réalité.

D’abord ces préjugés nous disent que nous sommes dans des sociétés patriarcales, des sociétés où en tout et pour tout l’homme est considéré comme supérieur à la femme, c’est le dominant.

Ensuite ces préjugés nous disent que le viol est un acte de prédation, de domination. Les personnes qui violent veulent par cet acte soumettre leurs victimes.

Enfin ces préjugés demeurent des vues de l’esprit, des conceptions personnelles et sociales très loin de la réalité, du quotidien, du vécu des personnes victimes de viol peu importe leurs sexes.

Alors qu’elle est donc cette réalité ? Est-ce que dans la réalité une femme peut violer un homme ?

Plus haut j’ai donné ce que les statistiques sur le viol nous disent, les informations qu’elles nous donnent à propos des victimes et des coupables. Même si je n’ai donné aucun chiffre précis.

Je disais plus haut que statistiquement les hommes violés par des femmes représentent une infime partie des victimes.

Mais nous ne sommes pas à une élection ici pour considérer que seule la majorité compte. Non, nous sommes face à un crime et toutes les victimes ont la même importance.

Un seul homme violé par une femme c’est déjà trop, c’est déjà beaucoup trop !

Mais jusqu’à présent je n’ai pas concrètement répondu à la question. La question demeure : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Les préjugés que j’ai cité plus haut ne sont pas les seuls, ils en n’existent encore une multitude, autant de préjugés qu’il n’y a de sociétés et d’humains.

Il existe, et j’en parlerais peut-être dans un autre contexte, de nombreux préjugés qui font que les statistiques sur le viol sont biaisés, que ces statistiques ne nous disent pas toute la vérité sur les victimes de viols, la vérité quantitative et qualitative…

Alors pour savoir et comprendre s’il est possible qu’une femme adulte viole un homme adulte, il faut d’abord se tourner à cet instant vers la définition du viol selon les lois de vos pays et aussi se tourner vers les victimes de viols.

Pour ma part, les femmes peuvent malheureusement violés des hommes et il est impératif d’aborder ce sujet afin de délier les langues et aider certains à obtenir justice sans oublier de les réparer de ce préjudice psychologique.

C’est pourquoi, j’aimerais organiser des BOYS TALK, des séances de discussion entre hommes et garçons pour parler du consentement et bien d’autres sujets liés à la masculinité.

Ceci n’est pour l’instant qu’une idée mais si tu as pu me lire jusqu’ici j’aimerais que tu me dises en commentaire ce que tu en penses mais surtout que tu répondes à la question posée : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Sur ce je vous souhaite une excellente journée sous les faveurs de celui ou celle en qui vous avez placé votre foi.

« VOUS EXAGEREZ »

En début de mois, après seulement 48 heures, oui SEULEMENT, de tapage médiatique et d’indignation autour de ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances, une suspension et deux condamnations, certaines personnes trouvaient que celleux qui continuaient et continuent de réclamer justice sont dans l’EXAGÉRATION !

Intéressant…

Décortiquons cela pour voir où cela va nous mener.

Par définition exagérer c’est :
1- Parler de (quelque chose) en présentant comme plus grand, plus important que dans la réalité.
2- Grossir, accentuer en donnant un caractère (taille, proportion, intensité, etc.) qui dépasse la normale.

Ces personnes estiment que celleux qui continuent de réclamer justice veulent faire paraître cette affaire plus grande, plus importante que ce qu’elle est en réalité.

« C’était une erreur, ces intentions étaient bonnes mais il a juste manqué de professionnalisme. » Disent-elles.

Ces personnes estiment que nous, qui nous indignons toujours, voulons donner à cette affaire un caractère qui dépasse la normale.

« Nous voyons déjà ce genre de chose tout le temps, qu’est-ce qui vous choque ? Vous aviez juste une dent contre le monsieur. » Disent-ils.

Quelle est donc cette « normale » qu’iels estiment que nous dépassons ?

Pour rappel, le lundi 30 août lorsque cette scène macabre se déroulait et que des voix se sont élevés pour gronder tel le tonnerre contre la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI), monsieur Yves De M’Bella et son « ex »-violeur d’invité sans oublier madame Emma Lohoues ainsi que le public présent sur le plateau, les mêmes personnes disaient déjà qu’on exagérait !

Une suppression de la vidéo a été demandé, elles ont dit :

« La NCI a supprimé la vidéo, vous voulez quoi de plus ? »

Des excuses ont été demandé, elles ont dit :

« La NCI s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

D’autres sanctions plus sévères ont été demandé :

« Yves De M’Bella a été suspendu, vous voulez quoi de plus ? »

« L’émission a été arrêté définitivement, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella est en garde à vue, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella a été condamné, vous voulez quoi de plus ? »

En réalité, ces personnes estiment que nous ne méritons rien, que les femmes ne méritent rien.

Car depuis le premier cri d’indignation à propos de cette émission et son animateur, ces personnes trouvaient déjà qu’on exagérait, elles estimaient déjà que nous voulions faire paraître cette affaire « plus importante qu’elle est en réalité ».

Pour eux cette affaire n’a pas d’importance, les réactions sont disproportionnées…

Elles nous accusent même d’avoir été silencieux face à d’autres problèmes tel que l’augmentation des prix des denrées alimentaires qui selon eux touche tout le monde et par tout le monde ils entendent « pas seulement les femmes. »

Parce qu’il s’agit de ça en réalité, il s’agit des femmes, de leur dignité, de leurs droits, du respect qui leur est dû et puisque pour elleux les femmes ne méritent pas plus de considération que ce qu’elles ont déjà, nos réactions face à cette affaire sont exagérées voir même illégitime.

Et c’est là tout le fond du problème : la considération des femmes dans la société.

À une heure de grande écoute, sur une chaîne de télé suivie par des millions de personnes, un animateur connu et reconnu se permet de rigoler du viol, de parler avec légèreté du viol, de banaliser les maux de milliards de femmes, les gens trouvent que l’EXAGÉRATION vient de nos réactions et iels veulent prétendre respecter les femmes !

S’iels avaient de la considération pour les femmes, iels ne trouveraient jamais que nos réactions sont exagérées, au contraire iels trouveraient que nous n’en faisons pas suffisamment, iels trouveraient que les femmes sont dans leur droit et qu’il faut aller encore plus loin pour que plus jamais une telle action se reproduise en Côte d’Ivoire ou ailleurs dans le monde.

Mais iels nous ont montré que nous ne sommes pas dans cette société utopique où les droits des femmes sont des droits humains…

QUAND LE BUZZ VA FINIR, NE VENEZ PLUS DEMANDER AUX FÉMINISTES CONTRE QUOI ELLES LUTTENT !!!

D’ailleurs en parlant de droits humains, même eux sont inexistants dans nos sociétés…

En effet, ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances et les réactions qui ont suivi sont une belle illustration de notre société de manière globale, c’est la norme, la fameuse « normale » à ne pas dépasser.

Nos sociétés baignent dans un chaos total où les autorités piétinent sans ménagement les droits des citoyens qui observent impuissants. Le peuple a tellement l’habitude de se faire marcher dessus qu’il est devenu normal pour lui d’être traité de façon injuste, le peuple pense qu’il mérite cette injustice.

« C’est seulement par la chicote qu’on peut éduquer les Noirs » Disent-ils

« Ce qu’il nous faut pour être développé c’est un vrai dictateur. »

« La démocratie ce n’est pas pour les africains, nous n’obéissons qu’à la violence. »

En vrai

Quelle est la différence entre :

– la femme mariée qui accepte l’infidélité, parce qu’elle estime que c’est dans la nature de l’homme d’être insatiable, à condition que ce dernier la respecte en la trompant en cachette et accompli ses devoirs d’époux.

