Pourquoi suis-je devenu PROFEMINISTE ?

Du primaire au lycée et même dans mes premières années à l’université, j’étais un petit farceur qui adorait taquiner tout le monde surtout les femmes, certaines fois j’allais beaucoup plus loin, je ne faisais pas qu’être taquin, j’étais ouvertement un gros pervers dégueulasse. Je soulevais les jupes des filles dans la cour de l’école ou en classe, je touchais leurs seins, leurs fesses, je me permettais d’accéder à leur intimité sans en mesurer les conséquences ni pour elle, ni pour moi. Le plus étrange c’est que je détestais ce comportement et je n’arrivais pas à m’expliquer pourquoi j’agissais de la sorte.

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais considéré que les hommes sont supérieurs aux femmes et j’ai toujours mal vu les rôles de genre. Je ne comprenais pas pourquoi il fallait que les femmes soient soumises aux hommes et surtout pourquoi les hommes étaient systématiquement les chefs. Grandir avec des héros masculins partout me paraissaient bizarre alors que chez moi le pouvoir était conjugué au féminin, puisque c’était ma mère qui commandait. Mais cela était certainement dû au fait que nous étions une famille monoparentale, ça aurait peut-être été différent si je vivais avec mon père aussi. Certaines personnes m’ont toujours demandé, du fait de l’absence de mon père : “qui est la figure d’autorité chez toi ?” je répondais ma mère et l’on refusait ma réponse alors je me demandais ce qu’il manquait à ma mère pour être une figure d’autorité sachant qu’elle est très autoritaire.

Ce que je dis là peut vous paraitre totalement incohérent, incompatible ou autre. Sachez que moi aussi tout cela me paraissait de plus en plus incongru. Peut-être était-ce la maturité ou je-ne-sais-quoi d’autre mais en 2016 à la faveur d’un gros doute concernant mon avenir, de grandes incertitudes sur mon futur, j’ai débuté une longue interrogation sur la société et sur ma personne, aussi sur mes rapports avec les femmes. C’est dans cette introspection que j’ai compris la toxicité de ma propre masculinité, j’ai compris qu’à 5 ans une amie de la famille avait abusé de moi, que ma vision de la sexualité était malsaine et bien d’autres choses liées à mon vécu et à ma condition masculine. J’ai alors décidé de faire un travail sur moi-même pour changer tout cela. Ma démarche est d’abord intéressée, personnelle, il s’agit pour moi de devenir meilleur homme afin d’être un meilleur époux et père, plus tard.

En 2019, je me suis publiquement engagé dans la promotion de l’égalité des sexes par l’élimination de la masculinité toxique. Peut-être qu’inconsciemment ou consciemment il s’agissait de me racheter une conduite, je ne sais pas, ce que je sais c’est qu’il y a toujours en moi un feu qui brûlait et le jour où j’ai pris cet engagement, ce petit feu est devenu un brasier et depuis je suis un homme heureux.

Alors comment être un homme féministe sans tomber dans le mansplanning ?

Cette question je me la suis posée tout au long des années 2019 et 2020. La question de la légitimité car qui suis-je pour dire W, pour faire X, pour penser Y et surtout pour critiquer Z ?

En tant que jeune, que sais-je de la vie et de la complexité de cette société, du monde ?

En tant qu’africain, que sais-je du féminisme, un mouvement né en Occident il y a des lustres ?

En tant qu’homme, que sais-je de ce que vivent les femmes au quotidien en Afrique, dans le monde ?

Sachant que le mansplaining c’est le fait pour un homme d’expliquer avec un ton paternaliste, condescendant, à une femme quelque chose qu’elle est censée savoir en considérant son expertise professionnelle, son parcours académique ou simplement son sexe.

C’est une pratique basique dans une société patriarcale puisque l’on part du principe que les femmes ne savent pas, elles ne peuvent pas savoir et au quotidien cela se matérialise par le refus de leur permettre d’accéder à la connaissance, une injustice encore présente et légale dans de nombreux pays. Ce refus de donner aux femmes les clés du savoir sert à asseoir la domination masculine.

Alors sachant cela j’ai pendant un certain temps été réticent à l’idée de prendre la parole pour les droits des femmes, contre le sexisme, pour la justice. Car n’étant pas une femme en réalité il m’est impossible de comprendre entièrement les tenants et les aboutissants du vécu féminin et une femme ne peut pas entièrement comprendre la complexité du vécu masculin.

C’est pourquoi j’ai décidé en novembre 2019 de m’adresser aux hommes, de dénoncer les préjugés et comportements ayant des effets nocifs sur l’homme d’abord et la femme ensuite.

Armé de mon smartphone et de mon cerveau, j’ai pendant 30 jours dénoncé ce que certains psychologues ont décidé d’appeler masculinité toxique.

Cette campagne en ligne, ou plutôt « on Facebook », m’a aidé à répondre à cette question, cette appréhension qui me bloquait.

De façon simple, pour être un homme féministe sans tomber dans le mansplaining il faut parler de son expérience d’homme et surtout faire une dénonciation des faits et/ou des attitudes, des actions posées par, les hommes ou par les femmes.

Après cette campagne mon constat était amer : le patriarcat a encore de beaux jours devant lui en Afrique.

Révoltant !

J’ai donc décidé de continuer d’écrire, de continuer de dénoncer ce sexisme, cette masculinité toxique, car j’ai en horreur cette image de prédateurs donnée à l’homme et que l’homme se donne puisque cela lui permet de briller en société phallocrate.

Faire briller les hommes au détriment des femmes, sur les corps des femmes, sur l’honneur des femmes, en exploitant les femmes. JE DIS NON !

Quelle est la place des hommes dans la lutte ?

Le féminisme est une idéologie, un mouvement qui promeut l’égalité dans toutes les sphères de la société entre les femmes et les hommes. L’atteinte de cette égalité passe par la réduction et la disparition complète des inégalités de genre, des discriminations basées sur le sexe au sein de nos sociétés et comme il est assez flagrant de le constater, ces discriminations touchent principalement les femmes.

En effet, dans nos sociétés ce sont les femmes, du simple fait d’être des femmes, qui ne jouissent pas ou ne jouissaient pas (c’est selon le pays où l’on se trouve) pleinement des droits accordés à tous les citoyens. Elles sont/étaient classées en citoyen de seconde zone, elles sont/étaient considérées comme inférieures aux hommes.

De ce fait, le féminisme lutte principalement contre toutes les discriminations faites aux femmes et fait principalement la promotion des droits des femmes.

La femme est donc l’objet premier du combat féministe.

Être un homme féministe est sujet à controverse dans la mesure où, les discriminations dénoncées sont causées par les hommes et vécues par les femmes, dans la mesure où même en dénonçant ces violences l’homme garde les privilèges que lui confère la société patriarcale.

Le terme « homme féministe » ou « féministe homme » est alors clairement problématique.

En ce qui me concerne, je préfère le terme « pro féministe » car il traduit mieux le rôle des hommes dans le et hors du féminisme.

Prenant le sport par exemple, il y a de nombreux individus qui ont en commun un amour inconditionnel du football, ils ne vivent rien que pour vibrer à chaque rencontre, chaque débat, chaque tournoi.

Cependant tous ces individus, bien qu’aimant tous le foot, n’ont pas, dans la pratique, la même incidence sur le football. Certains sont footballeurs professionnelles, d’autres supporteurs, d’autres sont entraineurs et j’en passe.

Je considère que dans le féminisme les hommes sont des alliés, des supporteurs et les femmes sont des footballeurs, ce sont-elles les stars. Nous, les hommes, aimons le féminisme, promouvons l’égalité des sexes, dénonçons le sexisme mais le plus gros du travail, celui de remporter la victoire contre le patriarcat appartient aux footballeurs c’est-à-dire aux femmes.

Cette configuration et cette dénomination sont très importantes dans la mesure où il est ici question pour les femmes de se réapproprier leur histoire et de se construire une nouvelle réalité sociale.

Je veux dire que si ce sont les hommes qui se mettent pour défendre les droits des femmes, aucune évolution ne sera faite, l’on va encore retomber dans ce vieux schéma patriarcal qui veut que les hommes protègent les femmes.

Sauf que les femmes ne sont pas de faibles choses, des êtres fragiles, incapable ne serait-ce que d’hurler « EGALITE OU LA MORT ! »

Je ne défends pas les femmes, elles se défendent seules, je suis ramasseur de balles et nettoyeur de fusils.

Cela va sembler bizarre à certains et c’est ce qui les répugnent certainement dans cette lutte mais ici, pour une fois, les hommes doivent se mettre aux côtés des femmes et même derrière elles car c’est à elles d’emmener ce navire qu’est le féminisme à bon port.

Et aussi contrairement à ce que certains peuvent penser ou dire, il ne s’agit pas de brandir les hommes, de mettre les hommes au-devant de la scène, pour montrer que le féminisme sait être tolérant, la non-mixité est un choix stratégique, idéologique, politique totalement légitime, le féminisme n’a pas besoin des hommes pour se faire entendre. Les femmes n’ont pas besoin des hommes pour exister dans la société.