Et

– le jeune diplômé qui accepte que le président viol la constitution, parce qu’il estime que les politiciens sont des menteurs, à condition qu’il maintienne la paix, construise quelques routes et ponts, et surtout lui permet d’avoir un emploi.

Pour ma part il n’y a aucune différence entre ces deux entités extrêmement distinctes en tout point, pour la simple raison qu’il s’agit là de deux personnes écrasées par le poids de la tyrannie socialo-politique, s’oubliant elles-mêmes et plutôt que de rechercher le meilleur, elles ont décidé de se contenter du peu, du médiocre.

Oui, l’époux infidèle est un homme médiocre et le président dictateur est un politicien médiocre.

Regardez bien notre société, observez là, et constatez par vous-mêmes à quel point nous sommes très peu exigeants.

Nous valorisons la médiocrité dans toutes les sphères de la société, nous supportons tout ce que les personnes que l’on considère comme ayant de l’autorité nous font subir, sans pouvoir mener une quelconque rébellion.

De la même façon les parents amis et connaissances demandent au jeune brillant rempli de rêve et d’espoir d’éviter de parler politique, d’éviter de critiquer les politiques, c’est comme ça on demande à la femme de se taire sur les abus qu’elle subit de la part de son époux ou des hommes en général.

Le silence, c’est notre seul droit à tous.

Nous n’avons pas droit à la rébellion, nous devons nous réjouir lorsque le président fait bien son travail et prier pour lui lorsqu’il deconne.

C’est ainsi que la femme doit se réjouir d’obtenir l’argent de décembre de son chéri et prier pour lui lorsqu’il est infidèle.

Le peuple ne peut pas et ne doit pas penser à obtenir mieux que ce qu’on lui donne déjà, la femme aussi.

Pour moi tout est lié, absolument tout est lié, sans liberté sociale, pas de liberté politique. 

Et dans cette pyramide sociale d’injustice, la femme est le carré qui réceptionne tout.

C’est pourquoi mon combat social, culturel et politique demeure tourné vers la promotion de l’égalité des sexes.

L’apprentissage de la rébellion, du refus des abus commencent au sein des familles, les enfants apprennent à tolérer les injustices en voyant leurs pères traités injustement leurs mères et lorsqu’ils vivent l’injustice à l’extérieur de la maison, ils la trouvent acceptable.

Sérieusement, qu’est-ce qu’un homme qui bat sa femme ou une femme qui viol son neveu peut apprendre à ces derniers au sujet de la rébellion, du refus des diktats !?

Qu’est-ce qu’une femme ou un homme violé.e a de multiples reprises sans obtenir justice peut espérer de la justice lorsqu’un ministre détourne les fonds publics !?

Je ne dis pas qu’en luttant pour l’égalité des sexes, nous allons éradiquer toutes les injustices sociopolitiques mais nous allons apprendre aux gens à ne pas tolérer l’injustice comme c’est le cas aujourd’hui.

Des gens qui suivent avec ardeur Kemi Seba sur internet et dans les rues de villes africaines mais à la fin du meeting, ils rentrent chez eux et frappent leurs épouses, peuvent véritablement faire quoi contre la dictature ? Ils ont le germe du totalitarisme en eux.

Il n’y aura pas de libération de l’Afrique sans la libération de toutes les personnes marginalisées, plus précisément sans la libération des femmes.

Et si l’équilibre de vos familles reposent sur l’exploitation des femmes, nous viendrons les détruire les unes après les autres.

J’invite donc les détracteurs du féminisme africain à prendre exemple sur les femmes, les féministes africaines qui chaque jour « EXAGERENT » afin que plus aucun mal ne soit fait aux femmes. Il est hors de question de se rebeller avec le sourire, il est hors de question de tendre l’autre joue, il est hors de question d’attendre que la situation s’arrange toute seule. Il est temps de penser la révolution et de panser nos blessures.

Je remercie toutes les vaillantes femmes africaines qui m’inspirent et me donner l’envie et l’opportunité de participer depuis ma modeste position à la construction d’une Afrique dont nous serons tous fier.

« LES FEMMES DOIVENT SE BATTRE »

Ce matin, j’ai vu un commentaire sur une publication dont j’ai oublié l’auteur qui disait en substance que les femmes doivent se battre comme les hommes pour mériter une place et que rien ne leur sera cédé…

Ce commentaire vient rejoindre les nombreuses tirades que j’ai lu ou entendu depuis toujours au sujet des droits des femmes, au sujet de la place des femmes dans la société… Il y a toujours ce propos récurrent qui sous-entend que les femmes sont responsables de leur situation car elles ne se battent pas pour que cela change.

D’abord une question, quelle bataille les hommes ont-ils mené et remporté pour être les chefs dans la famille et par extension dans la société ?

Si la domination de l’homme sur la femme est un fait divin, une décision ou une disposition de Dieu depuis la création alors les hommes n’ont aucun mérite, les hommes n’ont mené et remporté aucune bataille.

Bon ceux qui ne croient pas en Dieu pourraient plutôt considérer que cette domination est un fait naturel, une disposition aléatoire de la nature comme la couleur des yeux ou le résultat d’une sélection progressive liée à l’environnement comme la couleur de la peau.

Dans les deux cas l’homme n’a aucun mérite et n’a mené aucune bataille particulière pour être considéré comme chef de la famille et de la société par extension. Ça lui est tombé dessus comme ça et lui-même doit se débrouiller avec, tout le monde doit se débrouiller avec.

Et si l’on reste figer dans ces deux cas de figure, l’on peut dire que c’est peine perdue, que le combat pour l’égalité des sexes est peine perdue dans la mesure où il s’agit de lutter contre une chose naturelle donc dépendante de la volonté de personnes. Le coq ne pourra jamais devenir un aigle et il ne peut même pas le désirer, sa nature est d’être un coq et il ne peut pas aller contre sa nature.

Cela suppose alors que la lutte pour l’égalité des sexes est une lutte contre nature…

Mais il y a une réalité intéressante derrière tout ça c’est que l’humain, tout comme les autres éléments qui composent l’univers, ne peut pas aller contre sa propre nature.

Chaque action, chaque désir, chaque réalisation humaine sont possibles parce que c’est dans la nature humaine de rendre ces choses possibles. C’est naturel que l’humain veuille voler comme un aigle et pour réussir à voler, l’humain utilise ses capacités cognitives pour inventer une technologie qui va lui permettre de voler contrairement au coq qui n’a aucune alternative face à son incapacité à voler tel un aigle alors il ne peut donc le désirer, le coq se contente de sa situation sans espérer quoi que ce soit. Et il en est heureux.

Cela nous emmène donc à réfuter l’hypothèse d’un fait naturel ou divin concernant la domination masculine dans la sphère privée et publique, puisque les femmes désirent un changement de paradigme et ont réussi à entraîner un changement de paradigme, sans oublier que de nombreuses sociétés ont fonctionné avec des paradigmes différents du patriarcat.

Cette domination devient un fait social, une technologie mise en place par les humains grâce à nos capacités cognitives. Telle la technologie mise en place pour imiter ou reproduire les balades aériennes de l’aigle. L’humain a imaginé un ou des systèmes pour organiser la vie en groupe.

Dans ce cas de figure, deux hypothèses peuvent être mise en avant, plusieurs même mais on va se limiter à deux.

Premièrement, l’on peut considérer que le patriarcat est un contrat social, un accord entre homme et femme pour administrer la cité, accord que les hommes ont trahi de par leurs abus.