Il ne s’agit pas non plus en tant qu’homme de se revendiquer féministe ou allié uniquement pour obtenir des faveurs sexuelles de la part des féministes, ce que certains ont l’audace de faire sans aucune vergogne dans le but d’humilier ces dernières puisque le sexe est vu comme un moyen de contrôler les femmes.

Il s’agit de participer à la création d’une société plus juste, plus équitable et plus respectueuse des droits humains dans leur entièreté. Il s’agit de se débarrasser des mentalités, des habitudes qui sont nocifs à nous-mêmes hommes, telles que la pression pour les performances sexuelles, l’incapacité à transmettre nos émotions, notre absence auprès de nos enfants et j’en passe.

Comprendre qu’il est bénéfique pour les hommes de lutter contre le sexisme, c’est la première étape vers la construction de cette société plus juste et je nous invite tous à y placer sa pierre, à aider à l’édification de ce nouveau modèle de société.

Pourquoi suis-je devenu proféministe ? Je ne saurai aisément répondre à cette question en réalité car oui, je suis un opportuniste. J’ai vu dans ce mouvement l’opportunité de devenir meilleur, de devenir beaucoup plus fier de moi-même, d’être en accord avec mes doutes, de me racheter de mes mauvaises conduites qui ont certainement contribué à briser la confiance que certaines femmes femmes avaient en elle-même, je me suis engagé pour guérir de mes blessures, pour améliorer ma vision de la sexualité, ma perception du monde mais surtout ma perception de moi-même. Je me suis engagé pour moi, pour mes douleurs, mes blessures, mes regrets, mes remords personnels.

Je suis devenu proféministe en espérant qu’à travers mon engagement des gamins ne prennent pas les mêmes décisions que moi, ne vivent pas les mêmes traumatismes que moi.

Je ne suis pas une personne exempte de tâche mon passé, mon intimité est mille fois plus laid que les maux que je combat et j’espère me dessiner un bel avenir.

Je prends la parole parce que je le peux, parce que je le dois, parce que je n’ai pas d’autre choix que de dire ce que je dis et faire ce que je fais.

Je suis tombé dans le gouffre, je souffre, peut-être que je changerai mais en attendant je suis là et je ne lâcherai pas le morceau.

Bref c’était Un Homme à la Mer…

L’EDUCATION SEXUELLE DES JEUNES HOMMES : MOYEN DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Le mois de la femme est passé, nous avons festoyé, des conférences ont été organisées, des dîners gala bref une myriade d’événements qui avaient pour la plupart un même objectif : LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES.

Ce n’est pas hier que le 08 Mars a été désigné comme Journée Internationale des Droits de La Femme, sans refaire l’histoire de cette date retenons que cette année était la 41ème Journée Internationale des Droits de La Femme, mais le constat reste pratiquement le même concernant les violences faites aux femmes. Elles existent toujours, elles sont de plus en plus violentes et de plus en plus banalisées.

Le monde a été secoué par l’affaire Weinstein, faisant couler beaucoup d’encre et tomber beaucoup de tête. Weinstein est né vingt-cinq ans avant l’instauration par l’ONU de cette journée et la vulgarisation de la cause des femmes. En Afrique plus de 50% de la population est âgé de moins de 25 ans, en d’autres termes plus de 50% de la population africaine a grandi en célébrant chaque année la Journée Internationale des Droits de La Femme. Cependant, cette jeunesse est insensible aux droits des femmes et pis à la liberté sexuelle des femmes.

En effet les jeunes n’ont aucun respect pour les femmes, il n’est pas rare d’assister en milieu scolaire à des actes sexistes, au harcèlement, aux attouchements et bien d’autres pratiquent qui diminuent les femmes.  L’année dernière, une vidéo montrant le viol d’une fille par deux garçons a fait le tour de la toile en Côte d’Ivoire. Aucune sanction n’a été prononcée contre les jeunes garçons mais la fille fut renvoyée de son école. Ceci illustre bien à quel point la jeunesse est dépravée et inconsciente de la gravité des actes qu’elle pose. Cette inconscience s’explique par le manque d’éducation sexuelle.

C’est à l’adolescence, période où l’humain entre dans la puberté, que les premiers désirs sexuels se ressentent sous l’effet naturel des hormones dans le but de nous indiquer que nous sommes prêts à procréer. Tout ceci est naturel. Toutefois les adolescents sont perdus au cours de cette période de grand changement, la seule chose qu’on leur dit à propos du sexe est que c’est mal. Cette réponse est simpliste, dénuée de sens, éloignée de la réalité et complètement fausse. Un ado avec les hormones en ébullition qui pour la première fois de sa vie se réveille avec une érection tous les matins ne peut pas se contenter de la morale qui lui dit que le sexe c’est mal. Il lui faut plus.

L’éducation est l’un des piliers de la société, c’est à travers elle que la société prend forme, raison pour laquelle cette éducation doit être bonne et doit toucher des domaines divers et variés. Sous nos tropiques, le domaine sexuel est tabou donc laissé au placard.

Au cours de mon cursus scolaire, du primaire au secondaire, une seule fois j’ai été véritablement sensibilisé sur la sexualité. Cette sensibilisation concernait les dangers des rapports sexuels et les précautions à prendre pour éviter ces dangers. En gros ils sont venus nous dire que faire l’amour pouvait nous rendre malade et que si nous ne voulons pas tomber malade, soit nous faisons l’amour avec des préservatifs, soit nous nous abstenons. Simpliste et pas très instructif.

La mauvaise éducation, le manque d’éducation sexuelle est ce qui conduit certains à une dérive perverse. C’est parce qu’ils n’ont pas reçu d’éducation sexuelle que certains hommes ne pensent pas au plaisir des femmes, les femmes elles-mêmes ne savent pas qu’elles sont censées prendre du plaisir. Ce manque conduit d’autres à violenter les femmes.

La meilleure façon d’éviter qu’une femme soit à nouveau violée c’est de donner une BONNE EDUCATION SEXUELLE AUX JEUNES HOMMES.

Dans la pratique cette bonne éducation peut se faire par :

  • L’organisation d’ateliers / de conférences animés par des femmes pour sensibiliser les hommes aux comportements sexistes qu’ils affichent ;
  • La distribution de prospectus aux hommes sur les violences faites aux femmes ;
  • L’intégration au programme scolaire d’une sensibilisation plus approfondit à la sexualité.

Toutefois il ne faut pas se limiter à l’école mais aller aussi dans les familles et demander aux parents de casser le tabou et parler de sexe avec leurs enfants.

En appliquant ces quelques mesures, le harcèlement ainsi que les violences reculeront et nous aurons fait un grand pas vers le vivre ensemble.

Ecrit par Gloire Wanief le 10/04/2018

AUX PREMIÈRES HEURES DE LA MASCULINITÉ POSITIVE EN AFRIQUE

En 1984, le 04 Octobre, Thomas Isidore Noël Sankara alors président de la Haute Volta qu’il va renommer Burkina Faso va tenir un discours poignant au siège de l’Organisation des Nations Unis. Ce discours qui est un condensé, une feuille de route, un véhicule de son idéologie politique et révolutionnaire, est celui qui a énormément contribué à asseoir sa légende et le classer au panthéon des révolutionnaires africains. 

Aujourd’hui de son action rien n’a été oublié, il est dans les cœurs et dans les mémoires de tout africain non-aligné. 

Cependant il y a une partie de son discours et surtout de son action dont l’on ne parle pas suffisamment qui porte sur l’émancipation des femmes.

Une minute et dix secondes, c’est le temps que Sankara va consacrer aux femmes du monde dans cet élogieux discours. Cela peut paraître très court sachant qu’il a parlé pendant presque une heure mais l’important n’est pas la quantité, l’important c’est la qualité.

En une minute et dix secondes il a dit l’essentiel de ce qu’il faut retenir de la nécessité de la lutte féministe. Bien qu’il ne se revendiquât pas féministe lui-même, d’ailleurs cela n’a aucune importance que de se revendiquer ou pas féministe tant que l’on travaille à créer une société plus égalitaire, plus juste pour tous surtout entre femme et homme.

C’est par un magistral : « Je parle au nom des femmes du monde entier qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. » qu’il débute son propos et il termine en appelant les femmes à lutter pour leurs droits.

Pour le monde entier, cette déclaration était peut-être une nouveauté qui bousculait leur entendement mais pour lui c’était la continuation, la concrétisation d’une vision qu’il a toujours eue, vision certainement influencée par le fait d’avoir six sœurs ou encore d’avoir regardé impuissant un homme battre son épouse lorsqu’il était plus jeune.

Il pose les bases de la révolution en intégrant les femmes dans cette vaste entreprise dans un discours tenu le 02 Octobre 1983 (apparemment il aime bien le mois d’octobre lol).