Ici aussi on peut dire que l’homme ne s’est pas battu pour être où il est, sa position est une faveur, le fruit d’un contrat qui le lie à la femme et en employant sa force contre la femme, celle-ci est en droit de rompre le contrat et exiger une renégociation des termes afin de placer l’égalité en droit en lieu et place d’une domination masculine.

Deuxièmement, considérons qu’il n’y avait aucun accord, aucun contrat, que les hommes ont imposé leurs volontés aux femmes afin d’obtenir le statut de chef de famille et de la société par extension.

Alors les violences conjugales et sexuelles ne sont plus simplement des abus de pouvoir mais des instruments de domination, des armes d’asservissement des femmes.

Ici on peut dire que oui, l’homme s’est battu, ou plutôt l’homme a battu la femme…

Dans ce cas, nous sommes dans une guerre des sexes instaurée par les hommes contre laquelle les femmes ripostent.

Ce qui est étrange c’est que les personnes qui demandent aux femmes de se battre comme des hommes sont les mêmes qui s’indignent que soi-disant le féminisme vient apprendre aux femmes à devenir des hommes, ce sont les mêmes personnes qui estiment que les femmes ne doivent pas devenir comme les hommes !

Alors si les femmes ne doivent pas devenir des hommes et que le seul moyen pour elles d’être respectée s’est de se battre comme les hommes ! Comment arriveront-elles à obtenir le respect et la considération qui leur sont dues en tant qu’humaine et citoyenne ?

Sincèrement c’est une vraie question que je vous pose, que je me pose ?

Est-ce qu’implicitement ces personnes veulent dire que la position de l’homme est la seule qui mérite respect et considération inconditionnelle ? Je pense que oui, mais ne vendons pas tout de suite la peau de l’ours ou de l’agouti (restons africain) …

Pour ma part, je pense que nous ne devons pas attendre que TOUTES les femmes posent des actions particulières, qu’elles se battent comme des hommes pour leur accorder, leur céder, ce qu’elles méritent !

Tous les hommes n’ont pas participé aux grandes batailles qui ont conduit l’humanité là où elle est aujourd’hui mais tous les hommes récoltent les lauriers, les fruits, les honneurs de ces luttes passées. L’on accorde à un homme du respect et de la considération avant de constater s’il est productif ou pas, s’il est un battant ou pas.

Mais lorsqu’il s’agit des femmes, l’on veut qu’elles soulèvent douze montagnes avec le bout du nez avant de leur accorder un seizième du quart du respect qu’elles méritent réellement et là encore ça dépend de si elles avaient porté des vêtements décents ou pas (lol) …

Evidemment chaque individu doit faire ses preuves, montrer que l’on a les capacités nécessaires pour bénéficier de telle ou telle chose, c’est la vie en société qui nous l’impose pour éviter l’anarchie. C’est pourquoi à compétences égales, l’on doit recevoir un traitement égal.

Mais lorsque certains individus obtiennent des faveurs sans prouver quoi que ce soit, c’est là qu’il y a injustice. Ou alors lorsque d’autres malgré les preuves palpables de leurs compétences, sont aussitôt disqualifiés, reçoivent des avis défavorables.   C’est là qu’il y a injustice.

Refuser d’engager une femme dans son entreprise parce qu’elle ne possède aucune des qualifications que l’on recherche et choisir un homme parce qu’il a remplit tous les critères demandés, c’est juste.

Et si à contrario c’est la femme qui est plus compétente et qu’elle est choisie, c’est toujours la justice.

Les femmes méritent les mêmes droits que les hommes.

Non, cette phrase est assez problématique. Elle renvoie à cette idée complétement barrée qui suppose que les femmes veulent simplement imiter les hommes, devenir des hommes. Alors je vais reformuler.

Tous les humains, sans distinction aucune, méritent les mêmes droits du simple fait de leurs existences.

Les femmes n’ont pas à se battre comme les hommes ou six fois plus que les hommes pour être considérée. Elles sont déjà nées, c’est la seule bataille que nous avons tous réellement remporté de ce fait elles méritent tout.

Pour aller plus loin avant que l’on me parle des différences naturelles inhérentes à chaque sexe, il est important de préciser que l’égalité des sexes renvoie à l’égalité des droits, il s’agit d’une notion théorique sur la façon que chaque individu doit être considéré.

Cependant cette notion d’égalité ne vient pas gommer les différences entre chaque individu. Elle vient puiser dans ce que nous avons tous en commun : notre humanité.

C’est parce que nous sommes tous humains que nous devons tous pouvoir décider de qui va nous diriger, c’est le droit de vote.

Mais bien qu’étant tous humains certains n’ont pas la capacité de comprendre ce qu’est le vote, ce qu’est une élection, ce que doit faire un dirigeant, du fait de leur jeune âge, c’est pourquoi à ses personnes l’on n’a pas accordé le droit de vote mais ce n’est pas définitif puisque la société prend le temps de leur apprendre ce qu’est le vote afin qu’eux aussi puissent jouir de façon pleine entière et consciencieuse de ce droit.

Autres différences, la différence biologique : cas de la grossesse.

La grossesse est un état qui touche physiquement uniquement les femmes, sauf cas exceptionnel où le géniteur ressent les douleurs de la grossesse, cela implique que concernant tout ce qui tourne autour de la grossesse, les lois et autres règles sociales seront uniquement tournés vers la femme. Cela n’est pas injuste pour les hommes puisqu’ils ne sont pas directement impactés par la situation, il est normal d’accorder aux femmes une période de repos après l’accouchement, non seulement pour s’occuper de l’enfant mais aussi pour récupérer des forces.

Ce qui était injuste, c’était de priver les femmes de la possibilité de travailler parce que potentiellement elles seront enceintes, donc peut-être en difficulté physique pendant neuf mois.

Toutefois l’on ne peut pas nier l’impact psychologique de la grossesse sur les hommes donc il faut permettre aux hommes d’obtenir pendant et après la grossesse un moment de repos où ils pourront nouer des liens avec leurs enfants et leurs femmes mais aussi porter assistance à ces dernières.

Il doit aussi exister des dispositions particulières pour les personnes à mobilité réduites et bien d’autres cas particuliers qui sont les différences naturelles entre tous les humains car nous ne sommes absolument pas tous identiques. Nous sommes simplement des semblables.

Semblable : terme intéressant utilisé dans la Bible pour désigner la femme avant sa création mais ne digressons pas. Merci…

L’on ne peut pas prendre en considération les particularités de chacun et y apporter des solutions adéquates si l’on estime que ces personnes sont moins importantes à cause de leurs différences.

Dans certaines sociétés, l’on considère que les femmes sont impures du fait de leurs menstruations. Cette façon de considérer les femmes fait qu’elles n’ont même pas le droit de partager leurs idées ou création en public pourtant il n’existe aucun lien entre ces éléments.

Pour traiter de façon adéquate cette particularité des femmes, il faut simplement considérer qu’elles sont humaines, pures, tout ce que l’on veut comme terminologie qui ne sont pas rabaissant ou qui les places au-dessus des autres. Une fois que c’est fait, les menstruations deviennent normales, banales, ainsi ce ne n’est plus la coulée de sang que l’on jugera mais le flot d’idées.

Il en est de même pour les hommes, le fait de considérer qu’ils sont des dieux parce qu’ils sont forts physiquement, fera qu’on les écoutera uniquement à cause des muscles, la férocité, la violence sans se soucier du contenu de leurs propos ou la pertinence de leurs créations et ils seront mis sur le banc de touche lorsque la force leur fera défaut.

C’est bien connu que dans nos sociétés l’on n’écoute pas les faibles.

En sommes, il est impératif que l’on cesse de nier aux individus leur particularité, que l’on cesse de rabaisser, que l’on cesse d’humilier les personnes sur des critères fallacieux. Que l’on utilise les différences pour nourrir les rancœurs, pour justifier le tort que l’on cause à l’autre.

Et plus important encore, messieurs, cherchez d’abord à porter votre bosse patriarcale, à vous déchargez de votre fardeau sexiste, de vous débarrassez de vos tares qui vous empêchent de vous émanciper de l’illusion, l’espérance d’une soumission féminine.

Vous êtes sans le savoir exclave de cette idée de domination, elle conditionne et cloisonne vos vies, vous n’êtes des hommes libres, vous êtes enchainés à une posture, un système qui vous fait souffrir et vous oblige à vous taire sous prétexte que cela fera de vous de vrais hommes.

Faites-le avant d’espérer être légitime, ce que vous ne deviendrez jamais, pour expliquer aux femmes comment mener leurs luttes. Vous n’êtes pas gênés de ne pas savoir vous occuper seuls de votre progéniture mais vous savez comment lutter contre le patriarcat !

Pardon je vais m’arrêter là avant de trop vous insulter ici sinon après vous allez dire que les personnes féministes sont impolis…

PAS TOUS LES HOMMES !

Le féminisme d’aujourd’hui est un féminisme qui lutte contre les hommes, c’est un féminisme qui veut détruire les hommes et son slogan est très simple « tous les hommes sont des violeurs, tous les hommes sont violents. » un féminisme qui veut faire passer les hommes pour des bourreaux, un féminisme qui fait une propagande nauséabonde du masculin.

Voilà un peu de façon brute un résumé de ce que certaines personnes reprochent au féminisme, c’est très intéressant, moi aussi j’ai eu à penser cela mais on va un peu essayer de décortiquer tout ça pour voir où ça va nous emmener.

D’abord il faut noter que toutes les personnes ou la grande partie des personnes qui disent cela sont d’accord avec un fait : l’homme est plus fort que la femme. D’ailleurs c’est sur cela que repose le patriarcat, l’idée que l’homme est plus fort que la femme, force physique, force mentale, peu importe dès que la notion de force intervient : l’homme est plus que la femme. Alors puisqu’il est supérieur à la femme, c’est lui qui a la gestion de la société. 

D’où l’on parle de rapport de force !

Il est très intéressant de voir l’accent qui est mis sur la force de l’homme et au cours de l’histoire humaine, de nombreuses propagandes ont été faites au sujet de cette force.

Je vais m’attarder sur un exemple de propagande en particulier : Zeus.

Dans la mythologie grecque, Zeus est le dieu de la foudre et du Ciel et le Roi de l’Olympe autrement dit le boss des dieux, la particularité de Zeus c’est qu’en plus d’être le dernier enfant du Titan Cronos, il va faire un coup d’état à son père, épouser sa grande sœur et surtout avoir de nombreux enfants avec des humaines. Tout cela faisait de Zeus l’incarnation de la force et de l’autorité sans faille, une figure masculine qui inspirait le respect et la peur.

Notons ça et faisons un peu de définition avant de continuer.

« Tous les hommes sont violents. » c’est ce que l’on reproche aux féministes de dire, de faire un amalgame en mettant tous les hommes dans ce panier immoral. 

Le mot violent ici est un adjectif issu du nom violence qui signifie abuser de sa force.

Abuser signifie faire mauvais usage de quelque chose.

En gros être violent c’est faire mauvais usage de sa force.

Notons ça et retournons sur Zeus.

Zeus est le père d’Héraclès, plus connu sous le nom d’Hercule, un demi-dieu presque aussi charismatique que son père. Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, de façon très simpliste, Zeus va coucher avec une reine et 9 mois plus tard Héraclès va naître. L’histoire d’une rencontre fantastique entre un dieu et une humaine sauf que la mère d’Héraclès n’était pas consentante pour ce rapport sexuel comme toutes les humaines avec qui Zeus a eu des gosses et en l’absence de consentement l’on peut aisément dire sans se tromper que Zeus est un violeur en série. 

Cependant tous les abus sexuels commis par Zeus ne sont pas présentés comme de mauvaises choses, Zeus étant l’incarnation du pouvoir, le modèle masculin par excellence à suivre donc ces actions ne sont pas soumises à une quelconque morale, on ne dit pas que ce qu’il fait c’est mal ou bien, il le fait c’est tout.

Par contre Hadès, dieu des enfers, présenté comme l’antagoniste en chef, l’échec, le modèle masculin disgracieux, était amoureux d’une femme, Perséphone, et il va la kidnapper. Cet acte est sans cesse présenté comme une monstruosité simplement parce que Hadès est un monstre et non par respect et considération pour Perséphone !

Tout ceci n’est que mythe bien évidement mais ces mythes ont construit nos sociétés, bien que ce soit des mythes européens aujourd’hui notre système éducatif dans son entièreté est parsemé de cette vision européenne de la société.

Que ce soit à travers des mythes ou des histoires vraies, il y a de nombreuses figures masculines présentées comme des héros qui ont posé des actes ignobles contre des femmes en toute impunité, sans que cela ne soit qualifié d’immoral et d’inacceptable.

C’est là que le féminisme intervient pour dire que les hommes usent mal de leur force contre les femmes, qu’ils sont violents. Le féminisme vient poser un interdit, vient moraliser et culpabiliser ces actions qui autrefois étaient banalisées car l’on considérait que les hommes avaient le droit de prendre et les femmes le devoir de se donner.

C’est vrai que dire « tous les hommes sont violents. » c’est un amalgame mais dès l’instant où on est d’accord pour dire que « les hommes sont plus forts que les femmes. » donc quelque part on donne aux hommes le monopole de la force, sachons que nous donnons aux hommes en même temps le monopole de la violence. Parce que l’on ne peut pas user de quelque chose que l’on ne possède pas et ici l’on considère que les femmes ne possèdent pas la force ce qui implique qu’elles ne peuvent pas l’utiliser que ce soit en bien ou en mal, seuls les hommes peuvent utiliser la force en bien ou en mal puisqu’ils sont les détenteurs privilégiés de cela.

En réalité, l’homme a toujours eu cette image de bourreau, juste qu’avant cela ne dérangeait pas dans la mesure où l’espace publique était essentiellement masculin donc les normes étaient masculines. Maintenant que les femmes prennent de plus en plus de place dans le débat public, maintenant que les attentes des femmes, les inquiétudes des femmes sont entendues et réellement respectées, on se rend compte que ce qui était héroïque est mal comme les actions de Zeus et de beaucoup de nos héros, modèles, masculins. C’est ça qui les dérange, perdre leur héros. 

Lorsque Neymar a été accusé de viol, parmi les arguments en sa faveur il y avait le fameux « il est beau, il est riche, il ne peut pas violer. » comme si sa beauté et sa richesse excusait l’abus dont il était accusé mais en effet richesse et beauté excuse les abus ou plutôt richesse et beauté donne tous les droits et il est impossible de parler d’abus puisque abus signifie également excès.

Alors lorsqu’on considère que les femmes sont à la disposition des hommes et qu’il faut être un homme fort pour le mériter, la richesse et la beauté étant des signes de force, de puissance dans notre société, tout de suite on considère que le monsieur est dans son droit et n’a commis aucun crime. C’est pour ça que nombreux continuent de défendre R Kelly en mettant en avant sa fortune et autres acquis sociaux qui font de lui un homme méritant et des femmes dont il a abusé, des femmes vénales.