« Le poids des traditions séculaires de notre société voue la femme au rang de bête de somme. Tous les fléaux de la société coloniale, la femme les subit doublement : premièrement, elle connaît les mêmes souffrances que l’homme ; deuxièmement, elle subit de la part de l’homme d’autres souffrances. »

Thomas Sankara

Son attachement à l’émancipation des femmes du monde en général, des femmes burkinabés en particulier ne se limite pas à de jolis discours de galvanisation. Thomas Sankara a tout mis en œuvre tout au long de sa présidence, qui n’a duré que 04 ans, pour donner aux femmes toute la largesse dont elles pouvaient avoir besoin car comme il le disait : « La vraie émancipation, c’est celle qui responsabilise la femme, qui l’associe aux activités productives, aux différents combats auxquels est confronté le peuple. La vraie émancipation de la femme, c’est celle qui force le respect et la considération de l’homme. »

Trois femmes sont nommées ministres dès son arrivée au pouvoir, dont une au ministère du budget. Entre autres mesures, sa présidence marquera la fin de la dot et du lévirat qu’il considère comme une marchandisation des femmes, aussi l’interdiction de l’excision, l’instauration d’un âge légal pour se marier afin de mettre un terme aux mariages forcés, et il tente de s’opposer à la prostitution et à la polygamie.

Symboliquement, une journée du marché au masculin est instaurée pour sensibiliser au partage des tâches ménagères. Sankara avance aussi l’idée d’un « salaire vital », prélevé à la source d’une partie du salaire de l’époux pour le reverser à l’épouse.

C’est pour toutes ces choses que Thomas Sankara est le symbole d’une masculinité positive africaine avant l’heure. Il a fortement contribué à poser les bases d’une société égalitaire et équitable et il est triste de constater que cette partie de son héritage est volontairement ou involontairement occultée.

Aujourd’hui, les jeunes générations que nous sommes se doivent de savoir qu’il est impératif de se mettre ensemble femmes et hommes sur un même piédestal afin de construire nos nations. Et comme disait Sankara : « nous en appelant à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à la conquête de leurs droits. »

Ecrit par Gloire Wanief en Novembre 2020

HOMME NOIR ET PATRIARCAT

[ Publication du 06 Novembre 2021 ]

Bonjour à tous et à toutes

J’espère que nous allons tous bien, moi je suis toujours au chômage mais mon esprit travail.

C’est pourquoi ce matin, j’aimerais revenir sur cette publication du 1er Novembre ainsi que la vague d’indignation et d’acquiescement que cela a suscité.

Avant tout propos, je m’excuse auprès de toutes les personnes qui d’une façon ou d’une autre ont été heurtées, choquées, blessées par ma publication.

Plus précisément les personnes qui ont estimé qu’il s’agissait là d’une stigmatisation, d’une catégorisation des personnes dites Noir.e.s …

Sachez que vos réactions étaient totalement émotionnelles et contrairement aux personnes qui s’asseyent pour dire « sortez de l’émotion« , moi je vous dis que vos réactions étaient légitimes.

Vos frustrations, qui ont dans une certaine mesure terni votre jugement face à ma publication, étaient parfaitement justifiées.

Oui, vous êtes frustrés, vous êtes en colère, vous ne comprenez pas pourquoi sans raison réel, sans justificatif valable, les Noir.e.s sont chaque jour méprisés.e.s et martyrisé.e.s, vous êtes frustrés de voir qu’à cause de votre différence biologique l’on vous mette à l’arrière de la société.

En effet depuis des siècles les Noir.e.s, hommes et femmes, sont sujets à une déshumanisation sans précédent, ils sont, non, nous sommes, victimes d’une campagne millénaire de diabolisation de nos cultures et de nos corps.

À notre couleur de peau, à nos traditions, ont été accolées les pires défauts et nombreux sont les Noir.e.s qui participent à cette diabolisation, stigmatisation des personnes dites Noir.e.s sans état d’âme ni scrupules.

C’est pourquoi il est parfaitement normal qu’en voyant les mots « Homme Noir » suivi d’une qualification négative, vous ayez été blessé.

Vous aviez totalement raison de réagir comme vous l’aviez fait et peu importe les intentions derrières mon propos, ma façon de formuler la chose dans un contexte social hostile aux Noir.e.s, ne donne pas lieu à mille interprétations.

Cette publication stigmatise les hommes Noirs. C’est un fait

Et je m’en excuse, nous méritons mieux.

Maintenant que c’est dit revenons à ma publication, au fond qu’est-ce que je voulais dire ?

Premièrement, j’ai totalement fait exprès de circoncire mon propos aux hommes Noirs parce que ce sont eux qui me lisent et ce sont eux que je côtoie, c’est leurs façons de vivre, leurs cultures, leurs aspirations que je connais.

Aussi, je ne crois pas avoir un quelconque intérêt à parler des autres peuples, à critiquer le mode de vie des autres peuples.

S’il faut faire une critique, je la ferai contre ou pour les personnes qui sont comme moi et ce n’est pas non plus de l’exclusion.

Il s’agit ici d’être réaliste, je n’ai jamais quitté l’Afrique, je ne vis qu’avec des Noir.e.s alors je ne parle que d’eux même si j’apprends de tous les peuples.

Peut-être lorsque je me retrouverais ailleurs qu’ici, je me sentirai légitime de parler des Arabes, des Juifs, des Corses et autres.

Deuxièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs afin de titiller votre fragilité.

Oui, vous êtes fragiles et cette fragilité découle des frustrations dont j’ai parlé dans l’avant-propos.

Peut-être que maintenant vous comprendrez que réagir dans l’émotion a ou peut avoir une légitimité et que le discours d’une personne qui réagit par rapport à ses frustrations n’est pas à bannir.

Ce sursaut d’orgueil que vous avez eu en lisant ma publication, vous devrez l’avoir chaque jour contre toutes les discriminations.

Il est intolérable de permettre à quelqu’un de venir tranquillement salir l’image de toute une catégorie de personnes, tout un peuple, c’est inadmissible.

Troisièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs car nous devons sans aucun ménagement critiquer les tares de nos sociétés.

Ce n’est pas en cachant la poussière sous le tapis qu’on rend une maison propre et nous, africain.e.s, avons trop souvent tendance à nous mentir à nous-mêmes au sujet des maux dont souffrent nos sociétés.

Globalement ici il n’y a que deux façons de considérer nos difficultés : pour les amoureux de l’Afrique, nos problèmes ont toujours des causes exogènes, c’est toujours la faute des autres peuples si X ou Y nous arrive et pour les haineux de l’Afrique, nos problèmes ont toujours des causes endogènes, c’est parce que le Noir est mauvais que X ou Y nous arrive.

Ces deux approches n’ont aucune réel objectivité, nous refusons de faire une analyse sociologique profonde de nos sociétés et lorsque nous le faisons, nous refusons de voir les résultats surtout pas en public car nous avons peur que les autres peuples nous regardent et se moquent de nous.

Cette attitude est la preuve encore une fois de notre fragilité et de notre haine de nous-mêmes, s’aimer ce n’est pas cacher ses défauts, s’aimer c’est ne pas craindre l’avis des autres sur soi.

Et tant que nous refusons de régler nos problèmes, ils vont perdurer.

Quatrièmement, j’ai fait exprès de parler des hommes Noirs parce que l’homme Noir souffre de sa masculinité et cette souffrance n’est absolument pas silencieuse, elle est visible de tous et toutes mais nous avons décidé de détourner le regard.

Les sociétés dans lesquelles les hommes Noirs évoluent aujourd’hui sont profondément sexistes et racistes, c’est dans ce contexte que l’homme Noir s’est construit une carapace de virilité au dessus de ses blessures.

L’homme Noir souffre du racisme qui dans un monde globalisé touche autant le jeune afro-américain de New-York que le jeune béninois de Parakou, nous sommes tous directement ou indirectement victime de ce racisme ambiant.

Ce racisme qui ne cesse de nous dire que nous ne sommes rien ni personne, que nous n’avons de valeur que celle qu’on veut bien nous attribuer, chaque jour nous sommes diminués et renvoyés à un état de bestialité.

L’homme Noir souffre d’être Noir mais il a au moins la chance d’être homme.

Alors on se construit autour de l’identité masculine, on se recroqueville dans la virilité pour retrouver un peu d’estime de nous-mêmes, un peu d’amour propre.

La virilité est devenue notre arme, notre argument de valorisation principale, chaque blessure raciste est pansé avec des « je suis un homme, je suis fort« …

« Grosse bite » qui est une insulte contre nous est devenu la mascotte de notre masculinité.

Mais si seulement il s’agissait d’un problème de racisme.

Nos sociétés traditionnelles sont elles-mêmes les haut lieux d’une masculinité viriliste qui ne dit pas son nom.

L’homme Noir est roi, guerrier, incontesté et incontestable.

Cette force brut qu’est l’homme Noir vient se confronter à la réalité dure et sans équivoque de la jungle urbaine à l’heure où toutes les branches de nos traditions ont été détruites mais tel un membre fantôme ça continue de nous démanger.