Aussi vous remarquerez que dans l’esprit des gens, un homme est automatiquement considéré comme violent et violeur lorsqu’il correspond au cliché du vaurien. Un homme qui a échoué socialement et professionnellement, un homme en manque de sexe, qui n’a pas confiance en lui, un paumé, un homme qui est déjà moins homme que les autres hommes parce qu’il n’a pas de pouvoir économique, intellectuelle etc… C’est cet homme qui, lorsqu’il va frapper son épouse, sera considéré comme violent, comme étant dans l’abus, de la même façon que Hadès en kidnappant Perséphone. Mais si demain Barack frappe Michelle, on lui trouvera des circonstances atténuantes au vu de sa position sociale.

Pour terminer je ne dirais pas qu’en effet tous les hommes sont violents ou que au contraire tous les hommes ne le sont pas, c’est une discussion qui n’a logiquement pas lieu d’être. Je vais plutôt vous inviter à comprendre qu’il est important de mener une réelle remise en question de la manière que nous-mêmes hommes nous nous voyons et nous nous considérons au sein de nos sociétés.

En ce qui me concerne, cette image d’homme bourreau me dérange fortement mais je me rend bien compte que c’est une image qui a toujours existé et que ce n’est pas le féminisme qui le véhicule.

Lorsque au Nord du Cameroun, des femmes se font piler les seins depuis des siècles parce qu’on veut les protéger du regard des hommes, l’on veut éviter que es hommes abusent d’elles, cela montre bien que l’on considère que les hommes sont des prédateurs !

Si aujourd’hui ton frère qui a plus de 18 ans et qui travaille t’appelle tardivement pour te signifier qu’il est le seul garçon à une fête de filles, dans quel état d’esprit seras-tu ? Seras-tu inquiet ou pas du tout ?

Et si c’est ta sœur qui a plus de 18 ans aussi et est indépendante t’appelle tard dans la nuit aussi pour t’informer qu’elle est la seule fille dans une fête pleine de garçons, dans quel état d’esprit seras-tu ? Seras tu inquiet ou pas du tout ?

En ce qui me concerne, je serai inquiet dans le second cas parce que j’ai conscience que les hommes peu importe leurs niveaux de maturité ou de gentillesse ou de conscience sur le viol ou les violences, peuvent se permettre d’abuser de ma sœur parce que socialement les sanctions sont quasi inexistantes et c’est triste de le dire.

Surtout ici en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire, au Congo et au Sénégal où j’ai vécu , les voleurs sont réprimés plus gravement que les violeurs, plus gravement que les hommes qui battent leurs femmes. Lorsqu’on grandit dans une telle société peut-on réellement craindre de violenter une femme ?

Et si l’on se base sur les nombreuses statistiques au sujet des violences, tous les hommes ne sont certainement pas violents mais toutes les femmes ont des raisons sérieuses de vivre dans la peur et c’est ça tout le problème.

IL est de notre devoir en tant qu’homme de militer, de lutter, à faire cesser ces atrocités si effectivement nous ne voulons pas que l’on véhicule de l’homme une image de bourreau.

Quand ton ami, rigole sur le viol, banalise les violences conjugales, que lui dis-tu ? Lorsqu’un homme en ta présence estime que les femmes ne sont que des corps à dompter, comment réagis-tu ?

Les violences faites aux femmes par les hommes sont un fléau qui doit être éradiqué, cela passe par la mise en place de lois mais surtout par l’éducation, alors réapprenons le monde pour nous et pour elles.

Je bande donc je suis.

Le 02 Juin 2021, j’ai eu 25 ans et je me rends compte que ça fait 25 ans que je vis avec un pénis ! Je pense sincèrement que c’est un exploit, oui je suis sérieux, c’est un exploit parce que j’ai vécu plus de la moitié de ma vie sans comprendre cette partie de mon corps tout en étant défini par elle. Etonnant n’est-ce pas ?

En effet en tant qu’homme, mon appareil génital n’est pas juste un organe mais aussi un élément justificatif de ma place dans la société, j’ai très tôt compris qu’avoir cette merveille entre les jambes me donnait des droits et des devoirs auxquels je ne pouvais échapper cependant j’ai longtemps ignoré tout ce qu’il fallait savoir sur cette partie de mon corps, je pense que je me suis posé beaucoup plus de questions sur Dieu que sur mon pénis pas parce que Dieu est plus important (ce qui aurait été normal) mais parce que contrairement à Dieu, je prenais pour acquis, pour vrai, tout ce que les autres me disaient sur l’appareil génital masculin. Etonnant n’est-ce pas ?

J’ai compris que la présence du pénis entre mes jambes me donnait des droits et des devoirs lorsqu’en 2003, j’assistais de façon proche et lointaine (difficile à expliquer, ça mérite tout un article) à une cérémonie de circoncision des Bakouélés, un peuple de la Sangha au Congo Brazzaville, dans la ville de Ouesso.

Chez eux cette cérémonie s’appelle béka et se pratique sur les garçons à la puberté, il ne s’agissait pas simplement d’ôter le prépuce, il s’agissait d’apprendre à être un homme, pendant plusieurs jours les futurs circoncis suivaient une initiation longues et douloureuses (de ce que je voyais) dans les bois en périphérie de la ville, le fils de nos voisins étaient l’un des futurs circoncis, il avait 12 ou 13 ans.

J’étais un enfant mais je comprenais très bien les enjeux de cette pratique, l’atmosphère dans la ville était tellement pesante que nul ne pouvait faire semblant d’ignorer ou de ne pas comprendre ce qui se passait, ce qui se jouait.

A la fin de l’initiation, la circoncision en elle-même se faisait au milieu d’un grand espace qui servait de lieu de célébration et de terrain de football, tout le monde était convié à assister à l’événement. Les futurs circoncis avaient obligation de ne montrer aucun signe d’inconfort par rapport à la douleur, celui qui allait en montrer verrait sa circoncision considéré comme nulle et sera mis en marge de la société. Les vaillants qui allaient garder la tête haute, auraient droit de se marier et vivre pleinement dans la société en bénéficiant des privilèges dus aux hommes.

Quelques années plus tard, j’ai retrouvé cette même cérémonie à quelques différences très significatives dans la première partie de la série Racines (Roots), lorsque Kunta Kinté a été lui aussi être circoncis. Ces expériences m’ont fait comprendre ce qu’est la virilité dans le sens le plus basique du terme.

La virilité voit sa définition, sa compréhension, évolué dans le temps et dans l’espace mais une chose demeure constante c’est l’érection. En vrai la virilité commence par une érection, un homme viril c’est un homme capable d’avoir une érection. Peu importe son physique, son intelligence, son intégrité, un homme peut manquer de toutes les caractéristiques sociales qui définissent selon une société X ce qu’est la virilité, tant qu’il bande, tout va bien.

Alors le premier défi en tant qu’homme, ce n’est pas d’être courageux, honorable etc, non le premier défi s’est d’être capable de bander.

C’est pourquoi dans certaines traditions africaines, il y a une pratique qui consiste à sucer ou caresser le pénis du nourrisson afin de s’assurer de lui donner de la vigueur, afin de constater qu’il est vigoureux. (Coucou à ceux qui ont découvert cette pratique en Mai 2021 sur Twitter ou Facebook.)

Perso, j’ai très vite vérifié tout seul si j’étais capable de bander et le test a été positif mais je ne savais pas que j’étais encore au début de l’effort.

Bander c’est bien mais ce n’est pas tout car la virilité c’est aussi la puissance, notamment la puissance sexuelle. Il ne suffit pas de bander, il faut être performant au cours des rapports sexuels et c’est là qu’intervient la question de la taille de l’engin.

D’ailleurs…

« Est-ce que la taille compte ? »

Je n’ai aucune statistique mais je suis sûr que la réponse à cette question inquiète plus les hommes que celle de savoir s’ils seront de bons époux et pères, ou de savoir si Dieu existe, bon je vais parler uniquement pour moi.

Je ne sais plus à quand remonte mon complexe, ma honte, par rapport à la taille de mon pénis mais à cette question particulière j’ai toujours pensé que « oui, la taille compte » et que « non, mon pénis n’a pas la taille qu’il faut. »

Ce complexe s’est cristallisé en 4ème lorsqu’un ami a fièrement sorti son pénis devant moi pour se masturber, j’ai été marqué par cet événement, son pénis était exactement comme ce que me laissaient penser les gens qui faisaient les éloges des gros pénis, bien grand, bien long, bien dur et tout noir ! Sans oublier les longues veines apparentes sur le tronc du machin, jééééésus !

Son pénis était devenu tel un objectif inatteignable, sans être en érection il faisait déjà quatre fois la taille du mien, c’était une révélation. Avant cet événement je m’intéressais aux différentes astuces pour avoir un grand pénis, je ne les utilisais pas parce que je n’avais pas suffisamment de courage pour aller au bout de la démarche mais je m’informais beaucoup sur le sujet. Sauf qu’en voyant son pénis, j’ai compris que c’était un objectif inutile, que je n’avais pas à chercher à en avoir une grosse, que c’était impossible, que je devais me contenter de celui que j’avais au risque de décevoir les femmes.

Rappelons qu’avant la quatrième, j’avais déjà eu des rapports sexuels mais c’était toujours dans des situations incongrues flirtant avec l’abus sexuel sur ma personne, je n’avais jamais encore fait la démarche de séduire une femme pour construire une relation ou juste avoir une partie de jambe en l’air.

Dans mes relations sexuelles qui suivirent, je refusais de me tenir nu devant une femme tant que je n’étais pas en érection et même lorsque j’étais en érection, je ne laissais pas la fille regarder mon engin ou le toucher. J’avais honte de mon corps, de ma nudité, de moi. Aussi, je ne m’inquiétais pas de mes performances parce que j’avais déjà intégré que je n’étais pas performant.

Voilà, il était inutile de compter sur moi !

Toutefois au grès des rencontres et de la réciprocité des sentiments, pas forcément amoureux, juste le feeling émotionnel avant-pendant-et-après l’acte m’a fait me rendre compte qu’il fallait quand-même un minimum de participation à cette entreprise pour le plaisir de l’autre, de nous deux, puisque moi-même à vrai dire ne prenais aucun plaisir.

Même ma fidèle amie, la masturbation, ne pouvait pas m’apporter le seizième du quart de ce que je voulais ressentir, je n’étais pas frustré sexuellement, j’étais résigné à ne pas faire-espérer-obtenir plus.

Considérant mon pénis comme incapable de m’apporter le meilleur de moi-même, je me suis alors tourné vers des méthodes un peu plus participatives, j’ai commencé à me construire une sexualité nonphallocentrée.

La sexualité phallocentrée est celle qui débute par une pénétration et se termine par une éjaculation, c’est le coït. Cette sexualité tournant autour des capacités physiques masculines, des compétences masculines, n’est absolument pas pour moi. Cette sexualité qui veut que l’homme ait un pénis large, soit endurant et bien d’autres attributs lui permettant de faire la démonstration de sa virilité, ne me convenait pas.

Je me suis tourné vers une sexualité centrée sur le ressenti de chaque partenaire, celle du sensationnelle. En fait ma sexualité c’est celle qu’on appelle communément préliminaire mais les vielles habitudes ayant la peau dure, j’avais du mal à pleinement vivre cette forme de sexualité car les femmes que je rencontrais étaient toutes dans la logique du coït…

Avant même le coronavirus, j’ai eu plus de rapports sexuels au téléphone qu’en présentiel et ça a été magique à chaque fois !

Au-delà de la sexualité, ma relation avec mon pénis m’a aussi conduit vers un questionnement des rôles sociaux puisque c’est à cause ou grâce de/à lui que pèse sur moi le poids d’une masculinité dans un système patriarcal, une masculinité de domination.

Et nous aurons pleinement le temps de converser à ce propos dans d’autres articles certainement.

Alors on fait le bilan !

Malgré toutes mes interrogations, toutes mes remises en question, je demeure à ce jour mal informé, sous informé sur cet outil qu’est le pénis.

J’ignore encore l’ensemble des maladies dont pourraient souffrir cette partie de mon corps sachant qu’au primaire j’ai eu une chaude pisse, c’est assez inquiétant que je ne sois jamais allé voir un urologue, d’ailleurs combien d’hommes sont déjà allés en voir un, combien savent ce qu’est un urologue et j’irai même plus loin est-ce que réellement il y a des gens qui sont diplômés dans ce domaine ?

Je m’intéresse beaucoup au genre de père que je veux être mais je ne sais même pas si je suis capable de procréer, après tout l’appareil génital sert d’abord à générer des bébés et tout comme l’on prend pour acquis sa capacité à performer pendant un rapport sexuel car penser le contraire suppose ne pas croire en sa propre virilité, l’homme prend aussi pour acquis sa capacité à procréer, c’est pourquoi lorsqu’après un mariage les grossesses et naissances ne s’enchaînent pas, les accusations se déchaînent sur les épouses…

Je continue de m’interroger sur mon corps et d’améliorer mes rapports conflictuelles avec cette partie importante de mon corps, aussi importante que toutes les autres. Ce cheminement, je pense devrait être fait concernant toutes les parties de nos corps et j’espère pouvoir aller au bout de cette démarche.

Aujourd’hui, après 25 ans de vie avec mon pénis, j’ai appris qu’il était un pénis de sang, j’ai appris à le nettoyer convenablement, j’ai appris à le traiter avec délicatesse, j’ai appris à ne pas le considérer un outil de création, j’ai appris à l’aimer et le chérir dans les limites de ce dont il est capable et disposé à m’offrir, j’ai appris qu’il existe des méthodes contraceptives pour homme et je suis prêt à les essayer.

Aujourd’hui je n’ai plus aucun complexe par rapport à mon pénis, par rapport à mon corps, je me suis même déjà surpris à envoyer des nudes de moi sans érection, j’aime être regardé, j’aime que l’autre admire mon corps svelte, dans toute sa maigreur, qu’elle pose ses yeux sur ma banane et qu’elle décide s’il est à son goût ou pas.

Je me sens tellement libre.

Chacun vit sa sexualité comme il veut mais je voudrais inviter tous les mecs qui se sentent mal de ne pas être sexuellement à la hauteur à se déculpabiliser, n’oubliez pas qu’aucun d’entre n’est né avec la capacité de savoir bien faire l’amour, nous sommes tous des apprentis et même lorsqu’on a des années de pratique derrière soi, chaque rapport sexuel est une nouvelle expérience, une découverte, un apprentissage alors ayez à l’esprit que vous y allez pour apprendre et vous amusez.

Que la trique soit avec vous !


P.S : En 2010, Paul MEKANN BOUV-HEZ a écrit un livre sur son expérience de la circoncision, je n’ai pas lu le livre mais je vous le recommande quand même. Le livre s’intitule « La circoncision chez les bakouélés du Congo Brazzaville » (D’ailleurs c’est grâce au titre que j’ai su le nom de l’ethnie sinon en vrai je ne savais pas, je pensais que c’était des Mboshis lol.)

P.S.S : En parlant de sexe, j’ai écrit 3 livres érotiques que je vous invite à commander ici.

VOUS LUTTEZ POUR QUELS DROITS ?

VOUS AVEZ DÉJÀ TOUS LES DROITS, DITES MOI OÙ EN AFRIQUE VOS DROITS NE SONT PAS RESPECTÉS ?