Enfin, pour entrer dans le vif du sujet ma publication vient dresser un constat, faire un portrait, celui de l’homme Noir, l’homme Noir tel que notre société le construit et son rapport à la parentalité, la paternité.

Sous nos cieux les enfants sont considérés comme une richesse au sens propre comme au figuré, un homme qui a beaucoup d’enfants est un homme riche.

Sans parler du fait que c’est un signe, une preuve de virilité, de puissance pour un homme que d’avoir une multitude d’enfants.

Lorsque deux âmes s’unissent, elles unissent aussi leurs familles et le fruit, la concrétisation de cette union ce sont les enfants.

Les enfants sont une importante unité de mesure dans nos sociétés où l’on ne jure que par la famille, où la famille est considérée comme le socle de tout.

Afin de se conformer à cet idéal social, les hommes Noirs n’ont aucune hésitation à faire le plus d’enfants possibles et nous en sommes extrêmement fiers.

Lorsqu’il s’agit de concevoir les enfants, les hommes Noirs répondent toujours présent, il est inadmissible chez nous de ne pas vouloir avoir des enfants.

Cependant il est étrange de constater que ces hommes éduqués et conditionnés à la procréation soient incapables de s’occuper seuls de leurs enfants.

Loin d’être un mauvais père, l’homme Noir sait être responsable face à ses enfants, il fournit à ses enfants un toit où s’abriter, de quoi se nourrir pour être en bonne santé et fait office de figure d’autorité, l’incarnation de la ligne droite à suivre, le wagon de tête.

Mais il demeure inaccessible, l’homme Noir est loin de ses enfants, si loin qu’il n’est plus visible c’est uniquement son ombre qui plane au-dessus du foyer.

Humainement, l’homme Noir n’a aucune relation avec sa progéniture.

L’on pourrait aisément me dire que tous les hommes Noirs ne sont pas ainsi mais quelle est la norme sociale ?

Toutes les sociétés ont des normes, des comportements, des raisonnements, des activités qui sont jugés comme normaux et c’est dans tous les domaines.

Alors je repose ma question, quelle est la norme chez nous ?

Si la norme c’est la complicité entre père et enfants pourquoi ça nous paraît si étrange et exceptionnelle qu’un homme soit proche de ses enfants ?

Quels sont nos modèles ? Dans nos contes traditionnels, au théâtre, au cinéma, dans les romans, les poésies, les chansons. Comment le père Noir est-il dépeint ? Quel portrait fait-on de lui ?

Combien sont les enfants qui bien qu’ayant leurs pères vivants, bien que vivants avec leurs pères, ressentent l’absence de ces derniers ?

Combien de pères souffrent de cette relation où ils travaillent pour leurs enfants mais ne partagent aucune intimité avec eux ?

De toutes ces questions pourraient en découler une autre qui a toute son importance pour ne pas dire la plus importante : est-ce qu’il est nécessaire pour les pères d’être proches de leurs enfants ?

Pour ma part oui et chacun est libre d’avoir sa propre appréciation, réponse à la question.

Oui, parce que les liens de sang n’ont pas véritablement d’impact dans la pratique, les liens de sang ne se vivent pas, ne suscitent aucune émotion, contrairement aux souvenirs provoqués par les moment passés ensemble.

La proximité, l’intimité d’une conversation, d’une activité est favorable à développer un lien émotionnel qu’il n’est pas facile à briser mais il ne suffit pas d’une seule discussion pour nouer des liens, c’est un travail de longue haleine.

Les relations humaines sont des relations émotionnelles.

C’est pourquoi il est impératif pour les hommes Noirs de développer une vraie relation émotionnelle avec leurs enfants.

Et avant d’en arriver là, l’homme Noir doit d’abord pouvoir exprimer ses émotions donc il faut détruire sa carapace de virilité !!!

L’absence des pères, au-delà d’être physique est avant tout émotionnel, cette déconnexion est avant tout entre l’homme et lui-même, cette déconnexion profite au patriarcat.

L’absence des pères est une preuve de la masculinité toxique, en plus des enfants, des mères, les pères eux-mêmes souffrent de ce fait.

Dans mon argumentaire, je n’ai avancé aucun chiffre, aucune donnée statistique, j’ai juste partagé mon analyse qui repose entièrement sur ma vision des choses, de ce fait mon propos est biaisé, complètement, et ce serait assez risqué de me suivre dans mon délire.

Toutefois j’ai la conviction profonde d’avoir mis le doigt sur un problème dont souffre un certain nombre de personnes même s’ils sont peut-être minoritaires c’est pourquoi personnellement je m’engage à aller au bout de la démarche.

Ça prendra du temps, ça prendra de l’énergie mais ça rendra libre.

Si vous êtes arrivé jusqu’au bout de cette lecture, je vous en remercie et vous souhaite une excellente journée.

EST-CE QU’UNE FEMME PEUT VIOLER UN HOMME ?

Oui, nous sommes mardi midi, tu es sur le blog de Gloire Wanief et tu as bien lu la question mais je vais répéter quand-même.

Est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Statistiquement, l’écrasante majorité des viols sont commis par des hommes et subis par des femmes, une infime partie des victimes sont des hommes et dans cette infime partie, l’écrasante majorité des coupables sont aussi des hommes.

Dans les médias, les institutions judiciaires, dans les séries, les films, les organisations non gouvernementales, partout où l’on peut passer, lorsque le sujet du viol est abordé ce sont toujours les femmes et les enfants que l’on présente comme victime. Les hommes adultes semblent échappés à ce fléau, ils sont invisibles pour ne pas dire inexistant.

Il paraît donc nécessaire, judicieux et même légitime de se demander s’il est possible qu’un homme soit violé par une femme.

Avant tout, cette interrogation subsiste à cause des nombreux aprioris que les gens ont sur le viol.

La plupart des gens pour ne pas dire tout le monde, pensent qu’il est impossible qu’une femme viole un homme. Ceux et celles qui pensent ainsi en sont fermement convaincu.e.s, c’est une certitude pour eux et elles.

Le premier biais, le premier préjugé, qui fait que les gens sont sûrs et certains qu’une femme ne peut pas violer un homme c’est la libido.

Pour de nombreuses personnes, le viol est lié à l’appétit sexuel, à la libido.

Dans nos sociétés, l’on considère que les femmes ont une faible libido et l’on arrive même souvent à considérer qu’elles n’ont aucune envie de sexe et que les hommes ont un énorme appétit sexuel, ils ont tout le temps envie de sexe.

Dans cette configuration, l’on considère que l’homme qui viol est dominé par ses pulsions sexuelles qui sont beaucoup trop fortes pour être gérées et canalisées.

La libido masculine est vue comme une cause du viol.

La femme ayant une libido silencieuse, elle ne peut donc pas être, selon eux, dominée par un quelconque brouhaha généré par ses pulsions. La femme ne veut pas de sexe donc la femme ne peut pas aller vers un homme et le contraindre à offrir du sexe.

D’ailleurs, toujours selon ce préjugé, même si la femme est dominée par des pulsions sexuelles, les pulsions de l’homme étant plus fortes, plus vivaces et plus emmerdantes, l’homme acceptera d’offrir du sexe à la femme sans y être contraint.

Apparemment ce préjugé serait scientifiquement prouvé, pour ma part je n’ai pas les chiffres et je n’ai pas vu les études qui démontrent que les hommes ont envie de sexe tout le temps et que les femmes n’ont presque jamais envie.

Le problème avec ce préjugé c’est que le viol n’est pas seulement lié à la libido, les pulsions sexuelles peuvent peut-être être une des causes du viol mais il n’y a pas que ça et même s’il n’y avait que ça il y a d’autres aspects à prendre en compte.

L’autre aspect à prendre en compte est celui qui donne lieu à notre second préjugé.

Par définition le viol c’est l’absence de consentement et le consentement c’est le fait de donner son accord, son autorisation.

Le deuxième préjugé que les gens ont sur le viol c’est sur le consentement ou plutôt la mauvaise compréhension du consentement.

Dans nos sociétés, l’on considère que les hommes sont toujours d’accord pour avoir du sexe puisqu’ils en ont tout le temps envie et qu’à contrario les femmes n’ont pas d’avis sur le sujet puisqu’elles n’ont pas envie.

Cette configuration fait que l’on estime que les femmes couchent parce que les hommes veulent coucher. Cela implique que c’est l’homme qui doit et va toujours demander le sexe puisque c’est seulement lui qui veut toujours le sexe.

Le préjugé sur la libido de l’homme fait que l’on considère qu’il est toujours consentant de ce fait l’on ne peut pas le contraindre, c’est la personne qui ne veut pas que l’on contraint sinon celle qui veut n’a pas besoin de contrainte pour agir.

L’homme voulant toujours, dans nos sociétés l’on estime alors que les femmes doivent se disposer à toujours offrir du sexe aux hommes, l’accord de la femme n’est pas interrogé ou demandé, il est implicite dès l’instant où elle est en contact avec un homme.

Par exemple un homme invite une femme au restaurant, si elle accepte d’y aller c’est qu’elle accepte implicitement de coucher avec lui selon eux…

Pour eux la femme ne peut pas violer un homme parce qu’elle n’a pas envie de sexe et aussi parce qu’elle n’a pas le moyen et qu’il n’est pas utile de contraindre l’homme au sexe.

Ce second aspect renvoi alors au moyen, aux outils utilisés pour contraindre l’autre et ici l’on voit bien que le viol peut sembler inexistant pour certains puisque le consentement est mal compris et même souvent botter en touche.

Alors le troisième préjugé concernant le viol que les gens ont c’est la violence.

Pour de nombreuses personnes le viol est un acte violent, une violence physique que l’on dirige contre l’autre pour la contraindre à un rapport sexuel.

La violence est l’utilisation abusive de la force, de ce fait pour être violent il faut avant tout être fort ou avoir de la force.

Dans nos sociétés toujours, l’on considère que la femme est un être faible, qu’elle n’a pas de force et même si elle en a, cette force est inférieure à celle de l’homme. La force est vue comme un élément masculin par excellence.

La force devient alors un outil du viol, un moyen pour violer.

L’homme ayant une grande libido utilise sa force pour contraindre la femme à avoir des rapports sexuels. C’est ainsi qu’ils voient les choses.

La femme n’ayant pas de libido et pas de force ne peut donc pas contraindre un homme à avoir un rapport sexuel selon ces personnes ou pour aller plus loin selon la société.

Ce préjugé aussi semble avoir un fondement scientifique, les hommes sont physiquement plus forts, c’est la science qui le dit cependant il ne faut pas voir les choses de façon tranchée et absolue. Il y a une multitude d’hommes et une multitude de femmes ce qui implique une grande disparité physique qui entraîne que des femmes peuvent être plus fortes que certains hommes et vice versa.

Mais au-delà de tout, ce que ces trois préjugés que les gens ont sur le viol nous renseigne sur notre modèle de société et sur ce qu’est le viol en réalité.

D’abord ces préjugés nous disent que nous sommes dans des sociétés patriarcales, des sociétés où en tout et pour tout l’homme est considéré comme supérieur à la femme, c’est le dominant.

Ensuite ces préjugés nous disent que le viol est un acte de prédation, de domination. Les personnes qui violent veulent par cet acte soumettre leurs victimes.

Enfin ces préjugés demeurent des vues de l’esprit, des conceptions personnelles et sociales très loin de la réalité, du quotidien, du vécu des personnes victimes de viol peu importe leurs sexes.

Alors qu’elle est donc cette réalité ? Est-ce que dans la réalité une femme peut violer un homme ?

Plus haut j’ai donné ce que les statistiques sur le viol nous disent, les informations qu’elles nous donnent à propos des victimes et des coupables. Même si je n’ai donné aucun chiffre précis.

Je disais plus haut que statistiquement les hommes violés par des femmes représentent une infime partie des victimes.

Mais nous ne sommes pas à une élection ici pour considérer que seule la majorité compte. Non, nous sommes face à un crime et toutes les victimes ont la même importance.

Un seul homme violé par une femme c’est déjà trop, c’est déjà beaucoup trop !

Mais jusqu’à présent je n’ai pas concrètement répondu à la question. La question demeure : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Les préjugés que j’ai cité plus haut ne sont pas les seuls, ils en n’existent encore une multitude, autant de préjugés qu’il n’y a de sociétés et d’humains.

Il existe, et j’en parlerais peut-être dans un autre contexte, de nombreux préjugés qui font que les statistiques sur le viol sont biaisés, que ces statistiques ne nous disent pas toute la vérité sur les victimes de viols, la vérité quantitative et qualitative…

Alors pour savoir et comprendre s’il est possible qu’une femme adulte viole un homme adulte, il faut d’abord se tourner à cet instant vers la définition du viol selon les lois de vos pays et aussi se tourner vers les victimes de viols.

Pour ma part, les femmes peuvent malheureusement violés des hommes et il est impératif d’aborder ce sujet afin de délier les langues et aider certains à obtenir justice sans oublier de les réparer de ce préjudice psychologique.

C’est pourquoi, j’aimerais organiser des BOYS TALK, des séances de discussion entre hommes et garçons pour parler du consentement et bien d’autres sujets liés à la masculinité.

Ceci n’est pour l’instant qu’une idée mais si tu as pu me lire jusqu’ici j’aimerais que tu me dises en commentaire ce que tu en penses mais surtout que tu répondes à la question posée : est-ce qu’une femme peut violer un homme ?

Sur ce je vous souhaite une excellente journée sous les faveurs de celui ou celle en qui vous avez placé votre foi.

Lorsque les traditions deviennent prétextes d’asservissement

Avez-vous déjà été confronté à une situation où la tradition nuisait votre épanouissement personnel, bloquait vos aspirations ?

Moi ça m’est arrivé en 2014 lors d’une discussion à huit clos au Parlement des Jeunes, l’on m’a refusé la parole pour la donner à un type plus âgé que moi sous prétexte que « lorsque la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau. »

Le respect des aînés, c’est bien, c’est magnifique, moi-même j’adore le fait de savoir que dans ma tradition naître avant l’autre nous confère un certain pouvoir puisque je suis le premier né de mes parents, l’aîné de la famille donc le chef.

Mais ce jour-là il n’était pas question d’âge, ni de famille, il était question d’idées et sans manquer de respect à cet aîné, j’avais de meilleures idées que lui, d’ailleurs tout ce qu’il a dit pendant que j’étais silencieux à confirmer cela.

Si seulement on s’était contenté ce jour-là de me faire parler en dernière position ça ne m’aurait pas dérangé mais on m’a carrément refusé la parole. Je n’ai eu aucune occasion d’exprimer mes idées, elles sont restées avec moi et elles sont mortes avec moi car la frustration, la colère de ne pas être entendu à tuer ma volonté, mon désir de participer.

Les traditions ne sont ni bonnes ni mauvaises, elles sont encore moins immuables, elles s’accordent au désir et aspirations des humains en fonction des époques et des circonstances, ce n’est pas aux humains de s’accorder à elle.

La tradition ce n’est pas le climat ou la végétation pour dire qu’on ne peut rien faire lorsqu’elle est en inadéquation avec les individus ou lorsque les individus sont en inadéquation avec elle. C’est à elle de s’adapter, pas à nous.

Ce que j’ai décrit à propos du droit d’aînesse traditionnel africain qui empêche l’émergence d’une gouvernance par la jeunesse, nombreux l’ont déjà vécu et s’insurgent contre cela quotidiennement mais il suffit de parler des droits des femmes pour qu’ils se souviennent que la tradition a une importance capitale et ne doit pas être changé au risque de se perdre !

L’instrumentalisation de la tradition, d’ailleurs pourquoi l’appeler tradition ? Disons simplement normes sociales car c’est ce qu’elles sont : des normes sociales.

L’instrumentalisation des normes sociales pour justifier et perpétuer des systèmes de domination et de déshumanisation, ne passera pas. Chaque être humain mérite de part sa simple condition humaine tous les droits et devoirs inhérents à cette condition.

Il n’y a pas à restreindre les droits des gens sous prétexte qu’ils sont différents. Je pense notamment aux albinos dans certaines régions d’Afrique, aux handicapés moteurs, aux malvoyants, malentendants, aux pygmées et j’en passe qui sont privés des droits les plus élémentaires à cause de leurs différences.

La tradition ne peut pas être le fer de lance de l’injustice, elle est le socle de la justice c’est pourquoi elle doit s’adapter pour demeurer juste. Il ne sert à rien de continuer une coutume uniquement parce qu’elle existe depuis longtemps, parce que nos ancêtres faisaient la même chose, si cette coutume n’a plus d’utilité aujourd’hui que ce soit pratique et même symbolique.

Rien que de 2010 à 2020 nos sociétés ont changé et nous avons acquis de nouvelles habitudes qui ne sont rien d’autres que des coutumes et des traditions, aujourd’hui nous ne les considérons pas comme tel mais elles le seront bientôt et je viens du future pour vous l’annoncer lol.

Plus sérieusement, je suis un progressiste libéral, je l’assume et je comprends ceux qui sont conservateurs après tout que nous restera-t-il de nos prédécesseurs si on remplace tout par souci de progresser ? Je pourrais répondre qu’il nous restera notre ADN mais c’est peut-être insuffisant alors je vais répondre qu’il nous restera au mieux leur expériences que nous pourrons observer/exploiter en continu dans les musées et au pire rien.

En ce qui me concerne, ça ne me dérange pas mais ceux qui sont dérangés par la peur de perdre leurs coutumes devraient faire l’effort de la remise en question afin de mettre fin aux pratiques qui asservissent leurs semblables, afin d’œuvrer au bienêtre de tous.

Aucun humain n’est libre si d’autres souffrent.