Ici et là en Afrique nous voyons depuis des années des gens s’organiser en partie politique ou en association pour faire sur internet, dans les écoles et partout ailleurs la promotion du changement sociopolitique.

Ces personnes que l’on peut aisément appelé Opposants font la critique acerbe des dirigeants des pays du continent, leur reprochant d’avoir passé trop de temps au pouvoir et de n’avoir pas bien géré la chose publique sans oublier de rappeler qu’ils abusent trop souvent du pouvoir, d’utiliser ce pouvoir pour servir leurs propres intérêts.

S’il est vrai que ce combat fût noble à une certaine époque, aujourd’hui cette lutte n’a plus lieu d’être, cette lutte n’a plus aucun fondement réel d’existence.

Au départ les gens voulaient une ouverture politique, le multipartisme. Aujourd’hui c’est chose faite, le monopartisme est derrière nous, des élections sont organisées et les peuples choisissent eux-mêmes ceux qui vont les représenter dans les lieux de décision.

En quoi est-ce de la dictature si depuis 2002 les congolais choisissent en toute liberté Denis Sassou NGuesso pour diriger le pays ? Il suffit de voir comment le peuple se mobilise à chacune de ses sorties pour comprendre l’amour et le respect qu’ils ont pour lui. Peut-on ainsi aimer un dictateur ?

Vous me parlerez de limitation de mandat ou d’âge mais en 2016 c’est le peuple ivoirien qui a lui-même dit OUI au changement de constitution et en 2020 c’est encore le peuple ivoirien qui a demandé à Alassane Dramane Ouattara de se porter candidat aux élections, proposition qu’il a accepté dans un élan patriotique.

Toutes les constitutions de tous les pays africains sont une preuve palpable que ces pays sont des démocraties, des pays de droits, des pays où chaque citoyen est libre de s’exprimer, libre de travailler, libre de voyager, libre de vivre comme il l’entend, comme il l’espère.

Mais le peuple africain est paresseux, les gens ne travaillent pas, refusent de travailler ce qui explique largement les énormes taux de chômage !

C’est parce qu’aucun congolais n’était suffisamment qualifié que l’état s’est senti obliger de faire appel à un Canadien pour gérer le plus grand hôpital du pays ou encore de recourir à des entreprises chinoises pour la construction des routes et autres infrastructures. Bon c’est sans compter l’incivisme populaire qui entraîne la dégradation de ces édifices.

Les congolais détruisent les routes pour ensuite se plaindre du manque de route !

Bientôt le 1er Mai, fête du travail, nous verrons les jeunes et les adultes, les chômeurs et les travailleurs, tous unis comme une main, inondés les bars et boîtes de nuit plutôt que de revendiquer de meilleures conditions de travail.

De toute façon ils ne comprennent pas la démocratie, ils ne comprennent pas le concept de liberté individuelle.

Ils veulent les droits sont les devoirs qui vont avec.

Exemple vivre dans un pays où l’on a accès à internet mais refuser d’en payer le prix en se plaignant que c’est trop cher pour eux. Ce n’est pas trop cher, vous vouliez internet alors payez internet, c’est simple non !

Ils accusent les dirigeants de faire du favoritisme en choisissant uniquement les gens de leurs familles ou leur entourage pour servir la Nation pourtant nous savons tous que c’est dans les familles présidentielles que se trouvent les compétences !

Plutôt que de travailler, ils s’inventent des excuses, ils s’inventent des bâtons dans les roues au lieu d’accepter leur incapacité à avancer.

Ne parlons surtout pas du néocolonialisme, ce nouveau mot, ou plutôt ces nouveaux maux, qu’ils se sont inventés pour justifier leur dernière place sur l’échiquier politique mondial.

D’abord ils sont incapables de définir ce qu’est le néocolonialisme et ils traitent de vendus, nègres de maison, tous les africains qui ne pensent pas comme eux.

De la pure victimisation !

Sur le continent comme ailleurs dans le monde les africains ont tous les droits, ils ont les mêmes droits que tous les individus alors pour quoi luttent les panafricanistes ? Les Opposants politiques ?

Ils ne connaissent que la violence, rappelons nous de ceux qui se font appeler Combattants, qui prétendaient lutter contre la dictature en RDC demandant le départ de Joseph Kabila, privant les artistes de concert, allant jusqu’à créer une émeute pour empêcher Fally Ipupa de prester à l’Accor Hotel Arena.

Rappelons nous de Urgences Panafricanistes de Kemi Seba, des extrémistes, qui ont brûlé des billets de 5000 FCFA dans des pays où plus du quart de la population survit avec moins de 500 FCFA par jour, cet argent brûlé n’aurait pas été plus utile aux personnes démunies ?

Ils ternissent tous l’image de ces causes nobles pour des questions d’egos personnels, ils prennent des maux personnelles pour en faire des luttes collectives.

l’Afrique est un continent en paix et les dirigeants africains sont des acteurs de cette paix et cette stabilité.

Il est important de revoir la façon de lutter et surtout de faire l’effort conscient d’annihiler toute virulence dans vos propos.

Faites preuves de plus de douceur, plus de modération et surtout plus de retenu dans vos discours, dans vos revendications car il est intolérable que vous manquiez de respect aux autorités de nos pays.

Ne suivez pas les occidentaux comme des moutons, voyez ce qu’ils ont fait à Khadafi, aujourd’hui les Libyens le regrettent.

Protégez et aimez vos dirigeants.

Voilà mon conseil pour vous et ce n’est que mon avis sinon je salue toutes les personnes qui mènent réellement le combat de libération de l’Afrique.

Ceux qui comme Paul Kagamé ont compris que la lutte n’est pas contre les Blancs.

Ceux qui comme Kouadio Konan Bertin ont compris que la lutte n’est pas contre le président Alassane Dramane Ouattara.

Ceux qui respectent les autorités du continent et reconnaissent que toute autorité vient de Dieu.

Sachez que je vous aime et vous admire pour votre noble et beau combat.

Soyez tous bénis, les vrais anti-impérialistes, les vrais défenseurs de l’Afrique, surtout ne laissez pas les faux devenir l’image publique de votre lutte, vous devez les dénoncer sur la place publique, vous devez les faire taire avant qu’ils ne décrédibilisent encore plus votre lutte.

Marien Ngouabi, officier et homme d’Etat congolais, né le 31 décembre 1938 à  Ombele, mort assassiné le 18 mars 1977 à  Brazzaville. Il a été président de la République du Congo (puis de la République populaire du Congo) du 31 décembre 1968 à  sa mort. (c)Archives Jeune Afrique/REA *** Local Caption *** Marien Ngouabi

Nous sommes la résistance, ce sera l’égalité ou la mort !

En vrai

Quelle est la différence entre

  • la femme mariée qui accepte l’infidélité, parce qu’elle estime que c’est dans la nature de l’homme d’être insatiable, à condition que ce dernier la respecte, la trompe en cachette et accompli ses devoirs d’époux.

Et

  • le jeune diplômé qui accepte que le président viol la constitution, parce qu’il estime que les politiciens sont des menteurs, à condition qu’il maintienne la paix, construise quelques routes et ponts, et surtout lui permet d’avoir un emploi.

Pour ma part il n’y a aucune différence entre ces deux entités extrêmement distinctes en tout point, pour la simple raison qu’il s’agit là de deux personnes écrasées par le poids de la tyrannie socialo-politique, s’oubliant elles-mêmes et plutôt que de rechercher le meilleur, elles ont décidé de se contenter du peu, du médiocre.

Oui, l’époux infidèle est un homme médiocre et le président dictateur est un politicien médiocre.

Regardez bien notre société, observez là, et constatez par vous-mêmes à quel point nous sommes très peu exigeants.