Gloire Wanief, 14/08/2020

Silence Coupable

Il y a quelques temps je discutais avec une amie qui me faisait remarquer que j’étais sans filtre sur les réseaux sociaux, que je me confiais beaucoup sur mes maux, mes problèmes, mes difficultés, elle trouvait cela étrange et courageux. Plus étrange que courageux. Surtout par rapport à mon article sur mon pénis et celui sur le viol dont j’ai été victime. Au détour de cette même conversation, elle me demandait si ma famille était au courant de ces atrocités que je racontais sur internet et je lui répondais que non, que j’en n’avais jamais discuté avec des membres de ma famille.

Plus de la moitié des choses que j’ai raconté sur internet que ce soit au sujet de mes déboires ou de mes joies ou encore des mes rêves, sont des choses dont je n’ai jamais discuté avec des membres de ma famille.

Pourquoi ?

Avant j’aurai répondu, parce que je ne sais pas mais ça c’était avant.

J’ai eu une autre conversation au sujet d’une chose terrible qui s’est passé dans ma famille aussi et dont je n’ai parlé à personne, ce qui va totalement à l’encontre des belles paroles que je diffuse sur internet. Ce qui est contradictoire à mon discours habituellement et j’en suis conscient.

J’ai pris le temps de réfléchir sérieusement au pourquoi de mon silence.

Était-ce pour me protéger ? Est-ce pour protéger une autre personne ? Ai-je honte de moi face à ma famille ? Ai-je peur que ma famille apprenne que je suis loin de l’image qu’elle se fait de moi ? Ai-je peur de les décevoir ?

C’est un méli-mélo de tout ça et de rien en même temps.

La culpabilité, c’est ce qui me ronge depuis aussi loin que je me souvienne.

Je me sens coupable de toutes les choses que j’ai vécus et de toutes celles que j’ai fait vivre aux autres.

Mais c’est de la fausse culpabilité, c’est beaucoup plus de la honte, j’ai honte de moi, honte de ne pas être la personne que l’on attend de moi. Je n’ai pas encore dépassé le besoin d’approbation, je veux toujours que les autres me valident, notamment mon père et ma mère.

Et c’est compliqué parce qu’ils ne peuvent pas, parce que ce n’est pas nécessaire.

J’ai aussi peur que ma famille se déchire par ma faute.

Je me souviens de l’époque où une de mes mamans me tapaient et je ne le disais pas à ma mère, lorsqu’elle a appris ce que sa sœur faisait, elle m’a frappé aussi parce qu’elle trouvait ça inacceptable que je puisse garder le silence aussi longtemps.

Je n’ai pas cessé de garder le silence d’ailleurs.

Même si je suis conscient que le silence n’apporte rien de bon, le silence permet la perpétuation des comportements nuisibles, des attitudes négatives, et ce qui se passe autour de moi à cause certainement de mon silence.

Un silence coupable, un silence complice.

Ce n’est pas anodin si au commencement était la parole et que c’est par cette parole que le chaos disparu. Le silence, c’est le néant, l’on ne prospère pas dans le silence.

Je ne pense pas être quelqu’un de courageux, j’essaie juste d’exorciser mes propres démons par mes écrits.

Je n’ai pas peur de dire au monde entier ce que je pense parce que le monde entier ne peut rien me faire qui va me toucher ou me blesser, le monde entier n’a pas d’emprise sur moi, le monde entier n’est pas suffisamment proche de moi pour me toucher alors que ma famille, c’est moi.

Ma famille peut me blesser, ma famille peut me dissuader, ma famille peut me museler, ma famille peut souffrir de mes mots et mes actions, si ma famille souffre, je souffre aussi alors j’évite de parler à ma famille, de parler avec ma famille.

Si elle lit mes écrits, ce n’est pas bien grave mais si elle vient me parler de mes écrits là c’est la panique.

Peut-être un jour j’espère, je vais réussir à vaincre ma peur et sortir de mon silence mais en attendant, je jette des bouteilles à la mer, je dessine sur les parois des grottes, je construis des temples dans les rochers pour signaler ma présence, pour qu’on me remarque parce que je déteste ne pas être vu, en l’occurrence ne pas être lu.

Mes lacunes sont si grandes, on croirait que je n’ai encore jamais rien vécu !

Mais n’est-ce pas le propre de l’humain ? La vulnérabilité !

En attendant que ma langue se délie, de mes remords je me délecte, chaque jour je me tais et me déteste encore plus que la veille puis je m’apaise, me pose, j’écris, en vers, en prose, je décris, mon mal-être, ma chose, je pleure des mots de sang, des larmes sèches enfin ça recommence.

Aurais-je été un génie si tout allait bien chez moi ?

Suis-je un génie puisque rien ne va chez moi ?

Gênant.

KOR au Bénin et au Togo

Un exemplaire dédicacé !

Offre spéciale pour mes ami.e.s du Bénin et du Togo, depuis la sortie de Kédibonaire Ou Rien, nous avons constaté un vif intérêt pour cet ouvrage de votre part cependant les contraintes logistiques n’ont pas facilité l’accès à l’ouvrage.

Nous avons résolu ces problèmes et pouvons désormais vous assurez qu’il est possible de recevoir un exemplaire dédicacé de KOR chez vous au Bénin et au Togo.

Actuellement 10 exemplaires sont disponibles et prêt à être expédié, réservez le votre dès maintenant en effectuant le paiement en cliquant ici.

Prix du livre : 3 500 FCFA

Prix Expédition : 2 000 FCFA

Le livre sera disponible en version physique dans deux semaines (Lundi 18 Octobre 2021) à Lomé et Cotonou, un lieu de retrait vous sera communiqué.

#Faisons_le_nous_mêmes

« VOUS EXAGEREZ »

En début de mois, après seulement 48 heures, oui SEULEMENT, de tapage médiatique et d’indignation autour de ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances, une suspension et deux condamnations, certaines personnes trouvaient que celleux qui continuaient et continuent de réclamer justice sont dans l’EXAGÉRATION !

Intéressant…

Décortiquons cela pour voir où cela va nous mener.

Par définition exagérer c’est :
1- Parler de (quelque chose) en présentant comme plus grand, plus important que dans la réalité.
2- Grossir, accentuer en donnant un caractère (taille, proportion, intensité, etc.) qui dépasse la normale.

Ces personnes estiment que celleux qui continuent de réclamer justice veulent faire paraître cette affaire plus grande, plus importante que ce qu’elle est en réalité.

« C’était une erreur, ces intentions étaient bonnes mais il a juste manqué de professionnalisme. » Disent-elles.

Ces personnes estiment que nous, qui nous indignons toujours, voulons donner à cette affaire un caractère qui dépasse la normale.

« Nous voyons déjà ce genre de chose tout le temps, qu’est-ce qui vous choque ? Vous aviez juste une dent contre le monsieur. » Disent-ils.

Quelle est donc cette « normale » qu’iels estiment que nous dépassons ?

Pour rappel, le lundi 30 août lorsque cette scène macabre se déroulait et que des voix se sont élevés pour gronder tel le tonnerre contre la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI), monsieur Yves De M’Bella et son « ex »-violeur d’invité sans oublier madame Emma Lohoues ainsi que le public présent sur le plateau, les mêmes personnes disaient déjà qu’on exagérait !

Une suppression de la vidéo a été demandé, elles ont dit :

« La NCI a supprimé la vidéo, vous voulez quoi de plus ? »

Des excuses ont été demandé, elles ont dit :

« La NCI s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella s’est excusé, vous voulez quoi de plus ? »

D’autres sanctions plus sévères ont été demandé :

« Yves De M’Bella a été suspendu, vous voulez quoi de plus ? »

« L’émission a été arrêté définitivement, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella est en garde à vue, vous voulez quoi de plus ? »

« Yves De M’Bella a été condamné, vous voulez quoi de plus ? »

En réalité, ces personnes estiment que nous ne méritons rien, que les femmes ne méritent rien.

Car depuis le premier cri d’indignation à propos de cette émission et son animateur, ces personnes trouvaient déjà qu’on exagérait, elles estimaient déjà que nous voulions faire paraître cette affaire « plus importante qu’elle est en réalité ».

Pour eux cette affaire n’a pas d’importance, les réactions sont disproportionnées…

Elles nous accusent même d’avoir été silencieux face à d’autres problèmes tel que l’augmentation des prix des denrées alimentaires qui selon eux touche tout le monde et par tout le monde ils entendent « pas seulement les femmes. »

Parce qu’il s’agit de ça en réalité, il s’agit des femmes, de leur dignité, de leurs droits, du respect qui leur est dû et puisque pour elleux les femmes ne méritent pas plus de considération que ce qu’elles ont déjà, nos réactions face à cette affaire sont exagérées voir même illégitime.

Et c’est là tout le fond du problème : la considération des femmes dans la société.

À une heure de grande écoute, sur une chaîne de télé suivie par des millions de personnes, un animateur connu et reconnu se permet de rigoler du viol, de parler avec légèreté du viol, de banaliser les maux de milliards de femmes, les gens trouvent que l’EXAGÉRATION vient de nos réactions et iels veulent prétendre respecter les femmes !

S’iels avaient de la considération pour les femmes, iels ne trouveraient jamais que nos réactions sont exagérées, au contraire iels trouveraient que nous n’en faisons pas suffisamment, iels trouveraient que les femmes sont dans leur droit et qu’il faut aller encore plus loin pour que plus jamais une telle action se reproduise en Côte d’Ivoire ou ailleurs dans le monde.

Mais iels nous ont montré que nous ne sommes pas dans cette société utopique où les droits des femmes sont des droits humains…

QUAND LE BUZZ VA FINIR, NE VENEZ PLUS DEMANDER AUX FÉMINISTES CONTRE QUOI ELLES LUTTENT !!!

D’ailleurs en parlant de droits humains, même eux sont inexistants dans nos sociétés…

En effet, ce qui s’est passé sur le plateau de La Télé d’Ici Vacances et les réactions qui ont suivi sont une belle illustration de notre société de manière globale, c’est la norme, la fameuse « normale » à ne pas dépasser.

Nos sociétés baignent dans un chaos total où les autorités piétinent sans ménagement les droits des citoyens qui observent impuissants. Le peuple a tellement l’habitude de se faire marcher dessus qu’il est devenu normal pour lui d’être traité de façon injuste, le peuple pense qu’il mérite cette injustice.

« C’est seulement par la chicote qu’on peut éduquer les Noirs » Disent-ils

« Ce qu’il nous faut pour être développé c’est un vrai dictateur. »

« La démocratie ce n’est pas pour les africains, nous n’obéissons qu’à la violence. »

En vrai

Quelle est la différence entre :

– la femme mariée qui accepte l’infidélité, parce qu’elle estime que c’est dans la nature de l’homme d’être insatiable, à condition que ce dernier la respecte en la trompant en cachette et accompli ses devoirs d’époux.

Et

– le jeune diplômé qui accepte que le président viol la constitution, parce qu’il estime que les politiciens sont des menteurs, à condition qu’il maintienne la paix, construise quelques routes et ponts, et surtout lui permet d’avoir un emploi.

Pour ma part il n’y a aucune différence entre ces deux entités extrêmement distinctes en tout point, pour la simple raison qu’il s’agit là de deux personnes écrasées par le poids de la tyrannie socialo-politique, s’oubliant elles-mêmes et plutôt que de rechercher le meilleur, elles ont décidé de se contenter du peu, du médiocre.

Oui, l’époux infidèle est un homme médiocre et le président dictateur est un politicien médiocre.

Regardez bien notre société, observez là, et constatez par vous-mêmes à quel point nous sommes très peu exigeants.

Nous valorisons la médiocrité dans toutes les sphères de la société, nous supportons tout ce que les personnes que l’on considère comme ayant de l’autorité nous font subir, sans pouvoir mener une quelconque rébellion.

De la même façon les parents amis et connaissances demandent au jeune brillant rempli de rêve et d’espoir d’éviter de parler politique, d’éviter de critiquer les politiques, c’est comme ça on demande à la femme de se taire sur les abus qu’elle subit de la part de son époux ou des hommes en général.

Le silence, c’est notre seul droit à tous.

Nous n’avons pas droit à la rébellion, nous devons nous réjouir lorsque le président fait bien son travail et prier pour lui lorsqu’il deconne.

C’est ainsi que la femme doit se réjouir d’obtenir l’argent de décembre de son chéri et prier pour lui lorsqu’il est infidèle.

Le peuple ne peut pas et ne doit pas penser à obtenir mieux que ce qu’on lui donne déjà, la femme aussi.

Pour moi tout est lié, absolument tout est lié, sans liberté sociale, pas de liberté politique. 

Et dans cette pyramide sociale d’injustice, la femme est le carré qui réceptionne tout.

C’est pourquoi mon combat social, culturel et politique demeure tourné vers la promotion de l’égalité des sexes.

L’apprentissage de la rébellion, du refus des abus commencent au sein des familles, les enfants apprennent à tolérer les injustices en voyant leurs pères traités injustement leurs mères et lorsqu’ils vivent l’injustice à l’extérieur de la maison, ils la trouvent acceptable.

Sérieusement, qu’est-ce qu’un homme qui bat sa femme ou une femme qui viol son neveu peut apprendre à ces derniers au sujet de la rébellion, du refus des diktats !?

Qu’est-ce qu’une femme ou un homme violé.e a de multiples reprises sans obtenir justice peut espérer de la justice lorsqu’un ministre détourne les fonds publics !?

Je ne dis pas qu’en luttant pour l’égalité des sexes, nous allons éradiquer toutes les injustices sociopolitiques mais nous allons apprendre aux gens à ne pas tolérer l’injustice comme c’est le cas aujourd’hui.

Des gens qui suivent avec ardeur Kemi Seba sur internet et dans les rues de villes africaines mais à la fin du meeting, ils rentrent chez eux et frappent leurs épouses, peuvent véritablement faire quoi contre la dictature ? Ils ont le germe du totalitarisme en eux.

Il n’y aura pas de libération de l’Afrique sans la libération de toutes les personnes marginalisées, plus précisément sans la libération des femmes.

Et si l’équilibre de vos familles reposent sur l’exploitation des femmes, nous viendrons les détruire les unes après les autres.

J’invite donc les détracteurs du féminisme africain à prendre exemple sur les femmes, les féministes africaines qui chaque jour « EXAGERENT » afin que plus aucun mal ne soit fait aux femmes. Il est hors de question de se rebeller avec le sourire, il est hors de question de tendre l’autre joue, il est hors de question d’attendre que la situation s’arrange toute seule. Il est temps de penser la révolution et de panser nos blessures.

Je remercie toutes les vaillantes femmes africaines qui m’inspirent et me donner l’envie et l’opportunité de participer depuis ma modeste position à la construction d’une Afrique dont nous serons tous fier.

« LES FEMMES DOIVENT SE BATTRE »

Ce matin, j’ai vu un commentaire sur une publication dont j’ai oublié l’auteur qui disait en substance que les femmes doivent se battre comme les hommes pour mériter une place et que rien ne leur sera cédé…

Ce commentaire vient rejoindre les nombreuses tirades que j’ai lu ou entendu depuis toujours au sujet des droits des femmes, au sujet de la place des femmes dans la société… Il y a toujours ce propos récurrent qui sous-entend que les femmes sont responsables de leur situation car elles ne se battent pas pour que cela change.

D’abord une question, quelle bataille les hommes ont-ils mené et remporté pour être les chefs dans la famille et par extension dans la société ?

Si la domination de l’homme sur la femme est un fait divin, une décision ou une disposition de Dieu depuis la création alors les hommes n’ont aucun mérite, les hommes n’ont mené et remporté aucune bataille.

Bon ceux qui ne croient pas en Dieu pourraient plutôt considérer que cette domination est un fait naturel, une disposition aléatoire de la nature comme la couleur des yeux ou le résultat d’une sélection progressive liée à l’environnement comme la couleur de la peau.

Dans les deux cas l’homme n’a aucun mérite et n’a mené aucune bataille particulière pour être considéré comme chef de la famille et de la société par extension. Ça lui est tombé dessus comme ça et lui-même doit se débrouiller avec, tout le monde doit se débrouiller avec.

Et si l’on reste figer dans ces deux cas de figure, l’on peut dire que c’est peine perdue, que le combat pour l’égalité des sexes est peine perdue dans la mesure où il s’agit de lutter contre une chose naturelle donc dépendante de la volonté de personnes. Le coq ne pourra jamais devenir un aigle et il ne peut même pas le désirer, sa nature est d’être un coq et il ne peut pas aller contre sa nature.

Cela suppose alors que la lutte pour l’égalité des sexes est une lutte contre nature…

Mais il y a une réalité intéressante derrière tout ça c’est que l’humain, tout comme les autres éléments qui composent l’univers, ne peut pas aller contre sa propre nature.

Chaque action, chaque désir, chaque réalisation humaine sont possibles parce que c’est dans la nature humaine de rendre ces choses possibles. C’est naturel que l’humain veuille voler comme un aigle et pour réussir à voler, l’humain utilise ses capacités cognitives pour inventer une technologie qui va lui permettre de voler contrairement au coq qui n’a aucune alternative face à son incapacité à voler tel un aigle alors il ne peut donc le désirer, le coq se contente de sa situation sans espérer quoi que ce soit. Et il en est heureux.

Cela nous emmène donc à réfuter l’hypothèse d’un fait naturel ou divin concernant la domination masculine dans la sphère privée et publique, puisque les femmes désirent un changement de paradigme et ont réussi à entraîner un changement de paradigme, sans oublier que de nombreuses sociétés ont fonctionné avec des paradigmes différents du patriarcat.

Cette domination devient un fait social, une technologie mise en place par les humains grâce à nos capacités cognitives. Telle la technologie mise en place pour imiter ou reproduire les balades aériennes de l’aigle. L’humain a imaginé un ou des systèmes pour organiser la vie en groupe.

Dans ce cas de figure, deux hypothèses peuvent être mise en avant, plusieurs même mais on va se limiter à deux.