Nous valorisons la médiocrité dans toutes les sphères de la société, nous supportons tout ce que les personnes que l’on considère comme ayant de l’autorité nous font subir, sans pouvoir mener une quelconque rébellion.

De la même façon les parents amis et connaissances demandent au jeune brillant rempli de rêve et d’espoir d’éviter de parler politique, d’éviter de critiquer les politiques, c’est comme ça on demande à la femme de se taire sur les abus qu’elle subit de la part de son époux ou des hommes en général.

Le silence, c’est notre seul droit à tous.

Nous n’avons pas droit à la rébellion, nous devons nous réjouir lorsque le président fait bien son travail et prier pour lui lorsqu’il deconne.

C’est ainsi que la femme doit se réjouir d’obtenir l’argent de décembre de son chéri et prier pour lui lorsqu’il est infidèle.

Le peuple ne peut pas et ne doit pas penser à obtenir mieux que ce qu’on lui donne déjà, la femme aussi.

Pour moi tout est lié, absolument tout est lié, sans liberté sociale, pas de liberté politique.

Et dans cette pyramide sociale d’injustice, la femme est le carré qui réceptionne tout.

C’est pourquoi mon combat social, culturel et politique demeure tourné vers la promotion de l’égalité des sexes.

L’apprentissage de la rébellion, du refus des abus commencent au sein des familles, les enfants apprennent à tolérer les injustices en voyant leurs pères traités injustement leurs mères et lorsqu’ils vivent l’injustice à l’extérieur de la maison, ils la trouvent acceptable.

Sérieusement, qu’est-ce qu’un homme qui bat sa femme, une femme qui viol son neveu peut apprendre à ces derniers au sujet de la rébellion, du refus des diktats !?

Qu’est-ce qu’une femme ou un homme violée a de multiples reprises sans obtenir justice peut espérer de la justice lorsqu’un ministre détourne les fonds publics !?

Je ne dis pas qu’en luttant pour l’égalité des sexes, nous allons éradiquer toutes les injustices sociopolitiques mais nous allons apprendre aux gens à ne pas tolérer l’injustice comme c’est le cas aujourd’hui.

Des gens qui suivent avec ardeur Kemi Seba sur internet et dans les rues de villes africaines mais à la fin du meeting, ils rentrent chez eux et frappent leurs épouses, peuvent véritablement faire quoi contre la dictature ? Ils ont le germe du totalitarisme en eux.

Il n’y aura pas de libération de l’Afrique sans la libération de toutes les personnes marginalisées, plus précisément sans la libération des femmes.

Et si l’équilibre de vos familles reposent sur l’exploitation des femmes, nous viendrons les détruire les unes après les autres.

De la même façon certains crient NON à l’Occident et aux dictatures, nous crions NON à la misogynie, NON au viol, NON aux Violences Conjugales, NON à l’excision, NON au patriarcat.

Qui sommes nous ?
Bah nous sommes la resistance.

L’ÉGALITÉ ou LA MORT, nous vaincrons.

Chassez le sexisme, il revient en érection.

Il n’y a pas une chose plus facile que d’être un homme féministe et il n’y a pas une chose plus incohérente que ça.

Lutter à éradiquer un système dont on est soi-même bénéficiaire et acteur, c’est clairement jouer au pompier-pyromane.

Impossible d’effacer des siècles d’injustices, des années d’éducation sexiste en lançant un « je suis féministe« , ça sonne tellement faux !

Parce que en vrai le combat du féminisme n’est pas contre les « mauvais hommes » en particulier pour que le fait d’être un « bon homme » puisse accorder une sorte d’immunité face à la lutte féministe.

Non, le féminisme lutte contre un système qui place tous les hommes au dessus de toutes les femmes.

Que tu en es conscience ou pas dans ce système ton sexe détermine ta position et ce indépendamment de ta propre volonté.

Et je le constate encore plus depuis que je me suis publiquement classer comme pro-féministe.

J’emploie toujours des mots crus, je suis presque insultant dans mes prises de position et je reçois souvent énormément d’oppositions mais ça demeure très soft comparé à ce que reçoivent les femmes qui font comme moi.

Entre les insultes, les menaces, la non considération de leurs opinions, les femmes féministes vivent véritablement un calvaire dans cette lutte et moi je me la coule douce.

En vrai toutes les fois où je me suis fait insulter c’est lorsque les gens ont cru que j’étais une femme mais lorsque ils savent que je suis un homme, ils me parlent avec bienveillance. La pire chose qu’on m’ait jamais dite c’est « change de sexe » ou « tu suis les médias/les blancs ».

Tandis que les femmes féministes sont menacées de finir leurs vies seules, à de nombreuses reprises j’ai vu des femmes être maudites au célibat parce qu’elles veulent l’égalité. Certaines sont menacées de viols, d’autres sont violées, assassinées !

Tout est fait pour que se taisent les femmes féministes, absolument tout.

Tandis que moi, je reçois des propositions de mariage !

Nombreuses sont les personnes qui me disent que je vais pouvoir coucher avec beaucoup de femmes grâce à mes prises de positions, moi-même je le constate.

Je suis encouragé pour mes idées, mon intelligence tandis qu’aux femmes on dit qu’elles sont frustrées, mal baisées, hystériques et j’en passe.

Nous ne sommes véritablement pas logés à la même enseigne.

C’est une chose que je me dois de reconnaître et signifier.

Être un homme féministe est vu comme une façon d’avoir bonne conscience et surtout de se faire connaître tandis qu’être une femme féministe est vu comme un caprice, une rébellion inutile, un acharnement à soigner ses frustrations, une haine des hommes etc…

Si une femme devient présidente quelque part en Afrique et tient les mêmes discours que Sankara Thomas au sujet des femmes, elle ne fera pas long feu, c’est une certitude.

D’ailleurs aujourd’hui cet aspect de lui a presque totalement été gommé, on retient juste l’anti-impérialisme occidental. Tout le reste à propos de l’émancipation des femmes est pris comme fanfaronnade et jeté aux oubliettes.

Comment déceler le vrai du faux ?

Comment comprendre la sincérité d’un homme qui se dit féministe ?

Nul n’a à le faire, comme j’aime souvent le dire, dans le féminisme les hommes sont des fans et les femmes les athlètes.

Tout ce que disent et font les hommes féministes n’est que brouhaha d’une foule en délire en regardant leurs équipes préférées. Seules les actions et mots des femmes sont importants.

Car peu importe l’amour d’un fan pour son équipe, seuls les athlètes peuvent entraîner victoire ou défaite. Seules leurs actions ont une incidence sur le dénouement du match.

Être homme féministe c’est aussi prendre sur soi de se taire, savoir que son avis est secondaire au mieux, inutile au pire. Ne surtout pas se prendre pour un sauveur.

Car notre société est encore beaucoup trop sexiste, la parole d’un homme a toujours beaucoup plus de valeurs que celle d’une femme. Il va suffire qu’un homme dise ce que des milliers de femmes crient pour que cela soit pris au sérieux.

Vous pensez qu’avant 1983 aucune femme Burkinabè ou plutôt voltaïque n’a parlé de l’émancipation des femmes ? Du rôle des femmes dans la lutte de libération du continent africain ?

Peut-être vous trouverez la réponse sur Matrimoine Africain.

C’est comme avec Victor Schoelcher qui est présenté comme le héros abolitionniste de l’esclavage à la place de tous les Noir.e.s qui ont lutté sangs et eaux pour que leurs enfants soient libres !

Bref

Comme j’aime souvent le dire, je ne défends pas les femmes, elles se défendent seules, je nettoies les fusils et ramasse les balles.