Premièrement, l’on peut considérer que le patriarcat est un contrat social, un accord entre homme et femme pour administrer la cité, accord que les hommes ont trahi de par leurs abus.

Ici aussi on peut dire que l’homme ne s’est pas battu pour être où il est, sa position est une faveur, le fruit d’un contrat qui le lie à la femme et en employant sa force contre la femme, celle-ci est en droit de rompre le contrat et exiger une renégociation des termes afin de placer l’égalité en droit en lieu et place d’une domination masculine.

Deuxièmement, considérons qu’il n’y avait aucun accord, aucun contrat, que les hommes ont imposé leurs volontés aux femmes afin d’obtenir le statut de chef de famille et de la société par extension.

Alors les violences conjugales et sexuelles ne sont plus simplement des abus de pouvoir mais des instruments de domination, des armes d’asservissement des femmes.

Ici on peut dire que oui, l’homme s’est battu, ou plutôt l’homme a battu la femme…

Dans ce cas, nous sommes dans une guerre des sexes instaurée par les hommes contre laquelle les femmes ripostent.

Ce qui est étrange c’est que les personnes qui demandent aux femmes de se battre comme des hommes sont les mêmes qui s’indignent que soi-disant le féminisme vient apprendre aux femmes à devenir des hommes, ce sont les mêmes personnes qui estiment que les femmes ne doivent pas devenir comme les hommes !

Alors si les femmes ne doivent pas devenir des hommes et que le seul moyen pour elles d’être respectée s’est de se battre comme les hommes ! Comment arriveront-elles à obtenir le respect et la considération qui leur sont dues en tant qu’humaine et citoyenne ?

Sincèrement c’est une vraie question que je vous pose, que je me pose ?

Est-ce qu’implicitement ces personnes veulent dire que la position de l’homme est la seule qui mérite respect et considération inconditionnelle ? Je pense que oui, mais ne vendons pas tout de suite la peau de l’ours ou de l’agouti (restons africain) …

Pour ma part, je pense que nous ne devons pas attendre que TOUTES les femmes posent des actions particulières, qu’elles se battent comme des hommes pour leur accorder, leur céder, ce qu’elles méritent !

Tous les hommes n’ont pas participé aux grandes batailles qui ont conduit l’humanité là où elle est aujourd’hui mais tous les hommes récoltent les lauriers, les fruits, les honneurs de ces luttes passées. L’on accorde à un homme du respect et de la considération avant de constater s’il est productif ou pas, s’il est un battant ou pas.

Mais lorsqu’il s’agit des femmes, l’on veut qu’elles soulèvent douze montagnes avec le bout du nez avant de leur accorder un seizième du quart du respect qu’elles méritent réellement et là encore ça dépend de si elles avaient porté des vêtements décents ou pas (lol) …

Evidemment chaque individu doit faire ses preuves, montrer que l’on a les capacités nécessaires pour bénéficier de telle ou telle chose, c’est la vie en société qui nous l’impose pour éviter l’anarchie. C’est pourquoi à compétences égales, l’on doit recevoir un traitement égal.

Mais lorsque certains individus obtiennent des faveurs sans prouver quoi que ce soit, c’est là qu’il y a injustice. Ou alors lorsque d’autres malgré les preuves palpables de leurs compétences, sont aussitôt disqualifiés, reçoivent des avis défavorables.   C’est là qu’il y a injustice.

Refuser d’engager une femme dans son entreprise parce qu’elle ne possède aucune des qualifications que l’on recherche et choisir un homme parce qu’il a remplit tous les critères demandés, c’est juste.

Et si à contrario c’est la femme qui est plus compétente et qu’elle est choisie, c’est toujours la justice.

Les femmes méritent les mêmes droits que les hommes.

Non, cette phrase est assez problématique. Elle renvoie à cette idée complétement barrée qui suppose que les femmes veulent simplement imiter les hommes, devenir des hommes. Alors je vais reformuler.

Tous les humains, sans distinction aucune, méritent les mêmes droits du simple fait de leurs existences.

Les femmes n’ont pas à se battre comme les hommes ou six fois plus que les hommes pour être considérée. Elles sont déjà nées, c’est la seule bataille que nous avons tous réellement remporté de ce fait elles méritent tout.

Pour aller plus loin avant que l’on me parle des différences naturelles inhérentes à chaque sexe, il est important de préciser que l’égalité des sexes renvoie à l’égalité des droits, il s’agit d’une notion théorique sur la façon que chaque individu doit être considéré.

Cependant cette notion d’égalité ne vient pas gommer les différences entre chaque individu. Elle vient puiser dans ce que nous avons tous en commun : notre humanité.

C’est parce que nous sommes tous humains que nous devons tous pouvoir décider de qui va nous diriger, c’est le droit de vote.

Mais bien qu’étant tous humains certains n’ont pas la capacité de comprendre ce qu’est le vote, ce qu’est une élection, ce que doit faire un dirigeant, du fait de leur jeune âge, c’est pourquoi à ses personnes l’on n’a pas accordé le droit de vote mais ce n’est pas définitif puisque la société prend le temps de leur apprendre ce qu’est le vote afin qu’eux aussi puissent jouir de façon pleine entière et consciencieuse de ce droit.

Autres différences, la différence biologique : cas de la grossesse.

La grossesse est un état qui touche physiquement uniquement les femmes, sauf cas exceptionnel où le géniteur ressent les douleurs de la grossesse, cela implique que concernant tout ce qui tourne autour de la grossesse, les lois et autres règles sociales seront uniquement tournés vers la femme. Cela n’est pas injuste pour les hommes puisqu’ils ne sont pas directement impactés par la situation, il est normal d’accorder aux femmes une période de repos après l’accouchement, non seulement pour s’occuper de l’enfant mais aussi pour récupérer des forces.

Ce qui était injuste, c’était de priver les femmes de la possibilité de travailler parce que potentiellement elles seront enceintes, donc peut-être en difficulté physique pendant neuf mois.

Toutefois l’on ne peut pas nier l’impact psychologique de la grossesse sur les hommes donc il faut permettre aux hommes d’obtenir pendant et après la grossesse un moment de repos où ils pourront nouer des liens avec leurs enfants et leurs femmes mais aussi porter assistance à ces dernières.

Il doit aussi exister des dispositions particulières pour les personnes à mobilité réduites et bien d’autres cas particuliers qui sont les différences naturelles entre tous les humains car nous ne sommes absolument pas tous identiques. Nous sommes simplement des semblables.

Semblable : terme intéressant utilisé dans la Bible pour désigner la femme avant sa création mais ne digressons pas. Merci…

L’on ne peut pas prendre en considération les particularités de chacun et y apporter des solutions adéquates si l’on estime que ces personnes sont moins importantes à cause de leurs différences.

Dans certaines sociétés, l’on considère que les femmes sont impures du fait de leurs menstruations. Cette façon de considérer les femmes fait qu’elles n’ont même pas le droit de partager leurs idées ou création en public pourtant il n’existe aucun lien entre ces éléments.

Pour traiter de façon adéquate cette particularité des femmes, il faut simplement considérer qu’elles sont humaines, pures, tout ce que l’on veut comme terminologie qui ne sont pas rabaissant ou qui les places au-dessus des autres. Une fois que c’est fait, les menstruations deviennent normales, banales, ainsi ce ne n’est plus la coulée de sang que l’on jugera mais le flot d’idées.

Il en est de même pour les hommes, le fait de considérer qu’ils sont des dieux parce qu’ils sont forts physiquement, fera qu’on les écoutera uniquement à cause des muscles, la férocité, la violence sans se soucier du contenu de leurs propos ou la pertinence de leurs créations et ils seront mis sur le banc de touche lorsque la force leur fera défaut.

C’est bien connu que dans nos sociétés l’on n’écoute pas les faibles.

En sommes, il est impératif que l’on cesse de nier aux individus leur particularité, que l’on cesse de rabaisser, que l’on cesse d’humilier les personnes sur des critères fallacieux. Que l’on utilise les différences pour nourrir les rancœurs, pour justifier le tort que l’on cause à l’autre.

Et plus important encore, messieurs, cherchez d’abord à porter votre bosse patriarcale, à vous déchargez de votre fardeau sexiste, de vous débarrassez de vos tares qui vous empêchent de vous émanciper de l’illusion, l’espérance d’une soumission féminine.

Vous êtes sans le savoir exclave de cette idée de domination, elle conditionne et cloisonne vos vies, vous n’êtes des hommes libres, vous êtes enchainés à une posture, un système qui vous fait souffrir et vous oblige à vous taire sous prétexte que cela fera de vous de vrais hommes.

Faites-le avant d’espérer être légitime, ce que vous ne deviendrez jamais, pour expliquer aux femmes comment mener leurs luttes. Vous n’êtes pas gênés de ne pas savoir vous occuper seuls de votre progéniture mais vous savez comment lutter contre le patriarcat !

Pardon je vais m’arrêter là avant de trop vous insulter ici sinon après vous allez dire que les personnes féministes sont impolis…